Le calme est presque revenu à Bissau, capitale bissau-guinéenne, après la mort du président Nino Vieira lundi tôt le matin, dans l'attaque de sa résidence par des militaires, a-t-on appris de source proche de la Présidence.
Selon cette source proche de l'attaché de presse de la Présidence, M. Bernabé, les forces armées sont en ce moment dans les rues de Bissau et la situation est sous contrôle.
Le gouvernement a publié en début d'après-midi, sur les ondes de la radio nationale, un communiqué annonçant la mort du président Vieira lundi matin et celle du chef de l'état-major de l'armée, le général Tagmé Na Waié dimanche soir dans l'explosion du bâtiment où se trouvait ce dernier, a constaté un correspondant de Xinhua à Bissau.
Les forces armées ont déclaré qu'elles obéissent aux autorités gouvernementales.
Il n'y a pas eu de pillages depuis lundi matin dans la capitale, les forces de l'ordre veillant au grain. Mais la circulation des voitures des particuliers est interdite en ville et on ne trouve que quelques véhicules militaires. Les bureaux du gouvernement ont cessé de travailler, sauf la Primature.
Le président Vieira a été tué avec son chauffeur par un groupe de militaires proches du chef d'état-major de l'armée Tagmé Na Waié, au moment où il tentait de fuir sa maison tôt ce matin, vers 04h00 (locales et GMT)", a précisé à la presse le capitaine de frégate Zamora Induta, responsable du service des relations extérieures de l'armée.
Agé de 70 ans, le général de division Vieira, dit "Nino", était l'une des figures de "la guerre de libération nationale" de 1961 à 1974 contre le Portugal. Arrivé au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat en 1980, il a dirigé la Guinée-Bissau pendant près de 19 ans avant d'être contraint à l'exil au Portugal à la fin de la guerre civile en 1999.
En 2005, il est revenu au pouvoir après avoir battu Kumba Yala dans une élection présidentielle, dont les résultats avaient été contestés. Son retour en politique était interprété par nombre de personnes comme une "nouvelle source de tensions" dans le pays.
En novembre 2008, sa résidenc à Bissau avait été attaquée à l'arme lourde, mais le chef de l'Etat bissau-guinéen en est sorti indemne.
Quant au génégal Na Waié, tué dimanche soir dans un attentat à la bombe qui a partiellement détruit le quartier général de l'armée, s'était distingué pendant la guerre de libération nationale et il a été investi en janvier 2006 au poste de chef d'état-major des armées par le président Bernardo Vieira.
Le général Tagmé Na Waié avait critiqué la politique du président Vieira, y compris certaines de ses nominations. Il avait servi dans la junte militaire renversant le pouvoir de Vierira dans la guerre civile de 1998 à 1999.
En janvier dernier, il a porté plainte contre le ministre de l'Intérieur Cipriano Cassama qu'il a accusé d'être derrière les éléments de la garde présidentielle qui ont tenté de l'assassiner. Il s'est déclaré être un cible le 4 janvier d'un tir des éléments de la garde présidentielle sous les ordres du ministre de l'Intérieur.
Il a par ailleurs accusé le président Vieira d'avoir intégré les éléments, qui l'avaient soutenu pendant la guerre civile en Guinée- Bissau (1998-1999) dans sa garde présidentielle sans formation, en remplacement des militaires que le chef d'état-major avait mis à la disposition de la présidence.
Depuis 1980, plusieurs coups d'Etat ou tentatives de coup d'Etat se sont produits en Guinée-Bissau, pays qui vit dans une instabilité institutionnelle et sécuritaire depuis le coup d'Etat contre le président Vieira en 1999.
Le pays, un des plus mal classés dans l'Indice de développement humain des Nations Unies, est également confronté, depuis quelques temps, à des réseaux puissants de narcotrafiquants qui ont infiltré tous les segments de l'administration et des forces de sécurité.
Source : Xinhua
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