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CORRUPTION

La corruption est un fléau qui accable la majorité des pays du monde mais qui est particulièrement présente en Afrique où elle fait des ravages considérables. Cet article essaie de définir cette corruption à l’africaine, ses principales manifestations et les moyens qui sont mobilisés pour réduire ses effets.

 




Il existe de multiples définitions de la corruption mais, expliquée très simplement, la notion se réfère à l’obtention de services indus par le biais d’un abus de pouvoir ou par le versement de pots-de-vin. Elle est généralement réprimée par les lois pénales, tant que son mécanisme est apparent, mais elle échappe souvent à toutes poursuites puisque les appareils judiciaires des pays où elle sévit sont généralement eux-mêmes victimes de la corruption. La corruption existe depuis la nuit des temps, sous des formes diverses, mais certains pays, dont la Finlande et la Norvège, considérés comme les pays les plus intègres de la planète, ont réussi à l’endiguer. Ce n’est pas le cas des pays africains qui la vivent au quotidien et où elle est entrée dans les coutumes de la population. Si au départ, la corruption avait simplement revêtu la forme de troc, un service rendu contre un bien matériel ou une somme d’argent, elle se présente aujourd’hui sous diverses formes parfois difficiles à détecter. Cette situation rend la lutte menée contre elle par les différentes autorités bien plus difficile qu’auparavant.

Les différentes manifestations de la corruption en Afrique

La corruption en Afrique touche de nombreux domaines et compte de nombreux degrés d'intervention. Le secteur le plus touché est toutefois celui de l'Administration publique où elle s'exerce à tous les échelons. Elle est par exemple utilisée par les entreprises privées proches du pouvoir en place pour s'arroger la quasi-totalité des marchés publics, tuant dans l'oeuf la transparence et l'équité nécessaires à la bonne gestion des fonds publics, elle est aussi utilisée pour évoluer dans la hiérarchie de la fonction publique et les personnes compétentes sont ainsi écartées des affaires publiques et remplacées par des personnes à l'influance certaine. La corruption a cours dans le moindre petit bureau administratif et il n'est pas rare que les citoyens paient un pot-de-vin pour obtenir un titre foncier ou une carte d'identité nationale plus rapidement. Dans un certain sens, la lenteur légendaire de l'Administration africaine a favorisé l'expansion de la corruption. Néanmoins, l'inverse est également valable car le développement de la corruption a habitué les fonctionnaires au gain facile et voue tout effort de mise en place de l'intégrité à l'échec.


La corruption a même cours dans les milieux scolaires et universitaires car beaucoup d’étudiants africains achètent leurs diplômes au lieu de fournir les efforts nécessaires à leur réussite. Les professeurs, mal rémunérés par l’Etat, y voient un moyen pour arrondir leurs fins de mois et n’hésitent pas à cautionner ces pratiques hautement répréhensibles sous d’autres cieux. Les exemples de manifestations de la corruption ne manquent pas : payer une infirmière pour avoir une chambre d’hôpital décente, pratiquer l’évasion fiscale en graissant la patte des fonctionnaires concernés, importer un bien sans s’acquitter des droits de douane, etc. La pratique généralisée de la corruption entraîne la perte de crédibilité des appareils étatiques et des fonctionnaires en général, un manque à gagner phénoménal (recettes fiscales et douanières manquantes, etc.) pour l’Etat, une mauvaise exécution des travaux publics issus de marchés conclus de gré à gré, et donc une faible longévité des infrastructures publiques. Les détournements de fonds nationaux et internationaux sont légion et l’aide internationale octroyée par les bailleurs de fonds (FMI, Banque Mondiale, BAD, etc.) tombe souvent dans les poches de dirigeants véreux et de leurs acolytes. Il n’est pas étonnant que l’Afrique n’ait jamais pu sortir du marasme dans lequel elle est tombée au lendemain de la décolonisation.

Les moyens de lutte contre la corruption en Afrique

Avec l’appui des instances et organisations internationales comme Transparency International, les pays africains ont mis en place des initiatives destinées à réduire les méfaits de la corruption. Des bureaux anti-corruption, sortes de cours indépendantes dévolues à la traque et à la poursuite des corrupteurs, ont été créés de nouvelles procédures abondant dans le sens de la transparence totale des affaires publiques ont été instaurées et la répression de la corruption en général s’est voulue plus sévère. Les parlementaires et les titulaires de mandats électifs de nombreux pays ont été astreints à présenter publiquement le bilan de leurs avoirs personnels, donnant ainsi au peuple l’occasion de contrôler indirectement ses élus. Bien que ces tentatives de lutte contre la corruption soient plus ou moins efficaces, il est certain que cette pratique ne disparaîtra du continent africain que si la mentalité de la population elle-même change radicalement. L’Indice de Perception de la Corruption (IPC) publié annuellement par Transparency International ne ment pas : les pays africains sont encore loin d’atteindre l’idéal d’intégrité auquel ils aspirent. L’amélioration de l’éducation de la population est aujourd’hui considérée comme la meilleure piste pour éradiquer le fléau de la corruption.

Source : www.pagetronic.com

Tag(s) : #Le Mot de la semaine

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