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Le Soudan est en voie d'implosion depuis ce dimanche matin. Quelque quatre millions d'électeurs sud-soudanais ont jusqu'au 15 janvier pour décider par référendum s'ils veulent se séparer ou non du Nord. Coupons court à tout suspens : la réponse sera oui. Un sondage du magazine local, le Southern Eye, donne, par exemple, l'indépendance en tête avec 96 % des voix.

 

Ce scrutin est la dernière étape des accords de paix signés au Kenya en janvier 2005 et qui a mis un terme à plus de vingt ans de guerre civile entre le Nord, à majorité arabe et musulmane, et le Sud, composé d'une centaine d'ethnies africaines, essentiellement animistes et chrétienne (1983-2005).

« Etre maître de notre vie et de notre terre »


Signer la disparition du plus vaste pays d'Afrique, c'est pour ça que des centaines de Sud-Soudanais se sont présentés dès la tombée de la nuit devant les portes des 2 638 bureaux de vote de Djouba, la principale ville du Sud-Soudan.

Habillé d'une chemise bleue nuit et d'un pantalon sombre, Joseph Akog a une allure impeccable. Pourtant, il vient de passer la nuit dehors, dans la poussière. Il veut être l'un des premiers à glisser son bulletin dans l'urne. Il résume le sentiment général : « Nous voulons être maître de notre vie et de notre terre. »

Le jeune homme ne vote pas n'importe où. Son bureau de vote est situé au Mémorial John-Garang, du nom du leader historique des indépendantistes sudistes, mort dans un mystérieux accident d'avion en 2005.

 

C'est d'ailleurs là que son successeur, Salva Kiir Mayardit, donne le coup d'envoi de ce référendum. Et pour une fois, les horaires sont respectés.

A 8h05, le président de la région semi-autonome du Sud-Soudan, tend sa carte d'électeur, récupère son bulletin de vote, s'avance dans l'isoloir, appuie son pouce imbibé d'encre devant le symbole de son choix, glisse son bulletin dans l'urne et trempe son doigt dans une encre censée être indélébile.

« Le référendum n'est pas la fin du voyage, plutôt le début »


Rien d'extraordinaire dans ces gestes. Rien non plus dans le discours qui suivit, où l'homme a souligné qu'« il s'agissait d'un moment historique qu'attendait la population du Sud-Soudan ».

La veille, Salva Kiir Mayardit avait été plus inspiré : « Le référendum n'est pas la fin du voyage, mais plutôt le début d'un autre. » Et rendait hommage au quelque deux millions de combattants sudistes morts durant la guerre civile. « Je crois que le docteur John [John-Garang] et tous ceux qui sont ceux qui sont morts avec lui sont avec nous aujourd'hui. Et je suis sûr qu'ils ne sont pas morts en vain. »

Tag(s) : #International

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