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Les récents évènements de Guéréda démontrent à suffisance que les problèmes demeurent entiers au Tchad. La question de la sécurité est plus que jamais à l’ordre du jour et elle inquiète sérieusement tout le monde. Cette question de sécurité n’est donc pas la seule préoccupation première des nouveaux ralliés qui, à contrecœur, ont été contraints de rentrer au bercail et de se livrer à leurs ennemis d’hier.


Bientôt 20 ans que les Tchadiens vivent au quotidien l’insécurité qui reste encore et toujours leur préoccupation number one. Cette insécurité est omniprésente dans les lieux publics, scolaires et universitaires mais aussi dans le cercle privé. Dans les premières années de balbutiement du régime Deby, nous nous rappelons des fameuses « bandes incontrôlées » que nous servait un certain Ahmat Hassaballah Soubiane pour camoufler les crimes les plus odieux des Deby, ces mêmes assassinats ramenés parfois à une simple bavure ; ce qui a valu au ministre de la République qu'il était le sobriquet de « Monsieur bavure ». Aujourd’hui, c’est le tour du nouveau ministre de la communication, Monsieur Pahimi, de pérenniser la méthode en ramenant les graves évènements de Guéréda à une simple opération de fouille d’armes qui aurait déraillé. Simple évènement qui a nécessité le déplacement du CEMGA. Le Ministre qui intervenait sur les ondes de RFI, ignore même que la fameuse commission sur le désarmement a fini son « travail » et a même été officiellement dissoute depuis plusieurs mois. Guéréda est un cas parmi tant d’autres qui bouillonnent dans tous les coins du Tchad. Le journal Nd’jamena Bi-hebdo est aussi rentré dans la danse la semaine dernière en comparant la situation des populations du Sud du Tchad à celle des Soudanais du Sud et réclamé la même considération de la part de la communauté internationale.

C’est un peu trop tard affirment des observateurs de la question tchadienne. Car, quand tout le pays s’est révolté contre ce régime anti-national, corrompu et criminel, le Sud observait tout cela dans une passivité difficilement qualifiable. Pire, l’opposition démocratique, bastion des ténors politiques originaires du Sud, a capitulé face aux pécules que Deby distribuait à tour de bras. Rien donc de comparable aux 30 années de lutte armée et politique des héritiers de feu John Garang qui après avoir véritablement partagé le pouvoir depuis 2005, pourront enfin décider de leur avenir dans ce vaste Soudan.

Malheureusement, des évènements comme ceux de Guéréda vont se reproduire les semaines voire les mois à venir. Les personnes visées par les sbires du régime n’auront d’autre choix que de résister et se défendre pour ne pas laisser leur vie. Car, aujourd’hui la rébellion n’attire pas et donc il faut résister et se défendre sur place. Nous sommes dans une logique de ni guerre, ni réelle paix, une phase où les « vainqueurs » et les « vaincus » se font face. Idriss Deby, son clan et son régime chercheront à contrôler et dompter par tous les moyens toutes ces vaillantes personnes qui tournent autour d’eux. Le régime, fidèle à ses habitudes de fuite en avant, sera appelé à mater dans le sang à chaque fois qu’il y a une petite résistance comme ce fut la semaine dernière à Guéréda.

La MINURCAT présente à Guéréda était plus préoccupée à plier ses bagages que de porter secours à une population civile opprimée et martyrisée. Les journalistes de N’djamena Bi-Hebdo apprécieront quand ils interpellent la communauté internationale sur leurs conditions de vie au Sud du Tchad.

Les élections au Tchad, ce n’est pas non plus l’affaire de la MINURCAT, le MPS passera au premier tour face à une opposition inexistante et largement alimentaire. Mais rassurez-vous, la MINURCAT a suffisamment recueilli des informations et des preuves pour la CPI sur le dossier du Darfour où le soutien du Tchad au MJE et les crimes abominables perpétrés par le clan d’Idriss Deby sur des populations civiles et sans défense sont clairement établis. Demain, lorsque le régime islamique soudanais opèrera le revirement attendu sur le référendum d’auto-détermination sur le Sud Soudan, la machine occidentale (médiatique, politique, juridique) anti El béchir se mettra en branle et la MINURCA sera utile en ce moment pour la communauté internationale.  

En attendant, Deby traque les commerçants qu'il accuse injustement et sans fondement d’avoir affamé les populations tchadiennes. Que c'est grotesque ! Le Président a carrément confessé devant la nation que ses concitoyens vivaient dans la misère noire, basta le quinquennat social !

Tag(s) : #Ambénatna

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