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La publication sur certains sites Internets tchadiens, bien connus du reste, d’un document estampillé « ANS » a soulevé ces derniers jours quelques commentaires et permis à certains acteurs de la web-guerre quelque moment de délires.

Le document en question fait l’inventaire des opposants au régime criminel d’Idriss Deby Itno et précise le probable sort que leur réservent Ismael Chaïbo et ses hordes de tortionnaires en service à l’Agence Nationale de Sécurité (ANS). Rien de plus normal pour ce régime de criminels au col blanc car à ce chapitre ce ne sont pas des exemples qui manquent. Sinon qu’est devenu Ibni Oumar Mahamat Saleh ? Et avant lui Me Joseph Béhidi, Mamadou Bissau, Abbas Koty Yacoub, Bichara Digui, Youssouf Togoïmi, Mahamat Guetti pour ne citer que ceux-là. Paix à leur âme.

Est-il nécessaire de rappeler qu’aujourd’hui la guerre n’obéît à aucune règle militaire, humanitaire ou diplomatique ? Ce sont les intérêts politiques et économiques qui priment sur tout le reste. Et cela reste aussi valable pour le Tchad qu'ailleurs ; nos mouvements de « libération » opérant à l’Est ne sont pas exemptés de ces pratiques militaro-politico-affairistes avec bien entendu la mention ethnique en sus. Le fameux document en question n’est qu’une œuvre maladroite de diversion montée par les gérants du site tchadactuel afin de tourner la page de l’actualité sur l’effritement en cours du RFC des To & Ti Erdimi.

Au Tchad, Idriss Deby héberge les génocidaires du Darfour, les nourrit, les arme et les utilise pour défendre son régime décadent. Cela se passe sous le nez de ceux qui, tellement humanitaires, justes et démocrates, se sont précipités dans notre pays pour apporter assistance et réconfort aux populations civiles victimes des atrocités des rebelles et des forces gouvernementales soudanaises.

Malgré que nous ayons crié en chœur et durant des mois voire des années durant pour dénoncer ce fait exceptionnel, eh bien rien à faire, tout continue comme si rien n’y est. Nos humanitaires, témoins oculaires de ce drame sur le sol tchadien ferment délibérément les yeux sur ces agissements mais en revanche n’omettent jamais de tirer à boulet rouge sur le régime islamique soudanais comme si aujourd’hui la paix au Darfour dépend de la seule volonté de ses dirigeants. Désormais, le champ de la dénonciation doit être élargi à ces ONG politico-affairistes.

Mahamat Orozi et autres cochons du régime MPS parcourent le monde entier à la recherche d’armes et de mercenaires sans qu’aucun de ces pays dits démocratiques n’ait à piper un seul mot sur ces milliards qui transitent entre le Tchad et l’Europe, dépensés sans compter et sans aucune des institutions « républicaines » tchadiennes ne soit consultées guise d’un semblant d'ouverture démocratique ou de bonne gouvernance. On s’en fout royalement à Paris, Bruxelles, Genève, Washington, Moscou, …etc. pourvu que chacun ait sa part et son compte et « banza » le peuple tchadien meurtri, affamé et ignorant à qui Idriss Deby a été recommandé par la France pour le libérer de la dictature.

Ailleurs, dans les pays qui ont le malheur de vivre des situations similaires à la notre, le traitement est identique. En Irak, les Sunnites, les Chiites et les Kurdes se mangent au quotidien à la grande satisfaction des lobbies juives qui trinquent au prix de l’or noir irakien dont le baril bat quotidiennement des records. En RDC, face à l’offensive fulgurante des entreprises chinoises dans le secteur minier, et malgré les gesticulations honteuses de la BM et du FMI, Joseph Kabila tient bien les règnes du pouvoir. C’est bien fini le temps où on assassine impunément Patrice Emery Lumumba et on pille insatiablement les ressources minières sous Mobutu. Faute de n’avoir pas tourné sept fois sa langue avant de parler, l’Ambassadeur de Belgique en poste, pays colonisateur, a failli fermer ses bureaux à Léopoldville (devenue Kinshasa). Sérieusement secoué, le gouvernement belge va présenter ses plates excuses et comme cela ne suffisait pas, elle va même arrêter et livrer Jean Pierre Bemba, opposant n°1 du président Kabila, à la CPI. Un peu comme au Tchad où Sarkozy a échangé les bandits de l’arche de zoé contre la clarification sur le sort d’Ibni Oumar Mahamat Saleh.

La Somalie, pour avoir administré une raclée historique aux GIs mettant fin au mythe de Rambo et autres PLATOON, est restée depuis 20 ans aux bancs des oubliés. Ni l’ONU et encore moins l’UA ne se préoccupent réellement du sort des populations somaliennes. Pire, considérée comme un bastion des islamistes extrémistes, la Somalie est constamment bombardé à l’aveuglette par des avions C-130 de l’armée américaine sans que cela n’émeuve les organisations des droits de l’homme. C’est idem en Tchétchénie et en Afghanistan, et dans un moindres mesure dans les pays du Maghreb où les droits humains sont sévèrement bafoués. On peut croire que pour les occidentaux et leurs relais africains, l’islam et les droits de l’homme ne font pas bon ménage. Et si Jacqueline et Delphine s’appelaient Neima et Sadié, seraient-elles exfiltrées du Tchad en février dernier par les forces françaises et convoyées au frais à Paris ? Non, je ne pense pas. Opposons seulement le cas de Kamougué et de Yorongar à celui d’Ibni Oumar pour voir plus clair.

En définitive, aujourd’hui contre le régime de Deby, il faut se battre avec tous ses moyens légaux et illégaux. Dans ce combat, il ne faut négliger aucun soutien au régime criminel de Deby. Ce soutien est varié et multiforme. Les mouvements rebelles qui jouent au petit malin comme c’est le cas tout dernièrement de l’UFCD, il faut les indexer et leur jeter à la figure leur comportement de traîtrise. Les opportunistes tchadiens qui mangent dans les plats de toutes les parties en belligérance ne doivent pas être épargnés non plus. Les sites et blogs doivent s’assumer et afficher leur vision. Cela ne veut pas dire forcément que la communication des mouvements rebelles soit une obligation pour eux, loin de là, ces mouvements rebelles doivent d’abord s’appuyer sur leurs propres structures politiques et permettre à leurs représentants officiels de faire le boulot qui leur incombe. Il est tout simplement farfelu de se permettre de donner la leçon tout simplement parce qu’on se croit investi d’une certaine responsabilité. Nous sommes tous des responsables. Du moins à Ambenatna, nous assumons nos écrits.

" La lutte continue et elle aboutira tôt ou tard à la chute de Deby condition sine qua none pour un nouveau départ pour le Tchad qu’on souhaite meilleur. Inch allah ! " Dr. Abakar Tollimi, vice-président de l'UFDD.


Article écrit par Youssouf Ramadane
ramadane2004@hotmail.fr
 

Tag(s) : #Ambénatna

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