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On a assez claironné l'amère particularité de ce film pour devoir y revenir longuement : Un homme qui crie est le premier film d'Afrique noire à être sélectionné dans cette compétition cannoise depuis treize ans (Kini et Adams, d'Idrissa Ouedraogo, l'y précéda pour le Burkina Faso). On a moins rappelé que Mahamat-Saleh Haroun porte quasiment seul sur ses épaules le poids de représenter son pays, le Tchad (en proie depuis son indépendance en 1960 à la rémanence de la guerre civile), dans le concert cinématographique des nations.


Cette double particularité fait a priori d'Un homme qui crie un film qui crie, qui hurle, qui déchire le silence. Le verbe vigoureux d'Aimé Césaire dans Cahier d'un retour au pays natal ("Un homme qui crie n'est pas un ours qui danse") n'est pas de trop pour lui inspirer son titre.

 

Dans le sillage de ses trois précédents films (Bye Bye Africa en 1999, Abouna en 2002, Daratt, saison sèche en 2006), Mahamat-Saleh Haroun met ici en scène le motif de la disparition, et bien davantage que la guerre elle-même, la manière dont elle est inscrite dans le cœur des hommes. Cette structure spéculaire caractérise le récit d'Un homme qui crie, où drame intime et tragédie collective s'interpénètrent, se confondent et s'éclairent mutuellement.

Assaut de virilité

 

L'action a lieu à N'Djamena, dans un hôtel de luxe. Adam, bel homme d'une soixantaine d'années et ancien champion de natation d'Afrique centrale, y est maître nageur depuis trente ans. Il y a aussi pris sous son aile Abdel, son fils, qui l'assiste dans cette tâche. Le premier plan du film montre les deux hommes dans la piscine de l'hôtel, faisant assaut de virilité dans un concours d'apnée.

 

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Tag(s) : #Divers

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