Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

diplomes.jpg
Le sacro-saint principe : « l'homme qu'il faut à la place qu'il faut » a longtemps été agité par nos gouvernants sans pour autant l'appliquer réellement. Aujourd'hui encore, à l'heure où la bonne gouvernance devient une exigence, certains régimes africains ne parviennent toujours pas à se surpasser pour profiter des diverses et multiples compétences nationales disponibles. La politique politicienne produit toujours ses effets néfastes et c'est le pays tout entier qui en pâtit dans tous les domaines.

Au Tchad, les nominations à des postes à responsabilités ne sont toujours pas sujettes au mérite lié à la compétence de l'individu. Si ce n'est pas une nomination à caractère politique, c'est par le biais des relations familiales ou amicales qu'on décroche un poste juteux.
Sur ce registre, nous avons vu de toutes les couleurs au pays d'Idriss Deby Itno. Certains jeunes tchadiens sont passés en moins de trois mois du statut de stagiaire à celui du Directeur général. D'autres ont été nommés Chef de service alors qu'ils s'activaient encore pour boucler leurs études universitaires. Il y a aussi ceux qui ont été formés dans une discipline et exercent dans un domaine complètement opposé. Par exemple, un dipômé en Géologie qui se retrouve au ministère des finances. Gravir les échelons est aujourd'hui chose démodée au Tchad. Ce qui fait que beaucoup grimpe très vite mais quand ils chutent, ils ne savent plus comment rebondir. Je vous fais économie du train de vie qui a été vité engagé par le jeune cadre. 

Autant dire que le service public tchadien est dans un état de putréfaction avancée. Cela donne de la nausée à toute personne qui nourrit si peu qu'il soit encore un sentiment de patriotisme.

L'Etat est le principal recruteur dans notre pays car le secteur privé reste encore embryonnaire mais déjà gangrené par le critère familial. Aussi, il ne suffit pas de posséder un quelconque diplôme (BTS, Licence, Master 2, Maîtrise, Doctorat…) pour prétendre occuper certaines fonctions importantes. Car diplôme et compétence ne riment toujours pas. Avoir le savoir est une chose mais savoir-faire et savoir-être en est une autre. Cela est d'autant plus important qu'il faille que les jeunes diplômés d'aujourd'hui le comprennent bien. L'expérience est fondamentale dans la consolidation des connaissances théoriques acquises durant des années d'études.

A ce sujet, le Burkina Faso vient d'expérimenter un système qui fera école dans nos pays. En effet, l'Etat burkinabé organise un concours pour désigner les directeurs généraux des grandes sociétés publiques et parapubliques. Ainsi, le gouvernement du Président Blaise Compaoré affiche sa volonté de jouer à fond la carte de la transparence et de l'équité. Aussi, il s'assure d'un minimum de bonne gestion des affaires, chose indispensable en ces temps difficiles. Tout citoyen Burkinabé, quel que soit sa coloration politique, se voit ainsi offert l'opportunité de postuler à une direction générale d'une grande société d'Etat, si bien sur il a les compétences requises.

Notre pays est évidemment encore loin d'une telle performance. Le challenge pour nous actuellement est la réorganisation du service public qui passe par la maîtrise de ses effectifs pléthoriques, le respect des horaires de travail et le contrôle des dépenses budgetaires. Mais même pour cela, il faut une volonté politique qui fait la promotion de l'excellence et du mérite. Or, la devise du régime Deby est justement la promotion des médiocres. Toutefois, ce changement arrivera et les jeunes doivent d'ores et déjà se préparer à cette éventualité : la compétence avant tout.


Par Zara Souad
Etudiante en Comptabilité
Ouagadougou - Burkina Faso

Tag(s) : #Ambénatna

Partager cet article

Repost 0