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Mustapha, lui, est un jeune homme élégant et affable. Mais au fond de ses yeux, la douleur brille. Il vivait au Tchad. Malheur à lui, il n'était pas de la bonne ethnie. « On m'a arrêté, emprisonné, torturé… On était à sept dans une cellule de 2 m2 avec une poignée de riz par jour… ».


C'était en 2006. Un mois après son arrivée, la rébellion attaque la prison. Mustapha est libéré. Il est couvert des plaies. « La communauté internationale fait semblant de ne pas voir ce régime tchadien corrompu et sanguinaire… ». Il est récupéré par son oncle qui le transporte sur son cheval. Traqué avec les rebelles, il doit fuir son pays. Exfiltré vers la Libye, il est soigné dans un hôpital. Un passeur lui propose l'Europe. Ce bachelier au français impeccable opte pour la France…

 

« On a traversé la mer à 54 dans une pirogue à moteur. On a partagé des tablettes de chocolat. Il y avait des malades à bord, des gens qui avaient la diarrhée en permanence… »

 

Une fois en France, il réclame l'asile politique. Refusé.

« On n'a pas voulu voir mes cicatrices… » dit-il comme si on l'avait une deuxième fois torturé. Il montre le certificat d'un médecin toulousain. Qui détaille les blessures. Et surtout le traumatisme. Les terreurs. Les cauchemars. Mustapha a brûlé le bout de ses doigts pour ne plus avoir d'empreintes digitales…

Il passera de longs mois entre les tribunaux, les administrations, les centres de rétention : « On m'a mis des menottes, à moi, qui n'ait jamais fait de mal à personne ! ». Pour l'instant, protégé par une convention européenne, Mustapha est libre. Et il travaille. Informaticien.


« J'ai même bossé dans une préfecture ! » Enfin, il sourit…

Tag(s) : #Politique

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