CORRUPTION
La corruption en Afrique touche de nombreux domaines et compte de nombreux degrés
d'intervention. Le secteur le plus touché est toutefois celui de l'Administration publique où elle s'exerce à tous les échelons. Elle est par exemple utilisée par les entreprises privées proches
du pouvoir en place pour s'arroger la quasi-totalité des marchés publics, tuant dans l'oeuf la transparence et l'équité nécessaires à la bonne gestion des fonds publics, elle est aussi utilisée
pour évoluer dans la hiérarchie de la fonction publique et les personnes compétentes sont ainsi écartées des affaires publiques et remplacées par des personnes à l'influance certaine. La
corruption a cours dans le moindre petit bureau administratif et il n'est pas rare que les citoyens paient un pot-de-vin pour obtenir un titre foncier ou une carte d'identité nationale plus
rapidement. Dans un certain sens, la lenteur légendaire de l'Administration africaine a favorisé l'expansion de la corruption. Néanmoins, l'inverse est également valable car le développement de
la corruption a habitué les fonctionnaires au gain facile et voue tout effort de mise en place de l'intégrité à l'échec.
La corruption a même cours dans les milieux scolaires et universitaires car
beaucoup d’étudiants africains achètent leurs diplômes au lieu de fournir les efforts nécessaires à leur réussite. Les professeurs, mal rémunérés par l’Etat, y voient un moyen pour arrondir leurs
fins de mois et n’hésitent pas à cautionner ces pratiques hautement répréhensibles sous d’autres cieux. Les exemples de manifestations de la corruption ne manquent pas : payer une infirmière pour
avoir une chambre d’hôpital décente, pratiquer l’évasion fiscale en graissant la patte des fonctionnaires concernés, importer un bien sans s’acquitter des droits de douane, etc. La pratique
généralisée de la corruption entraîne la perte de crédibilité des appareils étatiques et des fonctionnaires en général, un manque à gagner phénoménal (recettes fiscales et douanières manquantes,
etc.) pour l’Etat, une mauvaise exécution des travaux publics issus de marchés conclus de gré à gré, et donc une faible longévité des infrastructures publiques. Les détournements de fonds
nationaux et internationaux sont légion et l’aide internationale octroyée par les bailleurs de fonds (FMI, Banque Mondiale, BAD, etc.) tombe souvent dans les poches de dirigeants véreux et de
leurs acolytes. Il n’est pas étonnant que l’Afrique n’ait jamais pu sortir du marasme dans lequel elle est tombée au lendemain de la décolonisation.
Les moyens de lutte contre la corruption en
Afrique
Avec l’appui des instances et organisations internationales comme Transparency International, les pays africains
ont mis en place des initiatives destinées à réduire les méfaits de la corruption. Des bureaux anti-corruption, sortes de cours indépendantes dévolues à la traque et à la poursuite des
corrupteurs, ont été créés de nouvelles procédures abondant dans le sens de la transparence totale des affaires publiques ont été instaurées et la répression de la corruption en général s’est
voulue plus sévère. Les parlementaires et les titulaires de mandats électifs de nombreux pays ont été astreints à présenter publiquement le bilan de leurs avoirs personnels, donnant ainsi au
peuple l’occasion de contrôler indirectement ses élus. Bien que ces tentatives de lutte contre la corruption soient plus ou moins efficaces, il est certain que cette pratique ne disparaîtra du
continent africain que si la mentalité de la population elle-même change radicalement. L’Indice de Perception de la Corruption (IPC) publié annuellement par Transparency International ne ment pas
: les pays africains sont encore loin d’atteindre l’idéal d’intégrité auquel ils aspirent. L’amélioration de l’éducation de la population est aujourd’hui considérée comme la meilleure piste pour
éradiquer le fléau de la corruption.
Source : www.pagetronic.com