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poignard.jpgLe président tchadien Idriss Deby Itno est arrivé lundi en fin de matinée à Khartoum, où il a été accueilli par son homologue soudanais Omar el-Béchir, pour sa première visite au Soudan depuis 2004, a constaté un journaliste de l'AFP.

Cette visite constitue un signe d'apaisement entre le Tchad et le Soudan, deux voisins qui se livrent une guerre par groupes rebelles interposés et dont les bonnes relations sont jugées essentielles pour la paix au Darfour.

Mi-janvier, les deux pays ont déjà signé à N'Djamena un "accord de normalisation" assorti d'un "protocole de sécurisation des frontières". Selon cet accord, les deux pays s'engagent à cesser tout soutien à leurs mouvements rebelles respectifs. Il prévoit également le déploiement d'une force mixte à la frontière tchado-soudanaise composée de 3.000 hommes, chaque pays en fournissant 1.500.

Le Tchad et le Soudan "se sont donné un délai de deux mois pour prendre chacun les mesures qu'il faut pour mettre un terme à toute présence, tout soutien et toute action des groupes armés (hostiles) à l'un ou l'autre pays", selon le texte de l'accord.

Selon des observateurs, la normalisation des relations entre Khartoum et N'Djamena priverait les rebelles darfouris d'un de leur important soutien et pourrait ainsi favoriser la signature d'un accord de paix avec le Soudan.


Depuis 2003, le Darfour, vaste région de l'ouest du Soudan, est en proie à une guerre civile complexe opposant à ses débuts des mouvements rebelles aux forces gouvernementales appuyées par des milices locales. Ce conflit a fait, depuis cette date, 300.000 morts selon les estimations de l'ONU, 10.000 d'après Khartoum.

"Cette fois-ci, ça a l'air sérieux. Les deux pays en ont besoin en ce moment. Le Tchad se dirige vers des élections législatives en novembre et une présidentielle en avril 2011, alors que des élections sont prévues en avril au Soudan, puis un référendum en janvier 2011", sur la sécession du Sud-Soudan, a expliqué à l'AFP un diplomate sous le couvert de l'anonymat.

La dernière visite d'Idriss Deby au Soudan remontait à juillet 2004, à l'occasion d'une rencontre avec Omar el-Béchir à el-Geneina, capitale stratégique du Darfour-Ouest, à une vingtaine de kilomètres du Tchad voisin.

Les deux hommes avaient évoqué l'idée d'une force militaire commune à la frontière, mais les relations s'étaient ensuite rapidement détériorées, le Tchad accusant le Soudan de soutenir la rébellion tchadienne -qui a fait du Darfour soudanais sa base arrière--, et le Soudan reprochant à N'Djamena d'aider les rebelles du Darfour. Idriss Deby avait ainsi annoncé en avril 2006 la rupture des relations diplomatiques avec le Soudan, accusé de soutenir les rebelles du Front uni pour le changement (Fuc).

En mars 2008, les deux pays avaient signé un accord de non agression, dit "accord de Dakar", mais ce dernier avait rapidement volé en éclats lorsque les rebelles darfouris du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) avaient mené en mai de la même année une attaque sans précédent sur la banlieue de Khartoum. La rébellion tchadienne avait quant à elle avancé jusqu'à N'Djamena.

Source : Afp Khartoum
Tag(s) : #Politique

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