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cheikhyerimseck.jpgSous la plume de M. Cheikh Yérim Seck, Jeune Afrique dans son N°2591 du mois de Septembre 2010, nous livre une hagiographie à la gloire du général autoproclamé Sékouba Konaté. Le plus mauvais griot de l’Afrique de l’Ouest n’y souscrirait pas. Et il n’est pas certain que le plus petit hebdomadaire européen, même au bord de la faillite, en accepte la publication dans ses colonnes, quel que soit le montant du chèque proposé. Jeune Afrique, si. Car ce journal, est un journal exclusivement commercial, fait par les commerçants qui n’ont qu’un très lointain rapport avec le journalisme comme l’entendait Hubert Beuve-Mery, un des fondateurs du quotidien français « le Monde ».

L’information y est un produit d’appel au sens marketing du terme, c’est-à-dire un produit accessoire au service de l’essentiel qu’est la propagande commerciale. La propagande commerciale n’est guère méprisable, à condition qu’elle s’assume comme telle. C’est tout le problème avec J.A. Elle se prétend journal d’information. Il y a tromperie sur la marchandise. M. Cheikh Yérim Seck excelle dans la propagande commerciale. La preuve ? – Sa dernière livraison relative à notre « général » Sékouba Konaté.

De quoi parle-t-il dans ce fameux numéro du non moins fameux hebdomadaire, prétendument panafricain ?

En première de couverture, comme on dit en langage journalistique, ce N°2591 est barré d’une immense photo de Sékouba Konaté, avec comme commentaire : « l’homme qui n’aimait pas le pouvoir ». Un chef-d’œuvre d’imposture. La couleur est annoncée, sans fioriture. Le tout est à l’avenant. Ce sera la propagande commerciale, à la manière d’une publicité mensongère. Et qui s’y attelle ?- M. Cheikh Yérim Seck, bien évidemment, comme toujours d’ailleurs. Mis à part les louanges appuyés au général autoproclamé, je mets quiconque au défi de trouver la moindre information dans cet article.


M. Cheikh Yérim Seck n’éprouve aucune gêne morale à aligner des courbettes à propos de son tout récent ami friqué. Sékouba Konaté.. Au contraire, il s’y donne à cœur joie, sans retenue, ni mesure. Mais c’est la loi du genre. Le général autoproclamé est salué, honoré, adulé, célébré, magnifié, presque déifié. Ses immenses et multiples propriétés récemment acquises on ne sait comment, deviennnt une modeste demeure sous la plume de Cheikh Yérim Seck. Sa participation pleine et entière aux massacres du 28 Septembre 2009 au stade du même nom ? – Gommée comme il se doit, lorsqu’un journaliste de petit niveau satisfait à une commande copieusement tarifée. La razzia qu’opère son entreprise GUI-CO-PRESS sur les biens fonciers et immobiliers nationaux ? Connaît pas. Tous les contrats publics attribués d’office à la même entreprise ?- des broutilles négligeables pour M. Cheikh Yérim Seck.


Le général n’aurait pas recherché le pouvoir, mais l’aurait accepté contre son gré. Il aurait imposé la démocratie, organisé une élection « transparente », restructuré l’armée…. Ouf ! N’en jetez plus. Le général autoproclamé est parfait, omnipotent et omniscient. Nous Guinéens, nous aurions à notre service un « homme d’Etat inégalé ».

Nous ne le savions pas. M. Yérim Seck s’est chargé de nous le révéler. Il nous livrera peut être le nom de ce méchant tortionnaire qui a contraint notre général autoproclamé à accepter sans déplaisir, le fauteuil présidentiel qu’il haïrait pourtant. Là, notre ami Yérim fait passer son bienfaiteur général adoré, de la modestie à la sainteté.


Saint général Sékouba Konaté ! De grâce, dispensez la Guinée de votre « bonté », mais comblez-en votre ami Cheikh Yérim Seck, tant son appétit monétaire, de préférence en euros, paraît insatiable. Ne vous en abstenez surtout pas. Vos comptes au Liban et au Maroc sont copieusement garnis.



M. Cheikh Yérim Seck et son commercial journal, Jeune Afrique le savent parfaitement. Tout refus de votre part provoquera aussitôt des éditoriaux vengeurs de votre nouvel ami. Vous serez alors déchu de votre éphémère « sainteté », sans préavis. Car c’est la règle à Jeune Afrique. On passe instantanément du paradis à l’enfer, et inversement, selon qu’on « banque » ou pas. Votre ancien ami, le naïf capitaine Moussa Dadis CAMARA que vous avez naguère roulé dans la farine, en a fait l’amère expérience avant vous.



Juste deux petites observations. Dans sa longue hagiographie indigeste, M. Cheih Yérim Seck semble totalement dépourvu de la moindre honnêteté journalistique pourtant exigée dans la profession. Peut être, a-t-il l’excuse de n’en n’avoir jamais entendu parler, y compris pendant sa formation ?


