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Un coup de gueule qui aurait été plus décisif si l'auteur (Macaoura étant un pseudonyme) n'avait pas omis de souligner l'objectif principal d'Idriss Deby sur la construction de cette basilique à gouffre de milliards de francs Cfa. En effet, nous savons tous qu'après l'attaque rebelle du 2 février 2008, d'importantes décisions ont été prises par le clan au pouvoir pour sécuriser davantage le palais royal d’Idriss Deby. Parmi celles-ci, on peut citer celle tendant à évacuer tout obstacle dans les environs du palais présidentiel. Arbres, maisons et édifices publics ont été rasés sous des prétextes fallacieux. L'effacement de la Cathédrale de Ndjaména de ce paysage entre dans cette logique ultra-sécuritaire. Ce n'est donc pas par considération à nos frères catholiques ni par bonté de coeur que le Chef de l'Etat fait aujourd'hui ce geste diversement apprécié.
 

Quant à la laïcité chère à tout Tchadien conscient, citons plutôt le Colonel Hassane Hissein Abakar, Imam de la grande mosquée de Ndjaména et par ailleurs président de la haute autorité islamique du Tchad, qui n'a jamais manqué une occasion pour rappeler ses vieilles doléances à Idriss Deby en ces termes : « Cette cathédrale qui trône au centre de la capitale et qui se trouve en face de la présidence de République, un haut lieu du pouvoir, représente un symbole très important et très fort. Elle fausse l’image que nous donnons de ce pays et doit être impérativement déplacée ailleurs. ».


Saisi sur cette éventualité devenue pressante après février 2008, le Vatican avait rappelé aux représentants de l’église tchadienne qu’une cathédrale ne peut d’être détruite pour en construire une autre, surtout quand celle-ci est en bon état car reconstruite en 1984. Je doute fort qu’Idriss Deby et ses roublards Soudanais qui dirigent la communauté islamique tchadienne aient bien compris ce principe sacro-saint
.

 
Quant aux connexions pouvoir-religion, elles ont toujours existé au Tchad et ailleurs en Afrique. Dans notre pays, la communauté catholique voire chrétienne n’est pas en mesure de financer la construction d’une basilique. Elle est trop pauvre et divisée. Tout comme les musulmans, elle ne peut compter que sur l'Etat ou sur les fonds étrangers qui ne sont pas sans danger pour la laïcité.

 

En 1993, lors des préparatifs de la conférence nationale souveraine, des rumeurs ont circulé sur la participation de l'ancien Président tchadien Hissein Habré à cette conférence. Le chef de l'église tchadienne, l'Archevêque Charles Vandame, est allé voir Idriss Deby pour lui demander de ne pas permettre cette participation de son prédécesseur. Et des exemples de ce genre exitent en quantité industrielle...

 

Bref, construire une basilique à 7 milliards de francs au bled vaut mieux que de gaspiller 57 milliards au Mali. Pour l'entretien de l'édifice, les fidèles mettront la main à la poche désespéremment vide. Aussi, il est inutile de dresser le tableau déjà très sombre de l'Etat du pays. Il faut plutôt agir vite et bien.

 

Mahamat Abakar

Tag(s) : #Ambénatna

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