
La meilleure défensive, c'est l'attaque. C'est bien connu et l'état major militaire de Deby ne l'ignore point. C'est peut être cela qui justifie quelque part les derniers accrochages entre les forces armées gouvernementales et celles de l'UFR.
Oui, il s'agit bien des éléments de l'UFR et non d'une de ses composantes comme s'acharnent à le présenter certaines personnes manifestement mal intentionnées. Car, les éléments du FPRN du Colonel Adoum Yacoub Kougou font bien partie de la résistance nationale et ce dernier est toujours le Commissaire à la Défense de l'union rebelle contre le régime d'Idriss Deby Itno. En mai dernier, cette même colonne de l'UFR qui opère un peu plus bas au Sud-Est de la frontière tchado-soudanaise, n'a pas participé à l'offensive contre Am-dam, certains sympathisants de la résistance nationale ont voulu lui imputer cet échec mais en vain.
Bref, c'est juste une mise au point pour dire que l'union rebelle est une réalité palpable et son objectif demeure identique. Cependant, le dysfonctionnement des instances politiques de l'UFR et la question de son leadership restent entiers; ils minent les actions du mouvement et facilitent l'infiltration des torpilleurs à la solde du régime de N'djaména.
Certains esprits fragiles, bien que solidaires de l'UFR, se prêtent volontiers à cette manoeuvre de déstabilisation médiatique de la structure rebelle. Car, quoiqu'on dise et fasse, Monsieur Timane Erdimi n'a pas été choisi ni élu par ses frères d'arme pour présider à tête de l'UFR. Monsieur Timane a été imposé par les autorités soudanaises qui, comme vous le savez, assurent toute la logistique militaire et financière sans lesquelles presque rien n'est envisageable. Alors, s'il faut démettre aujourd'hui Monsieur Timane, à défaut de sa démission, il va falloir d'abord discuter objectivement avec les parrains et surtout offrir une occasion unique à l'ensemble de la résistance nationale de conjuguer ses idées et ses forces autour d'un congrès pour forger un mouvement solide, organisé, politiquement vivant et véritablement uni qui arrivera en un temps record à bout de ce régime honni et vomi par l'ensemble des populations tchadiennes. Sans cela, la lutte tirera en longueur et comme dit le célèbre dicton : « une rébellion qui attend, est une rébellion vouée à l'échec.».
Ainsi donc, les accrochages de ce dimanche et lundi derniers sont certainement à l'initiative des forces gouvernementales. Les deux forces en présence étaient de moindres importance. Aucune suite des hostilités n'est à envisager dans les semaines à venir (en tout pas du coté de l'UFR), pas de communiqué de presse officiel pour réclamer la victoire et dresser un bilan comme d'habitude. Cependant, on peut dire que ces frappes gouvernementales montrent bien la volonté du régime d'écarter au plus loin de sa frontière toutes forces hostiles qui menacent et perturbent beaucoup de choses.
En effet, rappelez-vous qu'en octobre dernier, en visite privée à Paris, Idriss Deby Itno avait lâché un gros morceau. Il avait annoncé qu'un accord de principe avait été trouvé entre son pays et celui de son homologue Oumar El Béchir concernant leur différend. Deby avait clairement déclaré sur les ondes de la RFI que les Soudanais avaient accepté d'éloigner à plusieurs centaines de kilomètres de sa frontière les « mercenaires » tchadiens. Depuis cette déclaration pour la moins surprenante et inquiétante, aucune réaction de l'UFR n'a été enregistrée. A ce jour, aucun de ces nombreux mouvements qui composent l'union rebelle, pourtant si prompts à pondre des communiqués de presse, n'a osé apporter la réplique à Deby. Apparemment, il semble que la question se présente délicate et on ne saurait comment l'apprécier ! Mais toutefois, d'après plusieurs sources rebelles, il y a effectivement un début d'application de cette mesure car aujourd'hui, le gros des effectifs de l'UFR se trouve déjà aux environs de la ville de Nyala, plus de 250 Kms de la frontière tchadienne. Cet éloignement, entre autres conséquences, fait gagner à la soldatesque de Deby un gain de temps d'au moins 48 heures. Suffisant pour sonner l'alerte et ameuter la communauté internationale.
Ainsi donc, le raid aérien suivi d'affrontements au sol de ce début de semaine avaient manifestement pour finalité de chasser les quelques forces de l'UFR encore présentes sur les lieux et surtout tenter d'avoir un contrôle de cette zone frontalière où des meurtres et rapts des occidentaux travaillant dans les ONG ont été enregistrés ce dernier temps. Crimes et enlèvements qui se multiplient et inquiètent les humanitaires mais aussi les chancelleries en poste au Tchad. Car, ces pratiques nouvelles risquent de mettre en évidence les pratiques inhumaines du régime MPS et surtout saper sérieusement la politique du démocrate Idriss Deby Itno soutenue à bras le corps par cette même communauté internationale depuis bientôt 20 ans.
Ayant mordu terriblement la poussière face aux vaillants combattants de la résistance nationale, les hommes de Deby sont repartis les pieds au coup. Cette course de vitesse nous rappelle un peu comment Deby et ses proches ont détalé entre Massaguet et N'djaména en février 2008.
Les combattants de l'UFR viennent de démontrer par cette victoire éclaire une fois de plus qu'ils sont déterminés à en découdre avec la soldatesque de Deby. Les leaders doivent comprendre qu'à l'heure actuelle le régime Deby est ivre de confiance et d'assurance, danse et boit, vole et viol, corrompt et humilie, c'est donc en ce moment où l'ennemi a baissé la garde qu'il faut l'attaquer, le frapper et l'anéantir. C'est possible et les vaillants combattants de l'UFR l'ont démontré ce dimanche que l'espoir est toujours vivace.
Mille fois Bravo !
Tchad : L'UFR administre une fessée à Deby
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