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 Outre l’asservissement du peuple du Tchad, le régime du président Deby a commis trois erreurs politiques majeurs qui risquent de l’emporter avant la fin du pseudo mandat actuel de Deby.

Première erreur : Le jeune Etat Sud Soudan. En affirmant et martelant partout que l’indépendance du Sud Soudan constitue un danger pour la sous-région, le président Deby va l’encontre de l’histoire, des principes des Nations Unies dont son pays est membre, de l’opinion du peuple soudanais et son gouvernement ainsi que des aspirations légitimes des populations du sud soudan. L’indépendance du Sud Soudan reconnue dans le monde entier montre à suffisance que le régime Deby est souvent à contre courant de l’histoire et il a intérêt à mieux collaborer avec son nouveau voisin que de jouer aux pompiers pyromanes. L’exemple du Nigeria devrait servir un cas d’école pour le régime Deby.

Présent à Juba, le président Nigérian Goodluck Jonathan a salué "une aube nouvelle" pour le peuple d'une nouvelle nation, à qui il a promis le soutien et l'aide de son pays. Certains vous diront qu’il faut comprendre les inquiétudes du régime Deby qui pense très puissant en termes des moyens financiers et militaires pour tenir en laisse le peuple tchadien encore longtemps. Mais avec l’indépendance du sud soudan, une autre variable entre en jeu et qui ne peut qu’affaiblir le régime de Deby et voire même contribuer à une chute proche du régime Deby qui a tant fait du mal au peuple tchadien. L’avenir proche nous édifiera. Deby dégage ! le peuple tchadien en a assez des tueries, de l’impunité et des  injustices du régime MPS à tout bout de champ 
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Deuxième erreur : La Libye. En prenant une position contre les aspirations du peuple libyen et en soutenant jusqu’au bout le régime sanguinaire de Kadhafi, le régime Deby est encore à contre courant de l’histoire. S’éloigner des aspirations des peuples pour soutenir un système qui réprime et tue des innocents n’est pas la bonne manière de faire de la politique. En 20 ans de règne, on se demande quelles expériences le régime Deby possède quand on voit ses agissements incohérents et contre productifs. Sur ce dossier libyen, comme beaucoup d’analystes le disent, le régime Deby perdra beaucoup et s’affaiblira. C’est une question de temps. Et le temps joue contre le régime Deby. Quelque chose est entrain de changer en Libye. C’est une évidence, et la page d’une ère bien sombre est entrain d’être tournée. C’est une nouvelle configuration dans la région qui rabattra toutes les cartes. Et le régime de Deby paniqué parle, parle et parle encore de menace des islamistes qui sont en possession des missiles anti-aériens. On avait vu ailleurs de telles gesticulations. quand un régime est acculé, il invente des ennemis de toutes sortes ; et le plus facile c’est le terrain islamiste. Là encore le Tchad de Deby est à contre courant de l’histoire.  

Troisième erreur : La décision de faire juger l’ex président tchadien Hissein Habré au Tchad. Le régime actuel du Tchad n’a ni l’expertise, ni les compétences de faire juger l’ex président tchadien dans son pays. Se bomber les torses pour dire capable de juger Habré chez lui par le régime actuel du Tchad, renvoi à une plaisanterie de mauvais goût. D’abord pour juger un tel personnage, il faut que le régime obéit à un certain nombre des critères. Sur le plan de la légitimité démocratique, tout le monde sait que ce régime de Deby ne répond pas à ce critère. Sur le plan de la justice, tout le monde sait que la justice tchadienne est aux ordres du président Deby et de son clan. Il suffit de regarder les atrocités et drames impunies commises par les proches du régime pour s’en convaincre. Un autre exemple non moins anecdotique, l’affaire Arche de Zoé ou la justice tchadienne a été complètement disqualifié. On se souvient du fameux déclaration du président Sarkozy : j’irais les chercher (les français) quoi qu’ils aient fait. Il est allé effectivement les chercher humiliant au passage non seulement le régime de Deby, ce qui est tout à faut normal, mais surtout le Tchad et son peuple. Prétendre juger Hissein Habré au Tchad de Deby, c’est offrir une viande dans la gueule du loup. Quand on sait aussi que les bourreaux d’hier exercent au su et au vu de tout le monde, des hautes fonctions étatiques dans le régime actuel du Tchad. On se souvient aussi du septembre noir ou Deby (Chef d’état major de Habré) avait mené une répression féroce contre les populations du Sud ou femmes, enfants, vieillards furent exécutés terriblement et des villages entiers rasés de la carte. Pour qu’une vraie justice se fasse, il est fondamental de la faire sur un terrain neutre ou avec un régime tchadien issue d’une légitimité populaire et respectueux des droits de l’homme. Il me paraît pertinent que l’union africaine devrait prendre ses responsabilités, si non, transférer Hissein Habré au tribunal pénal international serait la meilleure formule pour rendre justice aux victimes. Ici aussi, le régime de Deby est à contre courant de l’histoire.
 
Que le régime de Deby s’allie avec n’importe qui pour conserver le pouvoir, la fin du régime est inéluctable. Au nom de la justice humaine et des convictions des hommes intègres, le Tchad de l’après Deby devrait intégrer et faire appliquer les points suivants : l’établissement d’une justice équitable, la défense de la vie, la protection des plus faibles et la croyance en un Tchad ou chacun, riche, pauvre, bien-portant, malade, handicapé ou sain, désiré ou rejeté a une place et une dignité que l’Etat tchadien doit défendre au-dessus des craintes, des rejets individuels et des égoïsmes
 
Nadji Mbaïgoto Florent

Avis du Blog 


La quatrième erreur
: l'absence d'objectivité.

Evoquer septembre noir et indexer des responsabilités est une chose mais on oublie souvent volontairement de souligner qu'avant ce septembre 84, il y avait d'autres dates sombres au Tchad. Parmi lesquelles, le pogrom des musulmans au Sud du pays ne peut être dissocié du septembre noir. Malloum, Kamougué et les autres frères d'armes du conseil supérueur de la transition (CST) ont occupé militairement la partie méridionale du pays après leur défaite à N'djaména en 1979 et y ont sauvagement sévi. D'ailleurs, les mêmes crimes barbares ont été répétés avec la rébellion de Moïse Kété et Laokin Bardé Frisson dans les années 90.

Concernant l'affaire Habré, il est tout aussi indécent d'admettre qu'il n'y a que le régime de la 3ème République qui a commis des violations des droits de l'homme. De Tombalbaye à Idriss Deby en passant par Malloum et Goukouni, sans oublier l'annexion libyenne, les tchadiens n'ignorent pas les attrocités qui ont été commises sur ces régimes. Et pourtant, personne n'en parle, personne ne demande justice. Les Ong des droits de l'homme (LTDH, ATDH, etc.) sont restées sourdes aux sollicitations, pire elles se sont livrées à un tri macabre, disant clairement que telles victimes nous intéressent et telles autres ne nous intéressent pas. Etrange manière donc de défendre les droits de l'homme et prétendre rendre la justice. Il suffit de voir la composition des membres de ces organisations pour tout comprendre. Bien entendu, il y a d'autres considérations d'ordre politique, économique et même ethniques et religieux. En fin, l'extradition vers la Belgique a été déjà l'objet d'un examen par la justice sénégalaise en 2005 et cette dernière a émis un avis défavorable. Continuer à ignorer cette décision de justice révèle d'un profond malaise et d'un trouble de conscience incompatibles avec les aspirations pour un Tchad reconcilié, en paix et en progrés et où les droits de l'homme sont une réalité.
Mahamat Abakar
Tag(s) : #Ambénatna

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