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L'hiver dernier j'ai fait un voyage au Tchad (après 10 ans d'absence). Ce pays de 12 millions d'habitants qui comptait parmi les 12 pays les plus pauvres de la planète a de multiples problèmes et il a surtout des problèmes récurrents avec l'argent. Pendant que j'étais sur place, j'en ai profité pour rencontrer quelques amis intellectuels et surtout universitaires brillants pour discuter de tout et de rien sur ce pays en dérive qu'on appelle le Tchad. En épilogue, je veux vous parler un peu sur ce que j'ai retenu de nos pléthoriques discussions et débats sur le Tchad.

Le Tchad est le meilleur exemple de pays qui vit au dessus de ses moyens. Qui dit tout le temps OUI aux demandes des uns et des autres. La dette est tellement lourde que l'on est forcé de faire régulièrement appel aux Bailleurs de fonds, Banque Mondial et FMI. En dehors de nos débats, les 30 jours que j'ai passés dans la capitale tchadienne m'ont laissé constater qu'a' Ndjamena il y'avait d'énormes disparités. Des quartiers chics comme on en verra jamais a' Dakar, Tunis, Khartoum, Addis-Abeba, Caire voire Tripoli, mais aussi des quartiers en "tol", en banco ou en "potopoto" voire des taudis aux murs lézardées mettant a' risque la sécurité et la santé des gens. C'est ce qui finit par arriver quand on continue a' vivre au dessus de ses moyens.

L'autre grand problème du Tchad c'est que la règle de droit n'est pas respectée (selon plusieurs jeunes intellectuels tchadiens de l'intérieur). La corruption semble être partout, presque a' tous les échelons. De ce fait, les règles du jeu sont faussées et les lois du libre marché aussi. C'est toujours les proches parents ou les amis d'abord. Sans oublier la guerre civile que le pays continue de subir depuis 1/2 siècle. Les dirigeants politiques tchadiens n'hésitent pas , par ailleurs, a' manipuler les chiffres officiels pour bien les faire paraitre. Par exemple s'il y'a un déficit budgétaire annuel de plus de 10 milliards, on annonce a' radio et a' la Télé que le déficit budgétaire de cette année est de 1 milliard ou quelque chose de ce genre. (On parle de 1/10ieme le plus souvent).

Par ailleurs, comme le Tchad a des problèmes récurrents avec l'argent, tout le monde cherche l'argent et par tous les moyens ("Bé Haram ou Bé Halal"). Ceux qui sont devenus riches rapidement en détournant le bien public ne cachent pas leurs fortunes. Chez certains de ces gens la modestie n'existe pas. D'autres ont changé leurs langages. Pire encore certains aiment le "M'as tu Vu". Dans une soirée dansante d'un ami ou d'un parent ils se permettent de jeter des liasses d'argent par terre. Chaque weekend ils invitent de petites filles (qui ont l'âge de leurs propres filles pour certains) pour aller s'amuser. L'alcool coule a' flot. Certains se permettent d'aller avec les filles des autres au Cameroun voisin le weekend. Les malheureuses filles qui ont connu cette classe bizarre des gens ne peuvent rester sans argent. Elles se promènent avec des cellulaires qui coutent 1/2 million de fcfa. En outre les services de Celtel et Tigo (2 grandes compagnies téléphoniques) sont les plus chers au Monde. Malgré la cherté’ de vie et des services telephoniques bcp de jeunes filles et garçons ont sur eux des cellulaires dont les services mensuels leur coutent les yeux sur la tête! Bref, a’ Ndjamena la majorité’ des vieux, adultes, adolescents, jeunes et moins jeunes ont tous besoin d’argent.
D’où’ on entend parler des scandales un peu partout dans la capitale et dans presque tous les secteurs.

Avant au Tchad, on prononçait le mot scandale et tous les yeux s'écarquillaient, les oreilles devenaient grandes ouvertes, les poils du corps se dressaient et on avait hâte de savoir de quoi il s'agissait. Aujourd'hui le mot scandale n'a plus d'impact parce qu'il y'a trop des scandales et en plus sur-utilisé. Au Tchad actuel, le scandale n'est plus le choc ou l'indignation. Le scandale est passé de péché a' peccadille (petite faute) a' cause du nombre pléthorique et de la fréquence. Il n'est plus une rareté. Auparavant au Tchad quelqu'un impliqué dans un scandale tombait dans la catégorie des véreux ou des "sans honneur". Actuellement c'est juste un petit mauvais moment dans sa vie. Pas plus ! On est très habitué aux scandales. On dirait même que chaque secteur a son scandale.

Lesquels voulez-vous? Celui de l'éducation (un poids lourd comme Haroun kabadi a connu la prison), celui de la Mairie ( Le 1ier citoyen ndjamenois Zen Bada croupit toujours en prison), celui de Sotel-Tchad, ou des douanes ou de la police ou encore de la gendarmerie ou que sais-Je sans oublier certainement le scandale au niveau même du parlement (les élus du peuple, nos députés). J'exagère un tout petit peu mais je demande a' " l'Académie Tchadienne" de nous trouver de nouveaux synonymes pour designer un scandale. Sinon comme ce gros mot est trop utilisé, le tchadien lambda ne se réveille même pas du sommeil en écoutant SCANDALE dans un secteur privé comme publique. Merci pour votre lecture et bonne journée.


Votre ami et
frère,

Mahadjir.Fils
Amérique du Nord.

www.enfantdutchad.com
email : enfantdutchad12@gmail.com.

Tag(s) : #Ambénatna

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