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Jamais dans l’histoire de la diplomatie tchadienne, un ambassadeur n’a agi de la façon dont celui du Tchad en Suisse agit en permanence contre ses propres compatriotes dont il est censé les représenter. Ses différents mépris, agissements discriminatoires et honteux envers ses propres compatriotes constituent des actes très graves dans l’humiliation de la mémoire collective tchadienne. Je fustige cette attitude qui ne milite pas à faciliter la cohésion de ses compatriotes qui existait pour le cas de la Suisse avant l'ouverture de la mission diplomatique. Bien sûr qu'il existe des tares qui minent la diplomatie tchadienne depuis de nombreuses années. Je suis d'avis avec mon compatriote Talha Mahamat de la tenue d'une conférence des ambassadeurs du Tchad pour assainir l'appareil diplomatique, sensibiliser le gouvernement et les institutions de la République sur le manquement et le rôle de la diplomatie, la nécessité de la doter des moyens appropriés ainsi que la promotion des talents et de la gestion participative.

Cependant, une ambassade est la vitrine de l’État qu’elle représente. Cette définition élémentaire semble échapper à notre représentant en Suisse. Et chacune des attitudes de l’ambassadeur servira de référence pour juger son pays et ses compatriotes. C’est donc une lourde responsabilité qui ne s’assume que par des personnes réunissant une série de qualités : sens de l’écoute, du dialogue, de la conciliation, connaissances politiques, juridiques, historiques, économiques, culturels, sens de la sagesse en cas de divergences pour rapprocher les points de vue, sens du respect, de la tolérance et du vivre ensemble. 

Certes, l'ambassadeur n'est pas seul à devoir maîtriser ces vertus. La diplomatie est plurielle. Mais il doit être le rassembleur, l'éclaireur, le guide, bref, la cheville ouvrière d'une ambassade. Un aveugle ne peut conduire une voiture, si non le risque de provoquer un accident très grave est certain. Un ambassadeur tchadien doit représenter la vocation du Tchad, de son peuple et de sa politique. Sinon, il ne peut plus être crédible pour représenter son pays qui se veut par ailleurs tolérant, ouvert et respectueux des valeurs professionnelles, religieuses et humaines. Et les discours des leaders religieux tchadiens et du président du Tchad ces derniers jours montrent bien que c’est cette voie de rassemblement, d’inclusion, de justice, de l’entente, de l’unité, de paix, de réconciliation qu’il faudrait désormais emprunter pour faire avancer le pays.

En dehors des tâches qui incombent à sa fonction, un ambassadeur ne peut se dérober à l'obligation qui lui incombe d'être prioritairement au service de son pays, de ses compatriotes avant de penser à ses intérêts personnels. Malheureusement, on constate aujourd'hui que la courbe est inversée, les intérêts personnels priment sur les intérêts collectifs. La contribution positive de son excellence doit se situer dans la perspective de renforcer les dynamiques citoyennes allant dans le sens de l'intérêt général. Il faut fédérer toutes les forces afin de conforter l'élan unitaire pour le bien être du Tchad. Il ne faut pas faire fi des réalités cosmopolites des tchadiens de Suisse. L'ambassadeur gagnerait plutôt de se ressaisir pour ne pas faire mauvaise presse dans l'opinion. Nul n'est sensé ignoré la fierté du tchadien, surtout quand il est touché dans sa dignité. En guise des suggestions, je recommanderais simplement à l'ambassadeur d'écouter ses collaborateurs, ses compatriotes, à défaut, demander conseils à ses collègues dont certains étaient des ministres, voire des ministres des affaires étrangères pour mieux l'aider dans ses prises des décisions. Ce faisant, il éviterait certains écueils inutiles.  Gratuitement.


Mahamat Abdallah

Tag(s) : #Ambénatna
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