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PhotoIDI.jpgLe président soudanais, Omar Hassan al Bachir, a annoncé samedi la signature par son gouvernement d'un accord avec les rebelles darfouris du Mouvement justice et égalité (JEM) et il a assuré que cet accord contribuerait à résoudre le conflit du Darfour.

"Aujourd'hui, nous avons signé à N'Djamena un accord entre le gouvernement et le JEM et à N'Djamena, nous cicatrisons la guerre du Darfour", a dit Bachir dans une allocution à la télévision publique soudanaise.

Il n'a pas donné de précisions, mais des délégués du JEM dans la capitale tchadienne s'étaient peu auparavant déclarés prêts à signer un "accord cadre" qui, à défaut d'être un accord de paix, jetterait les bases de futurs pourparlers de paix.
Bachir a ajouté qu'il annulerait les peines de mort prononcée contre des membres du JEM détenus par les autorités soudanaises et qu'il en relâcherait immédiatement 30%.

Plus de 100 hommes ont été condamnés à mort après avoir été reconnus coupables d'avoir participé en 2008 à une offensive du JEM contre la capitale soudanaise.
Khartoum a signé plusieurs cessez-le-feu depuis le début du conflit, il y a sept ans, mais certains n'ont pas tenu plus de quelques jours et la méfiance entre les parties au conflit reste profonde.

Des discussions entre le JEM et Khartoum, organisées au Qatar, piétinent depuis des mois.
Mais des contacts entre les deux parties se sont intensifiés ces derniers jours, rapportent certains experts, sur fond d'amélioration des relations entre le Soudan et le Tchad.

RAPPROCHEMENT TCHAD-SOUDAN

Au début du mois, à l'occasion d'une visite inopinée du président tchadien à Khartoum, le Soudan et le Tchad ont décidé d'enterrer la hache de guerre et de cesser de soutenir leurs rébellions respectives.
La réconciliation entre les deux pays était considérée comme essentielle à un règlement du conflit du Darfour.

Le président tchadien Idriss Déby entretient des liens ethniques avec les dirigeants du JEM et il a souvent été accusé de soutenir le mouvement darfouri.
Le JEM et les rebelles darfouris de l'Armée de libération du Soudan (SLA), pour la plupart non arabes, ont pris les armes en 2003 en accusant le gouvernement de Khartoum de négliger la région.

Abdel Wahed Mohamed el-Nour, fondateur de la SLA, qui jouit d'un fort soutien au sein des populations déplacées de la région, refuse de discuter avec Khartoum et exige que les violences cessent avant de négocier.
Les autorités soudanaises ont eu recours principalement à des milices pour tenter d'écraser la révolte dans le sang. Washington et des ONG ont parlé de génocide, une accusation rejetée par Khartoum.

Le président soudanais est inculpé de crimes de guerre au Darfour par la Cour pénale internationale et fait l'objet d'un mandat d'arrêt international.

L'accord annoncé à Khartoum intervient deux mois avant les premières élections démocratiques depuis 24 ans au Soudan, au cours desquelles Bachir sera candidat à sa propre succession.

Tag(s) : #Politique

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