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L'heure d'Idriss Deby Itno a t-il sonné ? C'est ce que pensent et souhaitent beaucoup d'observateurs. En tous cas, les signaux sont là ne trompent pas.

Idriss Deby est aujourd'hui un Président détesté et vomi par une majorité écrasante du peuple tchadien. Même sa toute petite communauté ethnique (Zaghawa) et ses alliés (de véritables profiteurs circonstanciels) ont déjà fait un pas en arrière et l'observent de travers. Pourquoi se suicider avec un homme fini à l'image de Khadafi, semble se dire tous ces troubadours du MPS. 21 ans de pouvoir sans partage, c'est beaucoup et ça suffit aussi ! C'est ce qu'on appelle le début du commencement de la fin.

La tension montait depuis quelques jours dans tout le Tchad. Les populations longtemps livrées à leur triste sort, surmontent des difficultés de toutes sortes : alimentaires, santé, sécurité, pauvreté, ect. Entre temps, le pouvoir reste inerte, incapable de juguler la crise, incapable de proposer des mesures concrètes et immédiates, ne sachant par où commencer tellement que tout est urgent et au rouge. Mieux, la seule réponse fournie à tout bout de chemin c'est l'intimidation, les ménaces, la violence.

Après les parents travailleurs qui ont bravé le tabou et osé débrayer véritablement, c'est au tour des enfants de prendre le relais et d'investir les rues. En agissant ainsi, c'est un pan du régime MPS qui vient de tomber. Ce régime a tout fait pour empêcher toute manifestation publique synonyme d'insurrection populaire. Rappelez-vous de la manifestation des ressortissants de Ouaddaï en 1993, reprimée dans le sang et qui a fait près de 300 morts et blessés. Brahim Selgué a été abattu au champ de course lors d'une manif de l'opposition, Mamadou Bissau (SG du RDP de M. Lol Mht Choua) a été tué devant sa famille parce qu'il préparait avec son parti un point de presse et j'en passe. C'est donc une situation bien connue et redoutée que le pouvoir MPS surveille comme du lait au feu, vue ce qui s'est passé non loin de chez nous en Tunisie, Egypte et Libye. Aussi, Idriss Deby suit de très près cette crise "sociale" sans égale dans toute l'Afrique. Le Président de la République parle directement aux responsables des brigades anti-émeutes présents sur le terrain. Tout le protocole sécuritaire et militaire est ainsi foulé à pied. Deby leur intime l'ordre de ne pas utiliser des armes à feu, même en cas de légitime défense ! En agissant ainsi Deby risque gros mais cherche à éviter deux choses primordiales :

- la première est une réaction voire une condamnation de la communauté internationale qui risque de lui être fatale. Car cette dernière exigera que le massacre cesse et que le peuple tchadien puisse manifester en toute liberté comme dans tout Etat démocratique. Quand on sait que tout est ainsi parti ailleurs, Deby risque de voir le peuple tchadien tout entier déhors entrain de crier son désarroi et exigeant son départ, il est foutu;

 

- la seconde est d'empêcher le recours aux armes par les manifestants, sachant bien qu'il y en a beaucoup dans nos maisons et que nos villes sont des garnisons sans murs remplies de combattants mécontents, déflatés, rebelles. Les manifs risquent de tourner en affrontements armés dont l'issue reste incertaine. Les tueries seront évidemment imputées à Deby, la CPI pourrait s'en saisir et l'OTAN intervenir si Sarkozy le désire.   

 

Sous Deby, le Tchad a connu deux interventions militaires étrangères : EUFOR et MINURCAT. Ces deux corps avaient recueilli une mine d'informations sur le régime Deby et il serait pratiquement une formalité pour que les puissances s'accordent sur une troisième intervention militaire au Tchad. Mais comme vous le savez, le Tchad n'a pas besoin de tout ça, la jeunesse tchadienne a déjà fait ses preuves, elle est capable de bouter le Dictateur Deby et sa bande de vauriens hors du Tchad avec le seul soutien d'une radio comme RFI. Il suffit que les dossiers MPS (Affaire Ibni, mercenaires en Libye, fraudes électorales, mauvaise gestion des mannes pétrolières, crimes politiques, classements médiocres du Tchad en Afrique, ...etc) ou une petite interview de HH depuis Dakar pour que le régime Deby s'effondre comme un château de cartes. Cela nous évitera une nouvelle rébellion armée, des manifestants massacrés ou assassinés à domicile nuitamment, d'autres morts qu'on peut vraiment s'en passer. Le Tchad en a déjà trop sacrifé.

La Rédaction

 

Tag(s) : #Politique

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