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Le Mali est plus que jamais pris dans un tourbillon d'instabilité source de grandes incertitudes. Le peuple malien s'interroge sur son avenir immédiat mais garde l'espoir quant à une issue heureuse et rapide de cette crise politico-insurrectionnelle.

En effet, la fin de règne de celui que beaucoup d'Africains appellent affectueusement ATT, a plongé le pays tout entier dans une situation qui risque, si elle n'est pas rapidement rétablie, de remettre sérieusement en cause tous les efforts consentis ces dernières decennies aussi bien sur le plan politique (consolidation des institutions démocratiques, liberté d'expression, droits de l'homme, etc.) que sur le plan économique (bonne gouvernance, maîtrise de l'inflation, projets de développement, création d'emplois, etc.).

 

Le consensus politique et la volonté affichée d'une politique de rigueur quant à la gestion de l'argent public ont permis au Mali de faire des progrès significatifs et gagner la confiance des investisseurs. Cependant, il est établi que ces deux dernières années, le Président ATT roupillait profondement et attendait passivement que son dernier mandat s'achève en avril 2012. ATT rêvait déjà des éloges à récolter sur le plan international d'avoir respecté la Constitution de son pays et transmis le pouvoir après une élection présidentielle annoncée sans heurts. Il se verrait même sillonner l'Afrique pour prôner l'alternance politique et encourager ses ex-pairs au respect de la limitation des mandats. Mais hélas, c'était trop beau pour être vrai. La rébellion Touareg est passée par là.

 

La chute brutale du régime du Colonel Khadafi a poussé ces milliers de Touareg à un retour forcé au pays natal. Ayant été service du défunt Guide et pris part activement aux combats meurtriers contre le CNT, ces Maliens, essentiellement du groupe Touareg, sont revenus au bercail avec armes, munitions, véhicules et argent mais aussi avec la même et vieille revendication autonomiste.

Coup sur coup les garnisons du Nord tombent les unes après les autres, des grandes villes au passé historique comme Toumbouctou ou Gao passent entre les mains de la rébellion Touareg renforcée par les combattants islamistes d'Aqmi et les rescapés de l'armée de Khadafi. Dans le nord, les fonctionnaires abondonnent leur poste ou rapatrient leurs familles en attendant le premier coup de feu pour prendre la tangente.

 

A cette situation quasi difficile, le Mali s'offre le luxe d'un coup d'Etat militaire d'un genre nouveau. Le Capitaine Amadou Sanogo balaie le Général ATT, dissout les institutions de la République et instaure sa junte. ATT et certains ministres sont arrêtés mais vite mis en liberté. L'ex Président se porterait bien mais se cacherait quelque part dans son pays. Cette attitude intrigue tout le monde et des interrogations fusent de toutes parts. La chaîne de commandement militaire se trouve brisée, les soldats désertent le front militaire, la rébellion avance sans rencontrer la moindre résistance.

 

Ce contexte malien nous rappelle étrangement la situation du Tchad entre 1975-79 quand Tombalbaye, excédé par les défaites successives de l'ANT face au FROLINAT, décida de s'emprendre aux principaux chefs militaires qu'il traîtera de lions qui se transforment en hyennes dès la tombée de la nuit. Face à l'ampleur de la defaite militaire, certains officiers sont arrêtés. Le coup d'Etat du 13 avril 1975 entraînera la mort du Premier Président du Tchad. Kamougué, Malloum et bien d'autres officiers tristement célèbres comme Allafi, Ngakinar, Djimadoum, etc. instaurèrent le Conseil Supérieur Militare (CSM) qui sera dévoré par les FAN et FAP en 1979.

 

Aujourd'hui le contexte n'est plus le même, outre l'embargo économique agité par la CEDEAO, la CPI pèse lourd sur la tête de ce type d'aventuriers politiques. C'est pourquoi notre Capitaine Hadock malien a vite fait de jeter l'éponge et promettre de rétablir les institutions dissoustes il y a moins de deux semaines. Mais cela servira t-il à quelque chose, on n'est pas sûr. Le Mali est pratiquement scindé en deux, la reconquête sera difficile. Heureusement que la rébellion affirme n'est pas être interessée par la capitale Bamako.

 

A suivre...

Tag(s) : #Politique

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