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ManifDebyL’Afrique du nord est toujours secouée par des manifestations violentes contre les régimes rongés par l’usure du temps, par la corruption, par leur déficit démocratique et aussi les violations régulières des droits de l’homme. Des régimes qui pensent plutôt à satisfaire des exigences étrangères au détriment d'une politique nationale qui prend  les aspirations de leurs populations.

Après donc la Tunisie, l’Algérie, le Maroc et l’Egypte, la Libye est à son tour sérieusement touchée par ce vent frais qui diffuse de deux cotés de sa frontière Est et Ouest un bon parfum de Jasmin, désormais intimement à la liberté, la démocratie et à la bonne gouvernance. A tel point que le tout puissant Colonel Khadafi, celui-là même qui rêvait devenir le Président des Etats Unis d’Afrique et qui s’est empressé de s'auto-désigné Roi des rois d’Afrique par le truchement de la corruption, constate  avec brutalité son illégitimité dans son propre pays. Sa milice, affolée par ce qu'elle voit et entend, tire les yeux fermés sur la population. Pour l'heure, Khadafi semble miser encore sur les immenses richesses de son pays sauver son régime. Dans un passé récent, la diplomatie du chèquier a fonctionné pour, les crimes du régime Khadafi ont été lavés grâce aux milliards de dollars versés à titre d'indemnités aux victimes de Lockerbye et de l'Air-France (ex UTA). Mais le contexte est bien différent aujourd'hui. Khadafi ne peut plus règner sans légitimité politique, ce qui implique l'organisation d'élections libres et transparentes mais aussi un bon usage des ressources du pays. Et cela les grandes puissances de ce monde ne manqueront pas de lui souligner. Comment va t-il s'y prendre quand on sait que Khadafi agit à sa guise et suivant ses humeurs et caprices, que les biens de la Libye sont confondus à sa poche et qu'il se considère et agit comme le Roi de la Libye (rappel : il a renversé le roi Idriss Senoussi 1er en 1969).

 

Ceci pour planter le décor. Mais que peut-on dire de notre cher Tchad ? Je pense que nous avons tout dit. Aujourd'hui, nous avons un Président qui s'est décreté Sultan de sa communauté ethnique. Cette même communauté qui en 20 ans de règne a fini par quadriller tout le pays et imposer sa domination à coup d'inombrables crimes de sang et crimes économiques. Les faibles institutions de la république ont été vidées progressivement et complètement de leurs substances. Sous la houlette de la France, la communauté internationale a herméthiquement fermé les yeux sur toutes les dérives du régime Deby. La politique du ventre règne désormais en maître absolu au Tchad. La classe politique a démissionné laissant la place vide aux mouvements armés. Ces derniers, mal organisés et manquant de leadership, n'ont pu parvenir à bout du régime anti-national d'Idriss Deby Itno.

Les élections législatives du 13 février 2011 ne sont qu'un éternel recommencement de tout ce que le Tchad a connu depuis 1990 et qui se caractérise par la fraude, le bourrage des urnes et toutes les violations possibles et imaginables qui puissent exister dans une élection organisée par un Etat d'une République bananière. Toutes les informations concordent sur les faits monstrueux constatés durant cette dernière élection législative. Il est inutile de lister les cas d'irrégularités constatés dans cette élection. Les candidats ont été remplacés à la dernière minute alors que la liste est close, le nombre de votants a dépassé le nombre d'inscrits, etc. Même les griots du régime (Ahmat Yacoub Dabyo et Cié) ont critiqué ces faits irréalistes et fermement condamné ces manquements démocratiques.

L'opposition, celle qui résiste et qui sait que le peuple la soutient, tape sur la table et n'entend pas laisser la forfaiture passée comme une lettre à la poste. Elle invite les tchadiens à sortir massivement pour rejeter les résultats de ces législatives et refuser cette mascarade électorale. Cette marche de refus du peuple sera le début d'une révolution pacifique qui obligera le regime à revoir sa copie, à changer son attitude dans la gestion du pays et surtout à être légaliste et accepter le jeu démocratique. A défaut, ce sera la guerre civile car le Tchad est une garnison à ciel ouvert et une manifestation comme celles qui se déroule en Afrique du nord, tournerait inévitablement à un affrontement armé. Le régime Deby doit faire son méa culpa et prendre en considération les aspirations légitimes du peuple tchadien. Sortons massivement à la marche du refus et crions en choeur "ça suffit !".         

Tag(s) : #Ambénatna

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