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 Vote du Conseil de sécurité
 Zone d'exclusion aérienne, avec possibilité de frappes militaires

 

 

 

Par dix voix pour et cinq abstentions, le Conseil de sécurité des Nations unies s'est prononcé mercredi pour l'instauration d'une zone d'exclusion dans le ciel libyen.

 

Le Conseil a également autorisé "toutes les mesures nécessaires" - ce qui veut dire en langage diplomatique des actions militaires - pour assurer la protection des populations civiles face à l'armée de Mouammar Kadhafi.

Le texte était coparrainé par la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et le Liban.

Parmi les cinq pays qui se sont abstenus - il n'y a pas eu de vote négatif - figurent deux membres permanents détenteurs du droit de véto - la Russie et la Chine - ainsi que l'Allemagne.


A Benghazi, une foule en liesse agitant des drapeaux tricolores datant de la monarchie s'est immédiatement rassemblée mercredi soir dans le centre-ville pour saluer bruyamment le vote aux Nations unies.

Selon des images en direct de la chaîne de télévision qatarie Al Djazira, des coups de feu ont été tirés en l'air en guise de célébration tandis que de nombreux pétards étaient allumés dans la capitale de la Cyrénaïque, bastion de l'insurrection anti-Kadhafi.


Selon Alain Juppé, venu à New York au nom de la France pour défendre le texte, ce dernier prévoit aussi un renforcement des sanctions existantes - embargo sur les armes, gel des avoirs du numéro un libyen et de son clan, ouverture d'une procédure devant la Cour pénale internationale (CPI) contre les responsables de crimes contre l'humanité - et interdiction de vol des compagnies aériennes libyennes.


Peu avant le vote, le ministre français des Affaires étrangères avait prononcé un vibrant plaidoyer en faveur de "toutes les mesures nécessaires" pour empêcher les forces de Mouammar Kadhafi d'écraser le soulèvement.


"C'est une question de jours, c'est peut-être une question d'heures", a-t-il dit dans son discours avant la mise aux voix.

"Chaque jour, chaque heure qui passe alourdit le poids de la responsabilité qui pèse sur nos épaules. Prenons garde d'arriver trop tard, ce sera l'honneur du Conseil de sécurité d'avoir fait prévaloir en Libye la loi sur la force, la démocratie sur la dictature, la liberté sur l'oppression", a-t-il ajouté.


"ZENGA, ZENGA"


Quelques heures avant le vote à l'Onu, Mouammar Kadhafi avait averti que ses forces entreraient dans la soirée dans Benghazi, ajoutant qu'elles feraient preuve d'aucune miséricorde pour quiconque leur résisterait.


Dans un discours à la radio, le dirigeant libyen avait ajouté que les habitants de la capitale de la Cyrénaïque qui n'ont pas d'armes n'avaient rien à craindre mais que toutes les maisons seraient fouillées une par une. "Nous arrivons, zenga, zenga. Maison par maison, pièce par pièce", a-t-il précisé.


Il a demandé à son armée de ne pas poursuivre les insurgés qui déposeraient les armes et prendraient la fuite jeudi soir au moment de l'arrivée de ses forces.


"C'est fini (...) Nous arrivons ce soir !", avait-il lancé. "Préparez-vous à sortir de chez vous dès ce soir. Nous vous trouverons jusque dans vos placards."
Le "guide" libyen a vivement critiqué dans son discours les insurgés, ajoutant à leur adresse : "Nous ne ferons preuve d'aucune miséricorde et d'aucune pitié à leur égard."

 

De son côté, le président du Conseil national de transition (CNT, rebelle), l'ancien ministre de la Justice Moustafa Abdeldjeïl, a déclaré après cette mise en garde que les insurgés ne flancheraient pas.

"Nous ne cèderons pas et nous ne nous laisserons pas intimider par ces mensonges et ces affirmations", a-t-il dit sur Al Djazira. "Les villes libyennes, d'Ajdabiah à toutes celles de l'Est, sont sous notre contrôle."

"Nous n'accepterons rien d'autre que la libération du peuple libyen de ce régime. Nos rebelles et leur détermination sont capables de leur infliger une défaite."


Evoquant le vote alors attendu au Conseil de sécurité d'une résolution sur l'instauration d'une zone d'exclusion, le chef des insurgés avait déclaré qu'il se réjouirait de toute mesure permettant de stopper ce "génocide".

"Une zone d'exclusion aérienne ne sera pas suffisante, il faudra des frappes aériennes sur certaines zones stratégiques et (...) une entrée (de troupes) au sol", avait-il dit.

 

REUTERS / avec Louis Charbonneau, Michael Georgy à Tripoli, Mariam Khouny et Tarek Amara en Tunisie, Yves Clarisse à Paris; Jean-Loup Fiévet pour le service français.

Tag(s) : #International

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