La visite privée que vient d'effectuer Idriss Deby Itno à Paris est riche en enseignements même si elle n'a pas encore fini de dévoiler tous ses secrets.
Il y a certainement beaucoup de choses à dire et à découvrir dans les jours à venir. Mais en attendant, tout porte à croire que le tout puissant Président de la République du Tchad a répondu, ni plus ni moins, à une convocation de son homologue français Nicolas Sarkozy. En tout cas, on peut d'ores et déjà affirmer que la rencontre du vendredi dernier entre les deux chefs d'Etat n'est pas fortuite, mieux, elle a été minutieusement préparée et a même fait l'objet d'une franche discussion sur des questions primordiales touchant en premier lieu le Tchad mais aussi la France.
Une visite privée de 5 jours, c'est qu'à même trop court ! D'habitude, quand un chef d'Etat se rend en visite privée, c'est pour prendre quelques bons jours de vacances. Surtout quand il s'agit d'un Dictateur de la trempe de Deby, c'est minimum 20 jours. Or là, on ne voit pas vraiment les vacances des Deby à Paris. Bien au contraire, à peine foulé le sol français, Idriss Deby Itno s'est pointé dès le lendemain à l'Elysée pour un tête-à-tête avec Nicolas Sarkozy. Une audience assez conséquente vue sa durée, pas moins d'une heure d'horloge. Puis, le jour suivant, c'est au tour du Secrétaire général de la présidence française de venir terminer les discussions commencées à l'Élysée. Il s'agit en fait d'une part de confirmer tout ce que le mentor de Deby a dit la veille et d'autre part sonder l'état d'esprit de leur marionnette.
L'interview à RFI est une autre anormalité de cette visite privée du couple présidentiel. Interrogé par le barbouze en chef de la radio mondiale, Idriss Deby Itno n'a su garder son sang froid. Très irrité et sonné par cette attitude toute nouvelle de sa RFI, Deby va répondre sauvagement aux questions pourtant ordinaires du journaliste Christophe Bouabouvier. Ce dernier, en véritable expert du régime Deby, n'a pas vraiment cherché ses mots pour déboussoler totalement le président Tchadien. Pour une fois depuis 19 ans, nous avons assisté à une interview plutôt passable où les questions ne semblent pas être communiquées d'avance et les réponses écrites et présentées sous le nez de Deby. Rappelez-vous des interviews bidons réalisées ces dernières années par le même Bouabouvier dont certaines sur le lit même de Deby à l'hôpital américain de Paris où le chef de l'Etat tchadien était évacué à chaque fois qu'il tombait en syncope et restait hors service durant 48 heures.
Mais quelle mouche a bien pu piquer le barbouze de RFI pour cuisiner de la sorte l'homme fort de N'djaména ?
La réponse à cette question se trouve sans nul doute du coté de l'Elysée et certainement un peu plus à la maison blanche, chez le prix Nobel de la Paix 2009, Barack Hussein Obama. En effet, d'après les informations recueillies ça et là, l'équipe d'Obama est déjà en oeuvre pour nettoyer définitivement la Busherie de l'administration américaine de ces dernières années. Pour ce faire et concernant l'Afrique et le très médiatisé Darfour, Sarkozy s'est fait correctement remonter les bretelles par les Américains pour son soutien militaire au Dictateur Tchadien, son implication sur l'épineuse question du Darfour, notamment la manipulation des rebelles Darfouris du MJE et les réfugiés Soudanais miroités comme des cobayes pour des causes humanitaires. Mais il semble que les choses avaient commencé à bouger depuis plusieurs mois avec la fermeture des multiples bureaux du MJE en Amérique (New-York), Asie (Tel-Aviv) et en Europe (Londres, Paris).
Au Tchad, Idriss Deby Itno a reçu à plusieurs reprises des émissaires du Président Américain. Le message transmis est clair et limpide, comme dirait l'autre. Il s'agit principalement des forces rebelles Darfouris présentes sur le territoire tchadien auxquelles Idriss Deby fournit en quantité industrielle vivres, véhicules, carburant, argents, armes, munitions et divers équipements militaires. Tout cela doit maintenant cesser afin de permettre la pacification de la région et le retour des réfugiés du Darfour.
Aussi, la vie politique au Tchad doit reprendre son cours "normal" et la bonne gouvernance encore en état embryonnaire au Tchad doit être activée sans délai. D'où les arrestations et limogeages tous azimuts au niveau des directions financières ou encore le long séjour de Deby à Amdjarass pour des longues et interminables réunions claniques en présence des barons du MJE.

La France ajoute son grain de sel et parle d'élections irréprochables, du respect des droits de l'homme, des gaspillagess et autres détournements des déniers publics. Choses que Deby n'a jamais su faire ni respecter. Sarkozy va plus loin en laissant comprendre à Deby l'éventualité d'un retrait total des forces françaises stationnées au Tchad. Le message est ici encore plus limpide, si tu t'entêtes, nous te lâcherons. Car, tout le monde sait que sans la logistique et les renseignements français, le régime apatride de Deby ne tiendra pas 10 jours face à ces vaillants combattants que même le journaleux de RFI refuse de qualifier de "mercenaires".

Mieux, l'affaire Ibni reste pendante, le barbouze du RFI l'a expressement rappelée à Deby. En clair, si tu tombes aujourd'hui, demain la CPI te cueillira, alors fait gaffe mon gars semble lui rappeler le journaliste. Car, ce n'est un secret pour personne que l'Elysée bloque et empêche la famille d'Ibni de porter la plainte auprès de la Cour Pénale Internationale (CPI).
Il reste maintenant à l'opposition démocratique de saisir la balle au rebond et sortir un peu de sa létargie actuelle. Même si les conditions sont loin d'être réunies pour des élections législatives irresprochables, il serait suicidaire de laisser passer une chance pareille et ne pas l'exploiter sur le plan médiatique ne serait ce que pour dénoncer les tares du sytème regressif de Deby. Aujourd'hui, le dégoût du régime Deby par les populations tchadiennes est à son paroxisme et le MPS perdra les élections face à n'importe quelle formation politique, fut elle le FSR de Soubiane.
Tchad : La France remonte les bretelles à Deby.
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