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L'instabilité chronique qui affecte ces dernières années le Tchad et la RCA et les terribles attentats du groupe islamique Boko Haram au Nigéria, ont-ils fini par avoir raison de la solide stabilité du Cameroun ?


Le pays de
Talla André Marie, auteur de la chanson "J'irai un jour à Ndjaména en passant par le Lac-Tchad", montre ce dernier temps des signes de fragilité inquiétante. En effet, l'instabilité politico-militaire qui prévaut en RCA voisine a poussé certains compatriotes de l'indétrônable Paul Biya à s'essayer à l'aventure militaire. Il y a quelque jour, en pleine crise centrafricaine, un mouvement dénommé FLC (Front de Libération du Cameroun) a vu le jour à l'ouest de la RCA, frontière avec le Cameroun. Ce front naissant est pris très au sérieux par les autorités centrales à Yaoundé qui ont mobilisé une importante force militaire à la frontière pour d'une part veiller à tout débordement du conflit centrafricain mais aussi pour parer à toute éventuelle situation fâcheuse qui, si elle se confirme, sera une grande première pour le pays post indépendance. Le Cameroun a aussi dépêché une force militaire au sein de la FOMAC.


Les problèmes du Cameroun actuel sont nombreux et de tout ordre. La démocratie stagne, l'économie bat des ailes et l'insécurité grandissante dans les principales villes. Après 30 ans de pouvoir sans partage, le Président Paul Biya qui souflera sur ses 80 bougies en février prochain, montre nettement des signes de lassitude. L'alternance politique tant attendue par la majorité des Camerounais tarde à se concrétiser à cause des divisions sectaires au sein de l'opposition.

Franck-Biya.jpg

Franck Emmanuel Biya


Néanmoins, la succession du vieux président est ouverte et certains prétendants imprudents ont déjà appris à leurs dépens. En effet, plusieurs barons du RDPC (parti au pouvoir) sont envoyés en prison sous le couvert de la lutte contre l'enrichissement illicite. Mieux, Franck Emmanuel Biya (photo), fils aîné du Président Paul Biya, a annoncé son intention de briguer un mandat de Sénateur. Cette nouvelle a fait l'effet d'une "bombe à fragmentation à effet multiple" pour paraphraser le politologue Sénégalais Babacar Justin Ndiaye, le Tchadanthropus Senegalensis de l'histoire politico-militaire du Tchad indépendant.


Même si les canons n'ont pas encore tonné, une rafale a été tirée sur le cortège présidentiel du président Biya par le Caporal Abena Mena Klam à la fin du mois de décembre 2012. Plusieurs militaires ont été arrêtés et l'enquête suit son cours affirme t-on du côté des autorités. Puis, le 2 janvier 2013, un garde du corps du Président Biya a été arrêté pour avoir demandé de l'aide à Mme Rosette Mboutchouang, la mère de la première dame du Cameroun !


Les Camerounais redoutent un coup d'Etat qui risque de ne pas arranger les choses. Les commentaires n'ont pas manqué d'établir un parallèle avec le scénario mauritanien où un soldat a tiré sur le Président Abdel Aziz et a failli le tuer. Le dernier coup d'Etat avorté au Cameroun date de 1984, mené par les partisants de l'ancien Président Amadou Ahidjo mort en exil à Dakar en 1989.

 

La Rédaction d'Ambenatna

Tag(s) : #Politique

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