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Ces dernières années, nous avons tous assisté, impuissants, à la dégradation continuelle des mœurs, us et coutumes au Tchad. Les jeunes tout comme les moins jeunes, tous genres confondus, ont emprunté des chemins tortueux, diamétralement opposés de ceux de leurs parents ou de leurs ainés. La pauvreté pour certains, le gain de l’argent facile pour d’autres, ont poussé beaucoup de personnes à la débauche, à renier leur éducation en faisant fi des principes essentiels des valeurs tchadiennes, à hypothéquer leur honneur et dignité. Bien entendu, il y en a beaucoup qui résistent et gardent la tête haute avec toute la fierté requise.

Avec ce régime du MPS, on a tout vu. Il serait long ici d’essayer d’énumérer les méfaits induits sur notre société. Les tenants du pouvoir, en premier chef, le Président Idriss Deby Itno, ont étalé toutes leurs frasques indécentes sur la place publique. La contagion a fini par prendre, entrainant beaucoup dans cette errance diabolique. Aujourd’hui, le Tchad ressemble à un bateau sans capitaine en perdition. Comme ces candidats à l'immigration qui embarquent sur ces bateaux de fortunes et qui ne savent pas vraiment s'ils arriveront à destination vivants. On se demande comment faire pour se rattraper et surtout redresser la barre. La tâche paraît extrêmement lourde et très peu de bonnes volontés se manifestent pour cette noble cause.

Aux places mortuaires, il est maintenant fréquent d'entendre des éclats de rire émanant d'un groupe de personnes qui, très vite, passent aux commentaires des historiettes de la ville. On évoque tous les sujets sans aucun gène. Les exemples ne manquent pas. On a l'impression qu'un groupe d'individus crapules, sans éducation et sans vergogne, entraînent toute la masse laborieuse dans la pénombre comme un troupeau de moutons à l'abattoire.

La dernière bévue en date qui a retenu mon attention et qui est encore une fois l'oeuvre de nos chères autorités publiques, concerne la gestion des 2 jours de deuil national décrétés à la suite du décès du Général Kamougué.

Comme vous le savez, le Général Kamougué a rendu l'âme le jour même où la CENI s'appretait à annoncer les résultats de l'élection présidentielle du 25 avril 2011. La nouvelle étant tombée très tôt dans la matinée, nous avions sérieusement cru que la proclamation des résultats de cette élection présidentielle boycottée par le défunt seraient reportés à l'après période du deuil national. Car, en général, cette proclamation est accompagnée d'une liesse populaire, du moins pour les militants du candidat sorti victorieux et ses alliés. Ca ne pourrait pas être autrement, sinon comment concilier deuil national et liesse populaire ?

 

Eh bien que nenni ! Tout a continué comme si deuil national n'a pas été décreté au pays de Toumaï. Mieux, les barons du MPS : Mahamat Hissein, Adoum Younousmi, Idriss Ndélé Moussami, Assaïd Gamar Sileck, Haroun Kabadi, Nagoum, Annadif, Mme Marie thérèse Mbaïlemdana, Mme Mariam Djamous (malgré les remariages !), les fans de Haïga et Hinda, et les alliés avec comme icones Lol Mahamat Choua, Kassiré, Alingué et j'en passe... tout ce beau monde de la République (du Gondouana), bien habilé, maquillé ostatentoirement, parfumé de la tête aux pieds et tout souriant car assurés de la victoire au 1er tour de leur candidat, s'étaient donné rendez-vous pour une soirée électorale avec animation musicale et écran géant pour suivre les résultats proclamés par la CENI à la Télé-tchad. Vous dévinez bien l'ambiance festive, boissons-cakes-petits fourres à gogo, les portables derniers cri et leurs sonneries toutes aussi extravagantes mettant en concurrence Shakira, Nada el ghada ou le groupe "Dambodjoya", (plagistes récidivistes)  avec leur morceau "dougou bravo lé Deby". Nos autorités n'étaient visiblement pas en deuil et elles le montraient fort bien.

 

Entre temps, l'opposition qui a partagé les derniers jours du Général Kamougué est plus qu'affligée par cette disparition et la monstrueuse fraude électorale.

La place mortuaire, domicile du Général Kamougué, a connu un spectable indescriptible qui n'honore personne. La vingtaine d'enfants du défunt a tout simplement pillé les biens de la maison. Aujourd'hui au Tchad, les familles se déchirent sur l'héritage avant même le décès du chef de la famille. Quand ce dernier meurt, elles n'observent même pas le deuil et s'offrent en spectacle devant les nombreuses personnes venues pour les condoléances. La lutte se poursuit âprement au palais de justice ou à la grande mosquée de N'djaména où les familles s'opposent et se divisent pour longtemps. Cela est courant maintenant au Tchad et c'est tout simplement inqualifiable comme comportement.

Terminons par le silence assourdissant du président réélu Idriss Déby Itno, qui en élevant désormais son ancien opposant dans l’ordre national du Tchad à titre posthume, au grade de Grand officier, n’a fait aucune déclaration lors de ces hommages. Racune quand tu nous tiens ! 

Tag(s) : #Ambénatna

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