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sarkophone.jpgDepuis quelques jours, des informations font état d’une tension grandissante entre le Président français Nicolas Sarkozy et son homologue tchadien Idriss Deby Itno. La cause de la brouille entre les deux hommes serait en toute vraisemblance la crise libyenne.


Idriss Deby Itno est pratiquement le seul Président Tchadien à n’avoir pas eu de véritables ennuis avec la métropole et encore moins avec l’influent voisin libyen. Cela explique quelque part sa longévité au pouvoir. Cette période de grâce, si on peut l’appeler ainsi, est manifestement entrain de s’achever. Car, les deux béquilles du pouvoir handicapant de Deby ne marchent plus dans la même direction, ce qui fait que Deby reste immobilisé et tiraillé par les deux forces devenues antagonistes.

 

Dans la crise libyenne, Sarkozy est le chef de file de la coalition internationale qui s’efforce à démanteler la dictature des Khadafis. Tandis qu’Idriss Deby reste l’un des alliés le plus fidèle et le plus actif du Colonel Khadafi. Allez donc chercher pourquoi.

 

Comment alors Idriss Deby et Nicolas Sarkozy traitent le cas Khadafi ? Si le premier gagnerait beaucoup avec la fin du régime clanique et despotique de Khadafi, ce n’est pas si certain pour le second. Bien au contraire, Deby risque de tout perdre avec la chute du régime de son mentor Khadafi. Car, contrairement à Sarkozy, le successeur de Khadafi ne sera pas de toute évidence un allié de Deby. Sur ce point focal, la France a tenté de rassurer le Dictateur Tchadien mais en vain, Deby ne peut se fier aux promesses d’un Sarkozy qui risque de ne plus être aux commandes d’ici quelques mois.


La question des éléments de la grade présidentielle envoyés comme mercenaires en Libye a été le premier bras de fer entre Sarkozy et Deby. Il a fallu que les Etats Unis tapent violemment sur la table pour que toute l’armée nationale tchadienne (ANT) n’intervienne pas en Libye. Depuis lors, il n’y a pas eu de renforts majeurs.


14_5.jpgLe deuxième accrochage est intervenu lorsque des armes lourdes et des caisses de munitions ont traversé la frontière tchadienne et stockées dans les grottes du Tibesti. Deby de boisson est tombé de son lit en apprenant cette information. Il convoqua le Commandant des forces Epervier et exigea de lui des explications dans la mesure où la base militaire de Faya était censée surveiller tout mouvement dans cette partie du pays.

Puis c’est au tour des ex ténors du MDJT d’être interpelés sur cette affaire d’armes du Tibesti. L’ANS se met en branle et file depuis Choua Dazi et ses camarades. Ces derniers, très mécontents de ce qui est advenu de l’accord de paix signé avec Deby, ne voient pas d’un mauvais œil ce qui se trame dans leur fief de Tibesti. A N’djaména, cette affaire fait beaucoup de bruit et inquiète au plus haut niveau le régime impopulaire du MPS. Malgré les gesticulations de l’ancien Président Goukouni Weddeye, Prince du Tibesti, l’ombre du Président fondateur du MDJT, feu Youssouf Togoïmi, plane toujours sur tout le BET, les Libyens gardent toujours sa dépouille mortelle. Une question qui devra trouvée une réponse bientôt.


Le dernier couac avec les français remontent à quelques jours. Déjà le désordre qui a caractérisé les élections législatives a poussé les français à exiger une amélioration dans le déroulement du scrutin présidentiel du 25 avril, malgré le boycott des principaux leaders de l’opposition. En réaction, la présidence tchadienne a interdit aux chasseurs français d’opérer leurs survols quotidiens le jour du vote pour raison de fermeture des frontières. Les Mirages français ont transférés au Niger pour 72 heures. Puis, la semaine dernière, quand plusieurs dizaines de Toyota 4x4 chargés de fûts de carburant s’apprêtaient à quitter pour la Libye, alerté, Sarkozy appelle Deby pour lui crier sa colère. Ce dernier rétorque que l’Union Africaine a condamné l’agression contre la Libye. La conversation a vite tourné au vinaigre entre les deux chefs d'Etat. Depuis, des suputaions alimentent les débats dans les salons feutrés de la capitale.    

Tag(s) : #Ambénatna

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