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La lecture du dernier rapport de la Banque Mondiale ou le Tchad notre pays tient encore la queue des pays Africains, a crée de fissures au cœur de beaucoup de tchadiens et, nous avons compris que les temps que nous vivons sont sans doute les plus difficiles de notre histoire. Nous sommes bien en effet depuis des décennies en présence d’une crise multidimensionnelle qui relève de la responsabilité collective et dont la compréhension requiert autant de sérénité que de courage, autant de bonne volonté que d’oubli de soi.


En 20 ans, certes, soit presque un quart de siècle, une bonne douzaine de gouvernements, des dizaines de missions étrangères, des milliards de francs CFA dans des projets mal ficelés, des blanchissements des détourneurs des deniers publics, leur promotion dans les hauts paliers de décisions, qu’est ce qui n’a pas été finalement tenté au Tchad ?

Aujourd’hui, 20 ans après l’arrivée du Mouvement Patriotique du Salut (MPS) au pouvoir et, malgré les onctions du RDP et de VIVA-RNDP, les résultats sont bien en deçà de nos espérances, et nous en sommes encore à ce tournant où les passions sont encore plus vives, et la cassure sociale encore plus profonde.

Ce n’est pas un hasard si le Tchad est classé dernier pays moins développé en Afrique. Ce n’est pas non plus un hasard si une partie de notre société a préférer la rébellion armée. Nous sommes bien loin de la sécurité qu’on nous avait promise.

Mais c’est ce qui arrive quand on sacrifie la morale et l’intérêt national à l’appétit du pouvoir. C’est ce qui arrive quand on introduit l’improvisation comme méthode de gouvernement. C’est enfin ce qui arrive quand on continue de faire la promotion des voleurs de la république après un bref séjour en prison. C’est aussi cela quand on place une assemblée nationale sensée interpellé les ministres sur la gestion de leur ministère dans les mains des prédateurs redorés.

Comment s’étonner si nous avons assisté 20 ans durant à l’avènement du règne de non droit ? Quand la peur prend en otage la famille, la société et la nation ?

Les crises récurrentes de ces deux dernières décennies ont conduit á l’effondrement de l’autorité de l’Etat, á l’institutionnalisation du népotisme et de la corruption dans les services publics, á l’aggravation de la pauvreté et de la prostitution politique, á la montée de l’insécurité et de la violence, á l’effritement des valeurs fondamentales qui font généralement la force des sociétés civilisées.

La complicité d’éléments malsains de nos élites ont contribué à sombrer le Tchad, cette fière République des Sao, si chère aux bâtisseurs de son indépendance au stade du seul pays le moins avancé du continent Africain.

A tous ces déboires résultant de la mauvaise gouvernance en général, il s’ajoute des conflits d’autorité et d’honneur entre les membres du clan au pouvoir , des ambitions personnelles ou la complicité de certains leaders politiques dans le dysfonctionnement des institutions, de l’indifférence ou de l’étonnante léthargie de la société civile tenaillée d’un côté par les lamentations des familles affamées et/ou endeuillées par tant de crimes abominables et de l’autre par le laxisme ou la complaisance des autorités compétentes á l’endroit des bourreaux, de la dégradation accélérée du facteur humain. Il faut ajouter le fait que le pays se trouve classé actuellement parmi les champions en matière d’Etat en faillite.

Pour des bourreaux comme pour les victimes, pour des nantis comme pour les démunis, le sort du Tchad interpelle la conscience de tous les citoyens encore intègres et qui continuent à croire à un Tchad Nouveau ou notre culture émaillée de nobles traditions de générosité, de fierté et d’héroïsme renaisse encore.

20 ans sous un régime dont le logo est un signe de destruction (fusil de guerre, flamme, etc..), les tchadiens n’ont revus que les grands schémas des tares pernicieuses, des scories de nos douloureux traumatismes de l’époque des tendances militaires renaître dans nos pratiques collectives.

Ne doit-on pas face à ce règne d’incurie et de terreur qui n’a que trop duré et qui déroute même les meilleures volontés nous levés comme un seul homme et dire non !

L’heure n’a-t-elle pas sonné de redécouvrir les valeurs de solidarité humaine surtout quand les faux prophètes s’imaginent que la destruction des vies humaines, de l’économie nationale et l’incendie sont les seules voies qui mènent à l’abondance et à la société égalitaire ?

L’impunité judiciaire et l’immunité politique de la classe dirigeante, combinées à la corruption de celle-ci, exacerbent le sentiment de révolte d’une jeunesse qui veut bénéficier de la richesse nationale et vivre dans la liberté et la dignité.

Dans nombre de capitales occidentales ou nous avons des représentations diplomatiques, il n’est question que de la faillite de l’état tchadien, mais, nous savons, qu’il existe encore des hommes et des femmes qui ne demandent qu’on leur accorde non pas la chance qui passe, mais le droit de servir et d’aimer à leur façon un pays menacé.

Les défis sont immenses, nous le savons tous, mais, ils sont bel et bien à la mesure de nos espérances. La bataille pour la renaissance du Tchad que nous souhaitons avec un grand désir, n’est plus une bataille de clans et de religion. Elle est un défi humain qui transcende les conflits de toujours, parce qu’elle promet de réconcilier le tchadien avec lui même, avec son passé et son histoire avec, des idéaux de justice, de fraternité et d’ouverture sur son semblable.

Ne permettons pas aux apprentis sorciers de pervertir nos consciences ni de déshumaniser nos familles. Le Tchad ne sera une société humanisée et humanisante que le jour où nous ferons une place de choix au droit, aux valeurs de dignité, d’amour, de justice et de tolérance.

Jeunesse Tchadienne, le monde entier est là. Il t’attend et il t’observe. Puisses-tu ne jamais le décevoir.



Dr. Ngoussou Félix

© Copyright TchadForum

Tag(s) : #Ambénatna

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