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Détournement de fonds publics


Le détournement de fonds est l'appropriation frauduleuse de biens par quelqu'un pour son propre intérêt à qui l'on avait fait confiance pour gérer l'argent et les fonds détenus par un autre individu ou par une organisation tiers.

Le détournement de fonds publics est l'opération illégale qui consiste à utiliser des sommes appartenant à la collectivité à des fins autres que le bien public.

Les auteurs de tels détournements sont passibles de peines de plusieurs années d'emprisonnement ferme et d'amendes financières relatives aux sommes détournées.




Le régime Deby se réveille brutalement ces derniers jours. Mais rassurez-vous, ce n'est pas pour abandonner ses vieilles pratiques mafieuses baptismales mais plutôt pour essayer de stopper l'hémorragie qui inonde le pays tout entier et risque à très court terme d'engloutir le royaume des Itno.

En effet, l'argent se fait rare au pays de Deby de boisson, la très grande majorité des Tchadiens vivotent et tirent quotidiennement le diable par la queue pour joindre les deux bouts. Au même moment, le clan présidentiel et ses affidés, surnommées les rats de la République par l'homme de la rue, se pavoisent tranquillement et continuent de stocker des fortunes immenses dans des paradis fiscaux éparpillés un peu partout à travers le globe. Il y va des comptes bancaires à multiples prête nom mais aussi des biens immobiliers (villas, appartements, terrains, ...), de l'or et pour les plus entreprenants, des commerces et des actions dans des grandes firmes américaines, européennes et arabes. A Houstone, Tom Erdimi est une parfaite illustration de ce scandale politico-financier sans commune comparaison au Tchad et en Afrique.

Pour mieux comprendre les arrestations de ces derniers jours, revenons un peu sur la dernière visite « privée » à Paris du Président Tchadien, Deby de boisson, pour vous signaler que son homologue Français, le Président Nicolas Sarkozy, en a profité pour lui placer sous le nez une liste exhaustive contenant nom et prénoms, numéros de compte bancaire, montant, traces des différentes transactions...etc.

Idriss Deby n'en croyait pas à ses yeux. Inutile de vous dire que tout le petit beau monde de N'djaména y est et se bouscule pour le classement de top 100. Sarko, ironisant, a tenu à rassurer Deby de boisson, que ce listing n'est pas une nième oeuvre du fameux général Rondo de l'affaire clearstream. Deby, semble t-il, aurait eu la surprise de sa vie de voir parmi les grands rats de la République, des personnes qu'il croyait modestement riches car ces dernières continuent encore de lui soutirer régulièrement des sous pour x ou y raisons.


Deby de boisson n'a donc vu que du feu, il se retrouve désormais face à un véritable dilemme. Que faire quand tous les piliers de son régime sont trempés jusqu'aux oreilles dans des malversations ? Comment rompre avec des vieilles habitudes fortement imprégnées de trafic de devises et de la fausse monnaie, de blanchiment d'argents sales, de trafic de la drogue dure, de détournement des fonds publics, de l'accaparement des marchés publics, d'abus de biens sociaux, d'enrichissement illicite, de la confiscation arbitraire des biens d'autrui, des pillages et autres butins ramassés après agressions ou assassinats de paisibles citoyens, et j'en passe.

En Afrique, le Tchad ne fait pas exception, on imite souvent le chef dans sa conduite et sa tenue. Si le chef est travailleur, intelligent, ordonné, soigné, rigoureux, respectueux de sa personne et des valeurs morales et civiques, ses collaborateurs seront les premiers à suivre ses exemples et les autres s'y mettront sans tarder. Mais s'il s'avère que le chef est un paresseux notoire, un médiocre hors pair, désordonné, pervers, incivique, agit avec légèreté et sans vergogne, insouciant, ivrogne, ...ect., il attirera autour de sa personne tous les bandits que la République peut compter et inculquera une pratique qui fera la promotion de la médiocrité, de la perversion, de l'insécurité et de l'impunité. Un Etat voyou qui vire à un Etat néant. C'est bien le cas du Tchad d'Idriss Deby Itno.

