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Il y a quelques jours, le tout puissant Maire de la ville de N'djaména, le buldozer Mahamat Zène Bada, a eu des sueurs froides et des vertiges qui ont failli le balancer à 180° au sol. Pour cause, le Maire de la capitale tchadienne a reçu, contre toute attente, la visite des Inspecteurs du ministère du contrôle d'Etat et de la moralisation publique.

Rappelons pour commencer que le demi-frère de feu Maldom Bada Abbas, ne se sentait plus depuis que Deby lui a permis de raser des maisons et d'indemniser à sa guise, parfois selon la tête du citoyen. Mahamat Zène Bada se croyait sérieusement au rang des Itno sinon au moindre à celui des Younousmi, Bahar, Terda et autres gladiateurs que Deby a fabriqués de toutes pièces.

Alors, lorsqu'un beau jour les Inspecteurs du ministère du contrôle d'Etat poussent la porte de son bureau, le Maire de N'djaména ne croyait pas à ses yeux, qu'il faisait un cauchemar ? Mais que nenni, il a très vite dû se rendre à l'évidence que les contrôleurs sont bien là pour voir de plus prêt la gestion gabégique de la Mairie de N'djaména.

Surpris, effrayé voire sonné par cette visite inattendue et certainement impensable  pour lui, le tout puissant Maire de la ville de N'djaména a perdu la langue pendant un laps de temps avant de se ressaisir et de proposer gentiment aux contrôleurs de revenir dans trois jours, temps qui lui permettra de mobiliser ses collaborateurs et de préparer les documents, car présentement ils ne sont pas du tout prêts pour un contrôle de leur gestion. Evidemment la requête a été magistralement rejetée en touche, les Inspecteurs ont d'abord précisé à Monsieur Zène Bada qu'ils ne sont pas sous ses ordres et qu'ils tiennent absolument commencer séance tenante. Ils affirment disposer suffisamment de temps pour vérifier de fond en comble la gestion de l'édile de la ville de N'djaména.


Paniqué et désarmé, Mahamat Zène Bada bondit sur son téléphone et ameute son mentor, le ministre des infrastructures, Adoum Younoussmi. Ce dernier déja éclaboussé dans diverses affaires scandaleuses, ne parvient pas à dissuader les envoyés du Ministre du contrôle d'Etat. Il demande à Zène Bada de venir le trouver à son bureau. Quelques heures plus tard, ils sont devant Deby. Younoussmi explique que le "Buldozer" municipal risque de gros ennuis si jamais on laisse faire ce contrôle maintenant. Deby feint de ne pas comprendre la situation et demande que Zène Bada prenne ses dispositions pour que ce contrôle se fasse dans les plus brefs délais.

Ouf ! le "Buldozer" municipal redémarre, il fonce vers la Mairie de N'djaména avec sur son toit le ministre des infrastructures brandissant la décision présidentielle. Arrivé sur place, le "Buldozer" municipal a failli écraser les véhicules des Agents contrôleurs stationnés devant la mairie. Ces derniers se retirent tranquillement en attendant le jour J.

Depuis, Mahamat Zène Bada ne dort plus et s'agite comme un vrai gladiateur. Il y a deux jours, Monsieur le Maire est passé à la Télé-Tchad pour une interview au cours de laquelle il a sommé les N'djaménois qui ont leur maison en bordure d'une route goudronée et dont les murs sont en terre battue (tiné) de les transformer illico presto en dur (construction en briques) et les peindre aux couleurs qui leur seront communiquées. En plus, ils devront daller la devanture de leur maison pour lutter contre l'ensablement de la chaussée. Nous vous proposons un petit extrait de cette interview.

Le journaliste
: pensez-vous que tout le monde a le moyen financier pour lui permettre de se plier à votre injonction ?

Zène Bada
: ça fait deux ans que la Mairie a prévenu les popalutions, maintenant nous pensons qu'il est temps de passer à l'action. Il n'y aura pas de dérogation et bientôt une descente sur le terrain sera effectuée par les agents municipaux. Des sanctions seront prises contre ceux qui ne coopèrent pas.

Le Journaliste : on vous accuse de construire avec les larmes de la population ?

Zène Bada
: on enfante toujours dans la douleur mais lorsque l'enfant arrive, c'est la joie dans la maison...

Les questions directes du Journaliste et les réponses spontanées et précises du Maire trahissent la transparence de cette interview. D'ailleurs, nous avons noté ce dernier temps des pseudo-interviews de ce genre proliférer dans la presse écrite. C'est dire que les laoukaras carburent  à fond en ce moment.

Ailleurs, dans les pays pétroliers émergents, c'est une capitale flambant neuve qui est proposée. C'était le cas de Franceville, d'Abuja et maintenant de Malabo 2. Ici, Deby et son "Buldozer" municipal vous propose du colmatage, juste un trompe oeil. Tous les travaux (bâtiments, routes) entrepris à N'djaména et dans les provinces, ont une durée de vie de 3 ans. Déjà, on constate des fissures énormes sur les murs et des nids de poules sur la chuassée. Aussi, les initiateurs et exécutants de ces projets se sont bien gavés dans leurs réalisations. Demain, ils continueront à se remplir la panse avec des travaux d'entretiens interminables. Pauvre de vous !

Parions qu'avec l'approche des élections, Deby ne voudra plus s'encombrer d'un homme aussi impopulaire et haï. Une fois le sale boulot terminé, Deby l'enverra paître. Au pire des cas, c'est la prison qui attendra Mahamat Zène Bada. Lui qui est déjà mouillé dans le détournement des fonds de la CENI, sans oublier ceux de la Mairie qui pointent à l'horizon. Zène Bada pourra cogiter avec Kabadi et les autres sur le régime MPS tout en tendant l'oreille vers l'Est.

Tag(s) : #Ambénatna

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