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Ces derniers jours, les évènements se bousculent entre Ndjaména et Khartoum. Outre les négociations de paix entreprises sous l'égide de la communauté internationale (UA, UE, ONU, Américains, OCI) entre le gouvernement soudanais et les rebelles Darfouris du MJE à Doha (Qatar) et la tentative maladroite et mesquine de faire rallier les rebelles tchadiens au gouvernement Deby, hypothéquant une fois de plus une chance d'aborder la paix au Tchad, nous assistons en parallèle à un élan de réveil marqué par une prise de conscience collective de la situation apocalyptique dans laquelle est plongée la résistance nationale dans son ensemble. Ça ressemble à un dernier sursaut national contre la terrifiante et implacable dictature du régime MPS.

A Ndjaména, le gouvernement Nadingar tourne en rond et n'arrive toujours pas à apporter le soutien vital aux 3 millions de Tchadiens menacés de famine. Le Premier ministre Nadingar marque le pas depuis sa nomination, se bornant à découvrir l'administration et l'environnement économique. C'est idnamissible pour un ancien ministre... Nadingar manque cruellement de punch et se révèle aussi inerte que son prédécesseur Youssouf Saleh Abbas. C'est à croire qu'au Tchad, la grille de compétences pour choisir un Pm est inversée.

Entre temps, le clan au pouvoir joue à se faire peur. Certains proches de Deby, en disgrâces depuis quelque temps, distilleraient des informations sur des pseudos coups d'Etat en gestation. Ces infos seraient attribuées aux groupes de l'ancien CEMGA le Général Abderehim Bahar Itno (mis à la retraite à 35 ans !),  Général Mahamat Ali Abdallah Nassour (Conseiller à la Présidence, sous surveillance étroite) et de l'ex-ministre des Mines Yaya Dillo Djerou (abandonné à son triste sort de traitre dans la ville). Quand on sait que le général Bahar est un sprinteur hors pair, plusieurs fois couronné de la médaille d'or à l'Est du Tchad, on ne peut accorder le moindre crédit à ces informations. C'est du délire ! Car Deby constitue le seul pilier du régime et sa disparition sonnera le glas de tout le clan.

Restons à Ndjaména pour signaler que le représentant de l'Union Africaine pour le Darfour, le Burkinabé Djibril Bassolé, était venu rencontrer Deby et Khalil Ibrahim pour tenter de relancer les pourparlers avec le gouvernement soudanais.
Il faut dire que depuis les dernières rencontres de Doha, les affrontements armés se sont multipliés au Darfour. Cette situation ne ni paix ni guerre ne contribue pas à faciliter les tâches du Colonel médiateur de l'UA. Khalil Ibrahim n'y croit plus à la paix au Darfour avec Hassan El Bechir. Deby pour sa part, a profité pour exprimer ses vives inquiétudes par rapport à la rébellion tchadienne qui n'est toujours pas désarmée par les autorités soudanaises et qui se mobilisent même pour reprendre les hostilités. Une façon de dire : "je vous ai déjà alerté".

A Khartoum aussi les choses bougent. L'état major des différents mouvements rebelles est en ébullition depuis quelques semaines. Dans la perspective des négociations forcées, certains mouvements sont parvenus à contrer Abderahmane Moussa et sa clique. D'autres en revanche sont stressés à l'idée de les rencontrer car leur situation s'est précarisée depuis que la PGA leur a été supprimée. Ces derniers sont plus ou moins contraints de se fondre dans les autres mouvements pour exister voire survivre.

L'UFDD du Général Mahamat Nouri s'est finalement scindée en deux. L'aile dissidente semble avoir pris une dimension plus importante et se structure aussi bien sur le plan militaire que politique. Les dissidents de l'UFDD ont réussi à balayer d'un revers de main les accusations fantaisistes de ralliement formulées à leur égard. Les jours à venir nous édifierons davantage sur ce mouvement en gestation qui aurait reçu le soutien des autorités locales. Ce qui est capital pour la suite.

C'est dans ce contexte de crise qu'une nouvelle alliance est née autour de l'UFDD. L'ANCD serait-elle l'arbre qui cache la forêt ? Tout porte à le croire même si cette initiative d'union des forces résistantes doit être saluée et encouragée. A cet effet, il faut dire qu'il n'y a pas de mouvement sans importance. Bien au contraire, il faut rassembler large et toutes les contributions contre le régime MPS sont à prendre. Osons espérer que cet esprit d'ouverture se poursuivra et permettra à court terme la renaissance d'une nouvelle unité de la résistance nationale qui parviendra à bouter cette fois-ci le régime MPS du Tchad.

Quant à l'UFR, n'en déplaise à son porte-parole, elle est cliniquement morte. Le dernier communiqué pondu à cet effet est une parfaite illustration d'une organisation sans tête ni queue. Le temps a permis de constater que la personne de Monsieur Timane Erdimi ne colle plus avec la lutte armée contre le pouvoir despotique de son oncle Deby. D'ailleurs, le RFC subirait aussi depuis quelque temps un mouvement de révolte interne semblable à celui de l'UFDD et qui pourrait aboutir à une scission au sein du mouvement dirigé par Timane Erdimi.

 

Dédidement tout se disloque et se reconstitue entre Ndjaména et Khartoum où on parle de coup d'Etat, de dissidences, d'union et de négociations pour lesquelles la communauté internationale fait preuve d'inéquité dans le traitement  quand il s'agit des Soudanais ou des Tchadiens.

Tag(s) : #Politique

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