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Le gouvernement du Burkina Faso a décrété samedi un couvre-feu dans la capitale Ouagadougou après des manifestations de commerçants contre les pillages perpétrés par des soldats réclamant le versement d'indemnités.

La mutinerie a débuté jeudi soir par des tirs à proximité du palais présidentiel et s'est propagée à plusieurs casernes. Des actes de pillages ont ensuite été signalés dans la nuit. Face à la situation, le président Blaise Compaoré a annoncé vendredi soir la dissolution de son gouvernement, ainsi que la nomination d'un nouveau chef d'état-major des armées et d'un nouveau chef de la sécurité présidentielle.

Malgré cette annonce, les soldats ont poursuivi leur mouvement dans la nuit de vendredi à samedi. Selon des témoins, ils ont notamment pillé des commerces et brûlé des voitures.

Samedi, plusieurs milliers de commerçants ont manifesté leur colère dans les rues de Ouagadougou, se livrant à leur tour à des actes de colère contre les pillages de l'armée. Selon un témoin interrogé par France-Info, ils ont notamment incendié le siège du parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). "Nous n'arrêterons pas tant que nous n'aurons pas de réponses à nos problèmes : nous voulons la justice et de l'argent pour compenser nos pertes", a déclaré Hamadé Sawadogo, un des manifestants.

A Paris, le ministère des Affaires étrangères a jugé samedi qu' "au regard de la situation intérieure, les voyages au Burkina Faso sont actuellement fortement déconseillés".

Dans un communiqué diffusé vendredi, le gouvernement a expliqué que les soldats protestaient pour obtenir leur indemnité de logement et leur prime journalière d'alimentation. Il a ajouté que le problème était en train d'être "réglé" et a exprimé ses regrets pour les désagréments subis pendant les manifestations.

Ancien capitaine, Blaise Compaoré est arrivé au pouvoir en 1987 au Burkina Faso lors d'un coup d'Etat sanglant contre son frère d'armes, Thomas Sankara. Il a été largement réélu en novembre dernier lors d'un scrutin contesté par l'opposition, qui a dénoncé des fraudes.

Le Burkina Faso a été le théâtre de manifestations ces dernières semaines.

Le 8 avril, la population était descendue dans les rues de Ouagadougou pour dénoncer la flambée des prix des aliments de première nécessité. En mars, des étudiants avaient incendié des bâtiments publics dans plusieurs villes pour protester contre la mort d'un jeune homme en détention. Les autorités avaient affirmé qu'il avait succombé à une méningite, mais des rumeurs de mauvais traitements ont alimenté les manifestations, qui se sont soldées par six autres morts.

Le Burkina Faso, l'un des pays les plus pauvres du monde, arrive en fin du classement de l'Indice de développement humain (IDH) des Nations unies, à la 161e place sur 169.

Source : AP

Tag(s) : #International

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