Idriss Deby Itno est le premier corrupteur et corrompu Tchadien. N'a t-il pas décroché haut la main à deux reprises le palme d'or du pays le plus corrompu du monde ? A ce titre, une comparaison contrastante entre lui et Kaltouma Nadjina s'impose. Cette dernière, très courageusement travaille dure et gagne triomphalement des médailles d'or à la sueur de son front. Quant à Deby, très consciencieusement se livre à des pratiques répugnantes et répréhensibles. De tout temps, Deby a corrompu pour consolider son pouvoir. Il a passé tout son temps à gaver les militaires avec de l'argent liquide, à distribuer des voitures 4x4, de terrains et des grades fantaisistes. Même de simples vendeurs de bétails sont devenus du jour au lendemain généraux de l'armée. Puis ce fut le tour des différentes communautés qui ont été systématiquement montées les unes contre les autres, volant en éclat toutes ententes et accords coutumiers ancestraux. Les partis politiques n'ont pas été priés pour se joindre à la soupe. Les plus récalcitrants ont été vaincus par la pauvreté et c'est le cas de Monsieur Alingué Baoyeu qui vivait dans l'obscurité totale car ne pouvant honorer ses factures d'électricité. D'autres en revanche tienne encore le cap mais pour combien de temps.

Mêmes les institutions internationales, les représentations diplomatiques, les officiers de l'armée française, les médias nationaux et occidentaux, la société civile tchadienne et les Ong internationales ont été entraînés dans la merde des Itno. C'est la diplomatie du chèque, je vous gave et vous me foutez la paix. Exactement comme l'a fait feu l'emir du Gabon, Hadj Oumar Bongo Odimba et aussi le fou du Syrte le Colonel Khadafi.

Mais Deby de boisson en a fait pire, malgré les maigres moyens de l'Etat tchadien. L'armée nationale tchadienne (ANT) a été envoyée en RDC en 1998 pour soutenir Laurent Désiré Kabila mis en difficulté par la rébellion. 14 milliards de F Cfa dont une partie payée en diamants. Ce fut la même chose au Congo avec Sassou Nguesso, en Centrafrique pour installer François Bozizé, au Togo pour sécuriser Ayédema...ect. Tout a été facturé. Deby et ses marchands de la mort (Hassane Fadoul Kitir entre autres) se sont partagés à chaque fois le pactole.

Mais Idriss Deby est dans toutes les sauces, incontournable comme le cube Maggi pour la ménagère. Essayons de nous rappeler furtivement de quelques cas :


Avec
Pierre Tokinon, ils avaient bazardé l'arsenal militaire des FANT, vendu à un vil prix aux Angolais, Libanais, Togolais. Précisons que l'armée française avait pillé les magasins du MB et ceux de la poudrière lors de la chute du régime de la 3ème République.

Avec
Adoum Togoï
, ils avaient nettoyé le désert tchadien des carcasses des chars et de véhicules de l'armée libyenne, preuves matérielles de sa débâcle face aux FANT d'Hissein Habré. Même les douilles et les éclats d'obus ont été ramassés, remplis dans des sacs et vendus aux Libyens.

Avec
Mahamat Saleh Annadif
, alors ministre des affaires étrangères, ils se sont partagés de l'essentiel des fonds Taïwanais. Qui ignore que Annadif dispose d'importantes affaires en Angola et au Burkina ?

Avec
Mahamat ahmat Al Habo et Abakar Abdelamit (décédé à Bamako en 2000)
, ils avaient démantelé le projet éducation dès les premières heures du régime MPS. Les conséquences de cet acte sont aujourd'hui lourdement supportées par la jeunesse tchadienne.

Avec
Hassane(Tom) et Hissein(Timane) Erdimi, ils ont mis à genou la Cotoncthad, la Sonasut (actuel CST), l'OFNAR(actuel SNER), l'ONPVH, la STAR nationale, toutes les directions financières sont systématiquement quadrillées et pillées par le clan zaghawa au pouvoir. Puis vint le projet pétrolier où Tom Erdimi a fait preuve d'une gloutonnerie à inscrire dans le livre des Guinness.

Avec
Adoum Younousmi et Mahamat Rozi
, ils détournent des milliards dans l'achat d'hélicoptères, bombardiers, munitions et autres matériels de guerre.

Et on peut continuer à énumérer des forfaits pareils jusqu'à remplir notre disque dur. Car durant 19 ans Deby et ses siens détournent au quotidien l'argent du contribuable tchadien. Aujourd'hui, avec l'ère pétrolière, les appétits sont quintuplés. Tout le monde retrousse les manches et redouble d'imaginations pour mieux voler. Certains révolutionnaires ont mis en veilleuse leur orgueil et dignité pour ne pas rater la grande bouffe qui a déjà commencé. Et c'est justement contre ce festin qu'aujourd'hui Deby de boisson s'élève pour s'opposer à cette vague déferlante qui risque d'entraîner très loin le Tchad si ce n'est déjà fait, mais comme disait Jon Kabat-Zinn : "On ne peut arrêter les vagues mais on peut apprendre à surfer". C'est à méditer.

Tag(s) : #Le Mot de la semaine

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