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A Khartoum, les évènements se suivent et se ressemblent. Les autorités soudanaises lèvent le petit doigt et les leaders de la rébellion se plient. Tel dans un jeu de damiers, les mouvements armés tchadiens en sont réduits à des simples pions entre les mains des autorités soudanaises. C'est en tout cas l'amer constat que se font les millions de sympathisants de la résistance nationale tchadienne. Une attitude que rien véritablement ne justifie.

Après avoir été contraints de retirer leurs troupes de plusieurs centaines de kilomètres de la frontière tchadienne, après avoir subi anormalement les conséquences du deal El Béchir-Deby, voilà que les leaders de la rébellion se voient obligés de rencontrer les guignols du gouvernement tchadien venus à Khartoum pour des soi-disant « négociations ». Comme s'il y a quelque chose encore à négocier ou comme s'ils ont respecté une seule fois les accords signés. Sur ce registre, la bande de Soubiane est un exemple édifiant en date.

Et pourquoi Mahamat Nouri et ses homologues acceptent-ils de descendre ci-bas en s'asseyant avec des gens aussi insignifiants comme Ahmat Bachir et Abderahmane Moussa ? ? ?

Autant dire que les responsables de la rébellion tchadienne se trouvent dans des salles draps. C'est une situation d'une délicatesse extrême qui demande réflexion et tact. L'instance dirigeante actuelle de la rébellion s'est murée depuis plusieurs mois dans un silence paralysant. Désunis, minés par des problèmes personnels et brillant sur le plan international par leur surdité, les maîtres de la résistance nationale se cherchent. Mais comme on dit, il n'est jamais trop tard pour se retrouver et rebondir. Deby n'a t-il pas rebondi de son bunker depuis février 2008 ?

Les quelques rares cadres sur lesquels les différents mouvements rebelles pourraient s'appuyer pour apporter une réplique politique et stratégique, ont tous été découragés, écartés de la gestion politique, administrative et financière, réduits au silence et finalement poussés à l'éloignement pour ne pas dire à un double exil. Certains ont rallié le régime Deby tandis que d'autres, dignement, ont préféré quitter le Soudan pour se refugier dans d'autres pays comme l'Egypte, le Maroc, la France où ils suivent à distance l'évolution de la résistance nationale. Aujourd'hui, il est plus que urgent de les rappeler. Il y va de l'intérêt commun.

Mahamat Nouri et ses homologues ont préféré travailler avec des bénis oui-oui, des semi-alphabétisés, des opportunistes sans foi, des militaires inexpérimentés mais aussi des bambins gonflés qui ont montré une immaturité criarde et donc en déphasage complet avec les idéaux d'un tel soulèvement armé.

Un mouvement tel que l'UFDD doit avoir une réelle organisation administrative, une stratégie de communication, une gestion rationnelle de ses ressources financières et matérielles mais aussi humaines. Ce n'est pas ce que nous observons et le mouvement court un risque réel à très court terme. L'UFDD détient le bras armé le plus puissant et le plus foudroyant. Ces combattants ont vaillamment fait leurs preuves et sont toujours disponibles (tant à l'Est que sur le territoire tchadien) pour enregistrer d'autres succès militaires d'envergure. Il suffit qu'on leur offre un cadre d'action bien huilé et évidemment des chefs motivés pour conduire la troupe à Ndjaména.

Les évènements malheureux qui se succèdent à Khartoum ne laissent donc personne indifférente. Les sympathisants de la rébellion observent le cœur plein d'amertumes et ne comprennent vraiment pas cette inertie amnésique qui s'est emparée des principaux leaders de la rébellion. Ils assistent impuissants au « démantèlement » de la rébellion que rien en réalité ne justifie.
A titre d'exemple, en 1979, Goukouni Weddeye et Hissein Habré ont été arrêtés et emprisonnés au Nigeria près d'un mois. Avec la complicité des Nigerians, les Libyens et les Français ont cherché à les neutraliser en leur faisant signer des accords bidons. Ils n'ont pas cédé et leurs lieutenants ont géré efficacement la situation pour les sortir du piège. Feu Youssouf Togoïmi a tenu bon contre les énnemis de notre pays, il a payé de sa vie. La nation retiendra à jamais de lui ce sens élévé de patriotisme.

Aujourd'hui, la donne est très différente. Nous vivons dans un monde ouvert où la communication constitue une arme redoutable qu'il ne faut pas négliger. Le Soudan est suffisamment indexé pour ses violations massives des droits de l'homme. Les autorités soudanaises sont frileuses sur cette question et ne peuvent en aucun cas s'aventurer à prendre des mesures fâcheuses contre les responsables de la rébellion tchadienne. La CPI y veille.

Néanmoins, on n'oublie pas le soutien énorme que le gouvernement soudanais a apporté à la rébellion tchadienne depuis 2005. D'ailleurs, il continue encore à la gratifier d'importante somme d'argent, la fameuse PGA(Prime Générale d'Alimentation) que certains y voient tous les problèmes de la rébellion. Les mouvements armés tchadiens n'ont pas su mettre à profit ce soutien multiforme et tenter d'avoir une marge de manoeuvre par rapport aux parrains soudanais. Ils étaient très occupés par leurs divergences internes et inter-mouvements mais aussi leurs calculs politiciens.

Malgré donc ce soutien militaire et financier soudanais, les échecs successifs de la rébellion et particulièrement ceux de février 2008 et mai 2009, la trahison soudanaise est inqualifiable. Un tel acte de traitrise ne restera jamais impuni et aura des conséquences même divines graves sur la politique du président El Béchir voire sur sa personne.

Le régime soudanais est en sérieuse difficulté politique aussi bien sur le plan national qu'international. Au sud du pays, le référendum de 2011 risque de conduire à une indépendance, les Etats-unis et Israel y veillent. Les élections législatives en cours sont déjà contestées et donc n'apporteront aucun crédit supplémentaire pour El Béchir. A l'Ouest, les rébellions du Darfour pilotées depuis le Tchad par la communauté internationale ont démontré qu'elles peuvent tonner les canons à Khartoum. Nous savons bien que le MJE est intact et exhibe même ses muscles pour réclamer des parts importantes du gâteau lors des prochaines négociations. Idriss Deby ne peut pas étouffer le MJE car cela equivaudrait à se mettre la corde au coup.

Le Soudan a dépensé énormément pour contrer le mandat d'arrêt international lancé par la cour pénale internationale(CPI) contre son président. Il a investi dans la rébellion tchadienne pour faire face à celle du Darfour. Or, il est à rappeler que les problèmes du Tchad ne sont pas forcement liés à ceux du Darfour. La preuve : Mahamat Nour Abdelkerim a existé avec le RDL depuis 1993 et un peu partout au Tchad d'autres rébellions armées ont existé sous Deby. La rébellion du Darfour a éclaté en 2003 tandis que la grande désertion de l'armée tchadienne a commencé à partir de septembre 2005.

C'est dire que soutien soudanais ou pas, la résistance nationale doit exister et continuer la lutte pour libérer le Tchad du joug de l'impérialisme incarné par le régime apatride de Deby. Dans le Tibesti, 12 ans après la création du MDJT, la résistance est toujours active. Donc ce n'est pas El Béchir qui va enterrer tous les sacrifices consentis par autant de Tchadiens pour voir se réaliser un jour un rêve à savoir vivre dans son pays en toute liberté. Alors chers leaders de la résistance nationale tchadienne ressaisissez-vous ! Il n'est jamais trop tard pour bien faire.
 

Tag(s) : #Ambénatna

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