Exclusif : Echange au cour de la rencontre du 06 Mars 2006 entre Mrs Salah BAUCH chef du service des renseignements soudanais assistésde Ahmat Brahim des services de sécurité militaire, et deux autres responsables militaires de la région du Darfour et Hassane Saleh Algadam alias Eldjinedi alors vice président du FUC assisté de Abdelwahid Aboud SG du FUC, les défunts Babikir Ismaïl Maïkambo, le Colonel Mahamat Issa Mahamat, Mahamat Abdelchacour et de moi.L’échange avait eu lieu le matin entre 09 heures et 10 heures dans le salon jouxtant le bureau de Salah BAUCH.
C’est le fil conducteur qui a conduit à la naissance de la Concorde nationale du Tchad (CNT) de ELdjinedi en juin 2006.
Prélude
Entre temps, nos troupes, celle du FUC, étaient en pleine manœuvre dans trois campements dont le plus important étaient celui à l’Est de Moudeïna. Point de détail important, à cette heure, nos troupes n’avaient pas encore tout l’équipement nécessaire ; à l’exception des hommes de Mahamat Nour, le RDL, qui avaient un reliquat de dotation avec lequel il avait croiser le fer le 18 décembre 2005 à Adré.
Eldjinédi reçoit un coup de fil de Ahmat Brahim
Ahmat Brahim (AB) : Allo
Eldjinéndi (HSA) : Hooo général salam wa ramatoullah, allah y salim alleck
AB : Prenez le premier avion et venez à Khartoum. Le patron veut vous voir en urgence.
HSA : lequel patron ? Asseïd al raïs ?
AB : Non ! Vous n’imaginez tout de même pas que le raïs va vous rencontrer…
HSA : j’ai pensé à cela parce que tu avais seulement dit patron…
AB : Sachez bien que nous ne sommes pas au Tchad où le président rencontre des personnes sans la moindre importance…
HSA : As simmah ! D’avoir pensé à une rencontre avec le président
AB : Ce n’est pas grave…mais sachez que nous sommes vos seuls interlocuteurs et ne devez surtout pas tenter de rencontrer qui que ce soit comme officiel soudanais où étrangers sans notre accord.
Voyage du 04 Mars 2006 : Voilà moi et Eldjinédi dans l’avion qui nous mène à Khartoum.
Dans l’échange entre les deux hommes, j’apprends plus tard que Mahamat Issa avait déconseillé à Eldjinédi d’en informer Mahamat Nour s’il n’a pas été déjà mis au courant de la rencontre par Ahmat Brahim.
A notre arrivée à l’aéroport de Khartoum, je fais savoir à Eldjinédi que je vais chez Mahamat Nour et que je vais y résider chez ce dernier. C’est là que Eldjinédi me livre le contenu de son entretient avec Mahamat Issa et me dit de ne surtout rien dire à Mahamat Nour du mobil pour lequel nous sommes là à Khartoum. Comme convenu, je n’ai rien dit à Mahamat Nour et lui aussi me paraissait ne pas être au courant de cette invitation.
La veillée d’arme du 05 Mars 2006 : Tôt le matin de ce jour, Eldjinédi me téléphone pour me dire de le rejoindre au plus vite chez Abdelwahid Aboud dont sa maison servait aussi de bureau de liaison du FUC à Khartoum.
La discussion portait sur la composition de l’équipe qui ira demain à la rencontre du patron des services des renseignements soudanais et ce dont ils souhaiteraient lui dire de ce qu’ils pensent de Mahamat Nour. Et surtout sermonner tout le monde de ne piper mot de cette rencontre à Mahamat Nour et aux autres membres du FUC.
Lorsque la liste de l’équipe de 5 personnes avait été fixée, ils se sont rendus compte que moi qui étaitau parfum dès le début n’y figurais pas. Et c’est Abdelwahid qui avait dit qu’il faut qu’on m’amènent avec eux à cette rencontre….certainement c’était pour éviter que je ne raconte pas ce que je sais à Mahamat Nour.
Finalement c’est Koma qui était dans la liste qui s’est désisté pour que moi je fasse partie de la délégation. Mahamat Abdelchacour étant agent soudanais n’avait pas besoin d’être sur la liste pour s’y rendre.
Le même jour au soir, le bruit circulait à Khartoum dans le milieu de l’opposition que les français auraient souhaité des soudanais que le direction du FUC soit confié au Colonel Mahamat Issa Mahamat et que l’arrestation de Mahamat Nour et son expulsion du Soudan n’est plus qu’une question d’heure. En ce moment précis, j’étais en compagnie du Dr Hisseine Ahmat un proche de Younous Ibédou, membre aussi du FUC, lorsque la rumeur nous est parvenue.
Ne nous contentant pas de rumeur, bien que je fais partie d’une délégation qui va rencontrer le lendemain, Salah BAUCH, nous nous rendons chez Mahamat Nour pour voir l’ambiance qui y règne et savoir s’ils savent des choses de la rumeur et de la rencontre de demain. Bien évidemment, je n’allais pas en dire de ma participation à la rencontre de demain.
