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« L'UFDD est désormais scindée en deux » pourrait-on lire sur le blog de Makaila. L'information a été brandie comme un trophée par son auteur tout aussi mystérieux (Bérémadji 2). Et que dire des commentaires perfides et ouvertement tribalistes, gracieusement offerts ? Rien, car nous sommes malheureusement habitués à ces dérapages qui nuisent avant tout à ses auteurs. Ces derniers sont essentiellement du camp du pouvoir moribond de Ndjaména et leurs affidés ou encore des désespérés de la lutte armée qui ont lamentablement échoué et qui préfèrent finalement un naufrage collectif pour ruminer la honte. Il y a des gens mauvais, des gens qui ont un coeur mauvais, des incapables et des pessimistes nés et c'est là où se trouve tout le problème.

Revenons à l'UFDD pour dire que ce n'est pas la première fois que ce grand mouvement politico-militaire se trouve dans un tourbillon de problèmes. Rappelez-vous que l'UFDD/F, l'UFCD, l'UFDD/R et que sais-je encore, ont toutes été dans cette UFDD. A un moment donné, les hommes qui dirigent aujourd'hui ces différents mouvements armés, pour des raisons diverses, ont préféré quitter et créer leur propre mouvement. Aujourd'hui, le bilan est là et chacun peut faire sa propre lecture et conclure.

Quant à l'UFDD, elle a continué d'exister et surtout de maintenir sa position tant enviée de leader de la rébellion de l'Est. Il est clair que la résistance armée au régime Deby ne peut être envisagée sans l'UFDD. Le changement tant attendu se fera avec l'UFDD qui, incontestablement, présente une assise nationale importante et populaire.

A l'instar donc des autres mouvements armés, les problèmes n'ont pas manqué au sein de l'UFDD ces dernières années voire mois. Le mouvement dirigé par le Général Mahamat Nouri depuis sa création a fait l'actualité par ses faits d'armes historiques mais aussi par ses problèmes internes. Ces problèmes multiples et variés ont sans nulle doute contribué à inhiber les actions du mouvement. Aussi, il faut dire que les uns et les autres ne sont pas restés les mains croisées pour voir les choses se dégrader. Heureusement. Les langues se sont très tôt déliées pour dénoncer la gestion peu orthodoxe du mouvement. Des frondes ont eu lieu et ont même conduit à des ralliements. Au plus haut niveau de la hiérarchie militaire, nous avons connu les cas du CEMGA 2ème adjoint Colonel Barkaï Hamit et du CEMGA Ordjei Wardougou qui ont claqué la porte de l'UFDD. Sans compter les petits groupes qui déposaient les armes et qui partaient sans trompette ni tambour battant.

 

Aujourd'hui, le constat est patent. L'UFDD et tous les autres mouvements traversent une crise sans précédent. L'UFR est un exemple parmi tant d'autres. Il s'agit en somme des problèmes d'ordre organisationnel, de gestion des finances, d'orientation politique, de stratégie militaire, de communication, etc. Certains mouvements sont tellement enlisés qu'on peut affirmer sans se tromper qu'ils sont condamnés à disparaître dans un très court terme. Et s'ils existent encore aujourd'hui, c'est bien grâce à cette fameuse prime générale d'alimentation (PGA). Justement cette prime mensuelle gracieusement distribuée aux différents mouvements armés de l'Est, a été supprimée pour les mouvements de moindres importances tels que le FSR du Capitaine Ismael, l'UDT de Monsieur Abderamane Khoulamallah ou encore le CAR de Monsieur Albissaty pour ne citer que ceux-là. Inutile de vous dire que cette décision de fermer si brusquement le robinet étouffe ces mouvements et les condamne à déposer les armes ou à intégrer la cour des grands.

 

Ce qui se passe à l'UFDD depuis quelques jours est de l'ordre normal dans la vie d'un mouvement armé. L'histoire tumultueuse de notre pays nous renseigne que tous les mouvements armés ont eu à organiser un congrès dans leur vie. Or, le président de l'UFDD et quelques uns de ses proches collaborateurs se sont opposés jusque-là à cet exercice; ils voyaient en ce congrès une possibilité de fragiliser voire de déstabiliser le mouvement ou encore un coup "d'Etat" rampant. Or, au vu de tous les problèmes de tout ordre que rencontre l'UFDD, l'argument "présidentiel" est de facto devenu obsolète. Le congrès s'impose de fait d'où le bras de fer engagé entre la présidence du mouvement et la majorité des cadres politiques et militaires. Ces derniers, déterminés et convaincus que le statu quo est suicidaire dans toute lutte armée et même en politique, n'entendent pas céder et ce quelles que soient les conséquences.

 

Sauf retournement de situation, il y a eu un consensus entre les deux camps sur la nécessité d'organiser ce congrès. Cependant, il reste à définir les modalités de son organisation, fixer les grandes lignes et jeter les bases de la nouvelle UFDD.

 

En bref, le congrès prônera la réconciliation interne, la restructuration administrative, financière et militaire du mouvement, mettra un accent particulier sur l'ouverture envers les autres mouvements politico-militaires et aussi sur la communication pour redorer son image. C'est à soutenir et à encourager. 

Tag(s) : #Politique

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