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Idriss Deby Itno a finalement choisi la ville de Moussoro pour célébrer l’aïd el Kebir, la rumeur l’annonçait plutôt à Amdjarass où une bonne franche de sa communauté militaro-politico-mafieuse s’y retrouvait depuis plusieurs semaines pour débattre des nouvelles donnes politico-ethniques qui tourmentent le pouvoir Zaghawa. Mais le chef de l’Etat a dû repartir pour Moussoro, la 3ème fois en moins d’un mois. Pour faire quoi ? Qu’est ce qui fait tant courir Deby vers Moussoro ? Qu'attend t-il en retour ?

Les informations officielles ne précisent rien de concret, outre la passation de services entre les différents responsables de l’armée de terre fraîchement nommés. Au-delà de cette cérémonie militaire organisée au centre d'instruction de Moussoro, ce sont des spéculations politiques entretenues sur des bases purement ethniques et des marchandages financiers qui priment sur ces rencontres informelles dont l’objectif final est de consolider les alliances avec la dictature. Deby cherche ostentatoirement à raviver des soutiens auprès des différentes communautés ethniques du pays.

Tirant sur la fibre ethnique, Idriss Deby se présente tour à tour à ces différents groupes ethniques en un lointain parent égaré voire même en fils à adopter, oubliant de facto toutes ses responsabilités et obligations de président de la République dans les nombreux problèmes auxquels sont confrontés les populations locales.

L’éventuel d’un soulèvement populaire voire d’une nième rébellion armée contre son régime tyrannique est bien réel et cela hante sérieusement le sommeil du roi fainéant
. Cependant, on ne peut pas dire véritablement qu’il y a de l’électricité dans ses relations avec les Krédas de Moussoro. Car aujourd'hui, nous sommes bien loin du temps où cette même communauté publiait des lettres ouvertes dans les journaux locaux et sur Internet pour dénoncer le harcélement quotidien et le viol repété de leurs filles et épouses par les Zaghawas. Entre temps, beaucoup d’eau a coulé dans le Barh el gazal et a permis de nettoyer beaucoup de choses même si rien n'est oublié. Néanmoins, les tchadiens constatent avec beaucoup d'amertumes que les gros bonnets de la communauté Kréda, essentiellment des commerçants véreux (ils ne paient ni taxes, ni impôts, excellent dans la corruption), sont devenus des sous-traitants des Zaghawas qui font main basse sur toute l’économie tchadienne depuis deux decennies. Une complicité active, patente et déconcertante aux allures d'un crime économique. Evidemment cela n’honore pas les Krédas et ne présage non plus rien de positif dans l’avenir. L’argent mal acquis ne profite jamais. Parions que les jeunes Krédas que Deby compte utiliser comme mercenaires refuseront ce rôle et lui cracheront au visage.

Si aujourd’hui Deby fait cette cour assidue aux différentes communautés ethniques du pays, c’est tout simplement pour tenter d'une part de désamorcer un soulévement populaire (armé) inévitable et d'autre part se barricader contre une éventuelle destitution par sa propre petite et toute puissante communauté ethnique. En effet, Deby n'est plus le maître absolu des Zaghawas. Timane Deby et son cousin direct le chef du MJE, le Dr. Khalil Ibrahim, font chanter le Président de la République du Tchad qui paie chèrement sa trahison envers ses deux hommes.

Deby aurait déjà beaucoup cédé mais l'assassinat du "prince héritier", fils de l'ex-sultan Timane Deby, a empiré la situation déjà explosive. On croit savoir que les frères Erdimi seraient également de plein pied dans la danse et concottent mille et une stratégies pour avoir la peau de Deby. Du coup ce dernier voit le danger partout d'où cette cure au niveau des forces de sécurité et des services de renseignements généraux. Le Président a ainsi nommé le 27 octobre 2011 son propre fils le Colonel Mahamat Idriss Deby au poste de Commandant de la garde du palais présidentiel (voir le décret sur le site de la présidence). Plusieurs faits montrent clairement qu'on court vers une revolution de palais qui verra la destitution d'Idriss Deby par son propre clan. Les prières, ôh combien sincères du Président à Moussoro risquent d'être vaines...

 

A suivre.   

 

 

 

Tag(s) : #Ambénatna

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