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debytenu.jpgDans le landerneau politique de cette partie du monde, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe : le Tchad a refusé l’entrée sur son territoire au chef du plus puissant groupe rebelle du Darfour, Khalil Ibrahim, l’empêchant ainsi de rejoindre son mouvement dans la partie soudanaise ravagée par la guerre. Arrivé mercredi à N’Djamena à bord d’un vol libyen en provenance de Tripoli, le chef de la rébellion au Darfour a vu ses documents saisis avant d’être enjoint de faire demi-tour.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il existe à présent une entente cordiale entre Idriss Deby Itno et Omar El Béchir, sur le dos du rebelle Khalil Ibrahim et de son Mouvement pour la justice et l’égalité( MJE). Il y a seulement quelques mois, ce chef rebelle était tel un poisson dans l’eau à N’Djamena où il trouvait de grands soutiens.


Idriss ne manquait aucune occasion de le lui manifester en lui apportant armes, et vivres et argent, pour mener la vie dure à son ennemi Béchir Omar. Autant donc le n°1 tchadien passait pour être le principal sponsor de la rébellion soudanaise, autant, du côté de Khartoum, on ne ménageait pas non plus ses efforts pour apporter un soutien consistant aux rebelles tchadiens en lutte contre le régime d’Idriss Deby.


C’était ainsi dans cette partie déchirée par les conflits identitaires et où Tchadiens et Soudanais guerroyaient par rebelles interposés. Mais depuis un certain temps, les généraux Deby et El Béchir, qui se regardaient naguère en chiens de faïence, ont décidé de fumer le calumet de la paix au grand dam du MJE. Exit donc Khalil Ibrahim. Pour la petite histoire, disons que le MJE est composé essentiellement de Zaghawas : une ethnie à cheval entre le Tchad et le Soudan, à laquelle appartient également Idriss Deby.

 


 

Si le successeur de Hissène Habré a abandonné ses parents pour se rapprocher de Khartoum, c’est d’abord parce qu’il semble exténué de toujours devoir être sur le pied de guerre. D’ailleurs, du côté d’El Béchir, on n’ignore pas que la probable indépendance par référendum, l’année prochaine, du Sud-Soudan, qui est une éponge de pétrole, sera aussi difficile à gérer que la crise au Darfour.

C’est dire que des côtés tchadien et soudanais, on avait vraiment intérêt à sceller au moins un mariage de raison, surtout pour l’illustre inculpé de la CPI qui, après avoir été élu pour la première fois après un quart de siècle au pouvoir, entend désormais endosser un nouveau boubou blanc pour se faire une certaine respectabilité sur le plan international Mais cette nouvelle entente entre El Béchir et Déby pourra-t-elle un tant soit peu pacifier cette partie du monde ?

Rien n’est vraiment à exclure dans cette partie du monde où depuis, les différents acteurs nous ont fait voir des vertes et des pas mûres ; on se souvient que, dès le début, la crise du Darfour n’était autre qu’un petit conflit entre éleveurs et agriculteurs à la recherche d’eau et de pâturages, d’une part, et paysans protégeant leur champ, d’autre part.

C’est ce conflit qui, de nos jours, s’est transformé en véritable guerre civile. Une situation qui ne finit pas d’endeuiller les populations, provoquant ainsi l’une des plus graves catastrophes humanitaires de ce début du siècle avec, à la clé, des centaines de milliers de morts et autant de réfugiés. Un feu que tente difficilement d’éteindre notre compatriote le médiateur Djibrill Bassolet.


Boureima Diallo

Tag(s) : #Politique

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