Deuxième petite observation : ce Monsieur devrait s’abstenir de faire passer les Guinéens pour un peuple d’imbéciles. Pense-t-il vraiment qu’ils avaleront les sornettes que lui et son journal débitent à longueur de pages concernant le général autoproclamé ? Mes compatriotes sont peut être des « idiots », si j’en crois M. Yérim Seck, mais pas au point de confier les destinées du pays à un général à peine alphabétisé. Ebloui par les carnets de chèque du général, M.Cheikh Yérim Seck ne peut voir cette réalité. Normal. Le journalisme de complaisance perd toujours le sens de la mesure à la seule vue d’un carnet de chèques.

Il semblerait que M.Sékouba Konaté a le chéquier généreux et facile, surtout pour des journaux et journalistes comme Jeune Afrique et M. Yérim Seck. Je ne sais pas si ce Monsieur a bénéficié des largesses du général autoproclamé. Mais, qu’il sache que les comptes bancaires du prétendu général sont approvisionnés grâce à la misère imposée à mes compatriotes. Et dans un passé pas si lointain, le capitaine Moussa Dadis CAMARA avait rendu public un deal commercial que lui aurait proposé alors le commercial journaliste Cheikh Yérim Seck : 500 000 euros, contre un bon papier dans Jeune Afrique.



Le refus du capitaine entraîna aussitôt les foudres du journal et de son commercial journaliste. Soudain, des papiers de complaisance, on passe aux éditoriaux vengeurs contre le capitaine qui ne veut pas jouer ce jeu. Au sujet d’un article complaisant (pour Dadis), j’avais déjà sévèrement tancé une journaliste de J.A., du nom de Cécile SOW. Mais, je dois avouer qu’à côté de M. Yérim Seck, elle paraît un monument indiscutable d’honnêteté journalistique. Les cartes de presse sont trop facilement distribuées. L’éthique professionnelle journalistique n’est peut être pas enseignée à l’école de journalisme d’où est sorti notre « ami » Yérim Seck.



En tout cas, le talent de V.R.P. (vendeur, représentant prospecteur placier) de notre ami est évident. Mais son talent de journaliste, s’il en a un, reste profondément enfoui. Il l’extériorisera peut être un jour. Si jamais il avait cette ambition, alors il devra changer de journal et d’employeur. Car il y a très longtemps que Jeune Afrique n’est plus qu’un hebdomadaire de propagande commerciale, comme l’a si bien montré Vincent HUGEUX dans son excellent livre intitulé « Les sorciers blancs : enquêtes sur les faux amis français de l’Afrique ».

 

Être un bon V.R.P., c’est très bien, mais ce n’est pas du journalisme. J’émets l’hypothèse que M. Cheikh Yérim Seck s’est vraisemblablement trompé de métier. C’est si fréquent, dans ce bas monde.

De grands journalistes subsahariens comme Francis KPATINDE, Jean-Baptiste PLACCA ont quitté Jeune Afrique, il y a belle lurette. Ce n’était pas un caprice de diva de leur part. Talentueux, cultivés, très professionnels, ils voulaient pratiquer leur métier avec honnêteté, rigueur et indépendance d’esprit. Des qualités qui avaient déserté les locaux et l’esprit de Jeune Afrique, depuis bien longtemps. Lorsque la supercherie de la maison leur est apparue évidente, ils sont allés exercer leur talent ailleurs. Mais, ils sont talentueux et cultivés. C’est plus simple. Je ne suggère évidemment pas cette démarche à M. Cheikh Yérim Seck. La suite serait très compliquée pour lui. Et puis, V.R.P. aussi, ça nourrit son homme.

Dernière remarque personnelle. Au fond, ce journaliste est un méchant personnage. Profitant de l’inculture de son ami général, il en dresse un portrait féroce et ironique. Et pour dissimuler son jeu, il laisse ses lecteurs deviner facilement le second degré.


En fait, Sékouba Konaté est exactement à l’opposé de ce qu’écrit à son sujet, son nouvel ami Yérim Seck. Soutirer de l’argent à quelqu’un de bien moins instruit que soi tout en le ridiculisant, même au second degré n’est pas bien. M. Chekh Yérim Seck et J.A. devraient rembourser le général Sékouba Konaté pour service non effectué. Et ses conseillers devraient être renvoyés pour incompétence.


NB : Jeunes de Guinée et d’Afrique noire ! Lisez cet article, diffusez-le et discutez-en. Je répondrai bien évidemment à toute question qui me sera posée personnellement. Je recommande par ailleurs la lecture de l’excellente enquête de Vincent Hugeux. J’en rappelle le titre : « Les sorciers blancs : enquête sur les faux amis français de l’Afrique »


Mamadou Billo Sy Savané, à Conakry

Mon contact : mamadoulinsan@wanadoo.fr

Tag(s) : #International

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