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Durant ma courte visite de 3 mois au Tchad (Fin Novembre - fin Février) j'ai eu l'occasion de poser à certains camarades, amis et connaissances (de grands intellectuels certainement) les question suivantes : Pourquoi la majorité des élèves tchadiens a bcp des lacunes sur plusieurs matières ? Pourquoi, même ceux qui ont choisi la littérature (Première L et Terminal A), sont ils très faibles en langue de Molière ? Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi ...? Bref, chacun m'a avancé quelques causes de l'insuccès scolaire. Elles sont bcp. Mais j'ai résumé en 3 causes principales et c'est avec honneur que je vous relate ici dans cette petite lettre.

 

- La première, excusez-moi de généraliser, c'est le fait que les élèves d'aujourd'hui ne veulent rien savoir de l'école. Ceux-ci pensent trop a' obtenir des satisfactions immédiates: Belles voitures, 2 ou 3 femmes, un mari riche (pour les petites filles), un bon boulot, bcp d'argent et tous ca vite, vite et vite. Bref, le Monde virtuel les attire davantage.

- La deuxième, c'est l'engagement tiède de la majorité d'enseignants voire l'incompétence de certains enseignants (Sans une bonne formation ou pédagogie).

- La troisième et la plus flagrante cause c'est le système éducatif comme tel. En effet, il n'y a pas eu une bonne reforme depuis longtemps. Le système actuel (vieux du début de l'indépendance) est lourd, archaïque et de surcroit inefficace.

 

Bon, qu'est ce qu'il faut faire ? Réponse : Pour la première cause (concernant la motivation de l'élève) il va falloir faire la promotion de plus de discipline dans les écoles tchadiennes. Pour la deuxième cause, on devra formuler des solutions qui graviteront autour d'une formation accrue. Finalement, pour la troisieme et grande cause il faudra se rabattre sur les éléments structurels a' modifier. Mais attention, ces solutions citées ci-dessus ne sont pas faciles a' les trouver ou réaliser. Mais quand même on ne va pas baisser les bras!

Une petite parenthèse : Pourquoi le Monde Virtuel attire nos enfants ou petits frères qui sont encore a' l'école ? Cette question me pousse a' penser au propos d'un savant qui disait: " La vie nourrit, l'environnement forme et les influences font le reste ". A Ndjamena, les responsables tchadiens (je dis bien pas tout le monde), la plupart de ces derniers ne se comportent pas bien. Ils gâtent les élèves. Le week-end, des hommes mariés, des DG et certains ministres invitent de petites filles pour s'amuser. Il y'a des groupes organisés qui se retrouvent le Vendredi, Samedi et Dimanche pour organiser des soirées arrosés dans le seul but de boire de l'alcool du matin au soir etc... C'est cette mauvaise image qui dégrade le niveau de plusieurs élèves tchadiens. Je sais que, en tant qu’un simple Ministre, vous ne pouvez rien contre ces gens. Mais donnez des cours de Civisme a’ l’école, ca aide bcp mieux.


Commençons par l’influence. A la hauteur de l’élève, le diagnostic est un peu plus complexe. Avant de commencer a’ réfléchir par lui-même, l’élève tchadien, pardon tout élève ou jeune, est influencé par les modèles, les modes et les comportements sociaux qui l’entourent. Lorsqu’il devient capable de jugement; il s’engage et se sent davantage responsable de la construction de son avenir. Retenons, par contre, une chose : Avant que l’élève devienne autonome, il a besoin de Civisme et des conseils. Ceci me rappelle quand j’étais en classe de 4ieme. Nous aimions bcp le cours de Civisme donné par le professeur Gamarga Bakoumi (journaliste sur l’Antenne de radio d’Abéché). Ce qui était bien chez ce grand Monsieur, il nous donnait bcp des conseils gratuits. A prendre ou a’ laisser bien sur.

 

A la hauteur de l’institution d’enseignement, une communauté éducative qui se fait dicter par une bureaucratie comment penser, comment réaliser et comment évaluer son action auprès des élèves en vient a’ perdre de vue l’ensemble de toutes les actions qui peuvent concourir a’ ce que l’élève apprenne a’ maitriser les savoirs : savoir être et le savoir-faire. Ainsi l’énergie des acteurs éducatifs (les enseignants) se disperse au gré des modes bureaucratiques, si bien intentionnés soient-elles!

 

Pour ce qui est de notre système lourd, archaïque, démodé et inefficace il faut une reforme générale. Au XXIeme siècle, on ne peut pas toujours garder une reforme de l’époque coloniale. Une reforme qui comporte plusieurs failles. Une reforme qui a été créée par les colons pour peut-être saquer l’élève africain en général et tchadien en particulier (a’ apprendre convenablement). Sinon comment comprendre qu’un bachelier de Série A (série littéraire) n’est pas capable de rédiger une bonne demande ou une belle lettre? Pire encore certains de ces derniers ne sont même pas en mesure de s’exprimer assez bien !

 

Avant que j’oublie, aura-t-on le courage de revoir toute la reforme pour pouvoir se diriger vers une nouvelle école, celle qui ne produira certes pas des miracles mais qui saura mettre toute sa créativité a’ répondre au besoin de développement de l’élève, forte d’un futur rapatriement de son processus décisionnel et des marges de manœuvre effectives ?

 

Pour terminer, nous avons passé 13, 14 ou 15 ans d’études dans ce système pourris en nous faisant croire les bonnes choses. Saurons nous cette fois, avec l’ère du pétrole, donner une réelle chance a’ nos enfants, petits frères et sœurs encore élèves? Pour ma part, je pense sincèrement que le Tchad pétrolier d’aujourd’hui a la capacité de mieux répondre aux besoins de développement de l’élève tchadien. Il suffit que les responsables (ministres, DG, secrétaires et consorts) soient responsables !

Je vous prie d’agréer, Mr. Le Ministre, l’expression de ma considération distinguée.

 

Fraternellement,
Mahadjir.Fils
Amérique du Nord.

Tag(s) : #Ambénatna

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