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La situation en Cote d'Ivoire s'enlise chaque jour un peu plus. Les pressions administrées par la communauté internationales ont montré très rapidement leur limite. Ces mesures politico-économiques sont jusque-là l'oeuvre des pays occidentaux et américains. L'Afrique représentée dans ce dossier par l'Union Africaine et la CEDEAO hésite et ne s'exprime que par l'intermédiaire de la France, devenue de fait, le porte-parole de tous ces pays françafricains.

 

Si l'UE, les États-Unis, la Grande Bretagne et le Canada ont vite franchi le cap et sont passés à la vitesse supérieure en coupant le robinet de l'aide économique, en reconnaissant les Ambassadeurs désignés par Allassane Dramane Ouattara, en interdisant de séjour et gelant les avoirs des collaborateurs de Laurent Gbagbo, les pays africains quant à eux, restent hypocritement silencieux et manquent cruellement d'indépendance pour se prononcer librement sur ce litige post-électoral.


L'UA a dés le début de la crise dépêché son émissaire en la personne de l'ancien président Sud Africain Mister Tabo Mbeki. Ce dernier, constatant l'ampleur  du contentieux électoral, a très clairement recommandé à l'UA d'observer une neutralité afin de permettre un réexamen complet et approfondi des requêtes des deux camps. La France a pesé de tout son poids pour empêcher cette médiation, la déclassant même au profit de la CEDEAO devenue du coup plus importante que l'organisation panafricaine.

 

Erreur monumentale dans la mesure où la Cote d'Ivoire pèse lourd dans l'espace CEDEAO. Pratiquement tous ces pays françafricains ont des intérêts économiques importants en Cote d'Ivoire et se font service en cas de besoin. La pression exercée par la France va pourtant pousser l'organisation sous-régionale a prendre des mesures économiques et même menacer Laurent Gbagbo de représailles militaires. Que du poudre aux yeux ! Aucun pays de la CEDEAO n'osera envoyer ses troupes combattre en Cote d'ivoire au risque de mettre leurs ressortissants en danger. Le même risque existe pour la France qui tente en vain de rapatrier ses ressortissants d'abord avant toute aventure militaire.

 

Les deux déplacements effectués à Abidjan par les émissaires des Chefs d'Etat de la CEDEAO ont échoué. Les émissaires n'ont pu tenir un langage clair à Laurent Gbagbo, contrairement à ce que claironne RFI. En aparté, tout le monde s'accorde sur les difficultés réelles pour attester de la victoire transparente de Monsieur Ouattara. L'option militaire est tout simplement murmurée car une confrontation armée pour déloger Laurent Gbagbo est unanimement rejetée et serait même incertaine. Good Luck Johnatan, Président en exercice de la CEDEAO, a affirmé qu'il faut laisser le temps au temps pour trouver une solution à la crise ivoirienne.

 

Cependant, la proposition de Laurent Gbagbo qui consiste à recompter les voix et réexaminer les plaintes des deux camps gagne du terrain. De plus en plus des voix s'élèvent pour privilégier cette option plutôt que celle de la force militaire soutenue par la France. En Cote d'Ivoire, la population est acquise à la proposition de Gbagbo et demande à Ouattara de privilégier la paix en priorité. Ce que refuse ce dernier qui minimise le risque d'une guerre civile miroitée par son adversaire. Ouattara se débat avec le soutien des médias françafricains (RFI et France24) pour se défaire de l'étiquette d'un va-en-guerre que lui colle les partisans de Gbagbo.

Comptant fatalement sur des forces étrangères pour assoir son pouvoir virtuel, Ouattara a promis que « Laurent Gbagbo tombera comme un fruit pourri avant la fin de ce mois de janvier ». Pour l'instant, lui, Soro Guillaume et les 300 rebelles armés sont toujours sous embargo de FPI à l'hôtel du Gulf. Alors que le reste du pays a retrouvé son rythme normal. Même le nord ne s'agite pas, aucune manifestation de soutien à Ouattara n'a été observée dans cette partie acquise au candidat RDR. Alors d'où viendra le commando pour extraire Laurent Gbagbo du pouvoir ? Wait and see.

 

Tag(s) : #International

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