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babaladde

Le FPR (Front Populaire pour le Redressement) est un mouvement politico-militaire que nous pouvons, à première lecture, qualifier d’ordinaire, semblable à la centaine d’autres mouvements que le Tchad ait connu ces 50 dernières années. Opérant depuis plusieurs années dans la zone triangulaire Tchad-RCA-Soudan, sans obtenir des résultats probants, le FPR s’est progressivement forgé une ossature plus ou moins solide qui attire aujourd’hui l’attention de la communauté internationale et surtout de nombreux Tchadiens qui rêvent d’un changement politique dans leur pays. Cette considération inquiète la puissante machine à broyer de rébellions du Dictateur Idriss Deby Itno qui a déjà mené plusieurs offensives contre les positions des hommes du Général Baba Laddé.


Le discours du mouvement perçu à travers ses nombreux communiqués de presse reste cependant ambigu. L’objectif du FPR est aussi difficile à cerner sinon obscur. Si le chef du FPR s’identifie comme un citoyen tchadien et réaffirme sa détermination à chasser Idriss Deby du pouvoir, l’essentiel des actions de son mouvement porte sur la Centrafrique. Or jamais la RCA n’a constitué une base arrière aux rébellions tchadiennes, le pays n’a point de moyens pour s’offrir un tel luxe, sans oublier que le pays est totalement sous le contrôle de la France. Cette confusion de combat permet aux détracteurs du FPR de le comparer à un groupuscule de bandits de grands chemins au mieux de braconniers.  


Entre 2005 et 2009, au temps fort de la révolte contre la dicture des Itno, le tribalisme ambiant au sein des mouvements politico-militaires de l’Est a poussé le FPR à se forger une base essentiellement composée de Peulhs et Bororos révoltés, victimes des razzias de leurs bétails, de viols des femmes et des multiples meurtres dans leur communauté par des militaires Zaghawas. D’ailleurs, l’ancien représentant de l’UFDD en Europe, Monsieur Mansour Abbas, un Peulh bon tin rallié depuis 2008 à la dictature, justifiait souvent son opposition armée au régime Deby par les multiples assassinats au sein de la communauté Peulh du Tchad. Cette étiquette de mouvement armé des Peulh pèse lourd sur le devenir de ce mouvement. Certains voient même l’orientation de la lutte du FPR comme la conséquence du caractère nomade transfrontalier du Peulh lui-même, toujours à cheval entre les Etats limitrophes du Tchad. La décadence des mouvements armés de l'Est a permis au FPR d'enregistrer plusieurs centaines de combattants issus des différents groupes ethniques du Tchad, offrant ainsi un visage beaucoup plus national.


Outre la position à cheval du FPR entre le Tchad et la RCA, une autre affaire taraude l’esprit de nombreux Tchadiens et mérite d’être élucidée : l’incroyable évasion du Général Baba Laddé de la prison de Ndjaména. En effet, on se rappelle qu’en 2009, le Général Baba Laddé a été arrêté à Bangui et extradé à Ndjaména où il a été incarcéré sans aucune forme de procès. Quelques mois plus tard, le chef du FPR quitte Ndjaména pour le Cameroun voisin. Il rejoint ensuite ses hommes et s’atèle à la reconstitution de son mouvement en plein déconfiture. Baba Laddé effectuera quelques semaines plus tard une tournée africaine qui va le conduire dans certaines capitales françafricaines. A ce jour, ni le Tchad, ni le Général Laddé, ne s’est expliqué sur cette évasion bizarre.


Toutefois, on ose croire que le Général Baba Laddé n’est pas un duplicata du Colonel Adoum Yacoub Kougou, l’homme des Services spéciaux français. Quand certains hommes politiques tchadiens bégayent devant le micro de RFI, Baba Laddé lui, s’attaque ouvertement au puissant outil de propagande de la Françafrique qu’est Jeune Afrique. C’est un courage à saluer, cependant le chef du FPR doit faire attention car il évolue dans une zone où règne des inconditionnels de la Françafrique. Les dernières informations que nous disposons ne nous rassurent point. Nous avons toujours en mémoire les assassinats de Charles Massi et du Dr. Khalil Ibrahim. Baba Laddé doit savoir qui fréquenter et surtout s'inspirer de la nouvelle trouvaille des Agents spéciaux françafricains qui visent la tête du chef.

 

A suivre...

 

 

 

 

Tag(s) : #Ambénatna

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