A notre arrivée, nous sommes accueillis dans le salon par le frère de Mahamat Nour, Abderamane, qui nous dit que Mahamat Nour est fatigué et qu’il avait eu des entretiens cet après-midi avec plusieurs chefs d’états africains qui l’ont assuré de leurs soutiens et que le président Abdoulaye Wade va se chargé de demander à la France de lâcher Idriss Déby et de permettre à Mahamat Nour de devenir président du Tchad…
Alors le Dr Hisseine demande à Abderamane s’il n’est pas au courant sur ce qui se raconte en ville dans le milieu de l’opposition ? Abderamane, imperturbable, répond qu’il est déjà au courant depuis quelque jours et que cette rumeur est partie du milieu zaghawa-arabe et arabe d’Arada qui ont des liens plus même que étroit avec les zaghawa. Il ajoute que l’évocation du nom de Mahamat Issa n’est pas le fait du hasard. Et surtout, il ne faut pas être inquiet et se préparer à gérer le pays avec Mahamat Nour comme président. Il avait même ajouté qu’il faut qu’on pense déjà aux postes qu’on veut occuper dans la future administration…
Non satisfaits des réponses et grossièretés de celui que je ne peux qualifier autrement que d’unilluminé de plus, nous nous rendons toujours avec le Dr Hisseine chez le Dr Albyssati « l’intello de la bande » pour avoir son point de vue sur les questions posées.
Juste les salamalecks finis, le Dr nous dit que « les gars, on ne peut plus rien faire pour Mahamat Nour… ». A notre question de savoir qu’est ce qui se passe réellement ? Il nous dit qu’il vient d’avoir des conversations intéressantes avec des hommes hautement placés dans le pouvoir soudanais et que c’est eux qui lui ont confirmé ce que nous avons comme indication au stade de rumeur.
Déconcerté par ce que nous avions entendus ça et là, le Dr Hisseine me dit qu’il va appeler Younous Ibédou au USA pour lui faire le point de la situation. Ne l’ayant pas eu au téléphone, il appelle leurreprésentant en Europe, le Commissaire Néné Amir, pour lui dire de transmettre à Ibédou l’état de la situation et lui demander la conduite à tenir. Sur ce nous nous sommes séparés en attendant l’apocalypse.
Le jour J du 06 Mars 2006 : Au petit matin, vers 07 heures, comme prévu, je me suis rendu chez Eldjinédi pour attendre les autres. Petit à petit, les uns après les autres, ont commencé par venir. Vers 08 heures, nous avons pris une seule voiture, bien qu’à l’étroit, nous sommes arrivés à bon port vers 08 heures 30.
Au lieu du rendez vous, un assistant commence par gronder en disant que nous sommes en retard etque si notre pays est comme il est, c’est par ce genre de comportement qu’il est certainement arrivé…
Le Colonel Mahamat Issa, pas trop content de la remarque, ce qui est normal, fait comprendre à l’assistant que notre rendez-vous est prévu à 09 heures et qu’il est 09 heures moins le quart.
L’assistant peut être toujours dans son nuage de la fumée de chicha de la veille, nous demande si nous ne sommes pas les somaliens. Nous avons immédiatement compris qu’il s’était trompé sur les visiteurs et lui avons simplement dit que nous sommes Tchadiens. Dès qu’il sut que nous sommes tchadiens, il est partie dans des affirmations du genre « j’était déjà à ce poste en septembre 1989… Idriss Déby était assis là où Eldjinedi était assis ce jour…il jurait que wahlaye que le Tchad et le Soudan ne font qu’un seul pays…c’est les colonisateurs qui les ont divisé...sa tâche est de les faire réunir à nouveau sous la tutelle soudanaise….» ainsi toujours selon cet assistant Idriss Déby rêvait d’un grand Soudan qui s’étendrait du Mali actuel (ex Soudan français) au confluent de la mer rouge au Soudan.
On avait interrompu nos palabres avec l’arriver de Salah BAUCH avec ses airs d’un khalife de l’empire Ottoman et deux autres vieilles connaissances à savoir des responsables de la sécurité militaire dans la région du Darfour.
L’entretien avait commencé sans aucune introduction. Je vous épargne de ce qui avait été dit de la façon dont les soudanais percevaient notre lutte et ce qu’ils attendent en retour. Les mêmes questions sont toujours d’actualités.
Le point focal avait été sans nul doute l’échange entre Eldjinedi et le responsables soudanais sur ce qu’il disait alors de celui qui était son chef à savoir Mahamat Nour, des partis politiques, des tchadiens en générale et ce qui convenait à ses yeux de faire.
Salah BAUCH (SB) : Pourquoi Mahamat Nour n’est pas là ?
ELdjinédi (HSA) : Mahamat Nour se comporte comme un esclave affranchi à qui il faut apprendre à vivre en société…il est comme Idriss Déby !
SB : (après qu’il ait arrêté de rire) Il est votre chef parce que vous l’avez voulu…non ?
HSA : Nous ne l’avons jamais désigné ; il a profité de ses contacts avec vos subalternes pour s’imposer.
SB : Pour l’instant, nous ne connaissons que lui à moins que vous organisiez un congrès pour le remplacer.
SB : Voyons mon frère…il y a beaucoup de communauté non arabe au Tchad ; qu’allez vous faire sans eux ?
SB : Pour votre projet, aviez vous des contacts avec les partis politiques du Tchad ? Et qu’est ce qu’ils en pensent ?
Darnasse Madari
Est - TCHAD
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