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hassanefadoul

Le régime MPS a aussi fabriqué des espèces de la trempe de Hassane Fadoul Kitir, mafiosi avéré, criminel d'un temps, doublé d'un faussaire récidiviste.

Pour ceux qui ne connaissent pas l'homme, il faut savoir qu'en 1989, Hassan Fadoul Kitir alors Ambassadeur de notre pays auprès du Raïs Irakien feu Saddam Hussein, avait emporté la caisse et les documents administratifs de l'ambassade avant de rejoindre ses cousins dans le Darfour soudanais. A titre de comparaison, l'Ambassadeur Mahamat Nouri a démissionné de ses fonctions d'Ambassadeur du Tchad en Arabie Saoudite avant de regagner la résistance nationale à l'Est de notre pays.

Au pouvoir, Hassan Fadoul Kitir était toujours dans le premier cercle des barons du régime MPS. Pour illustrer sa confortable et stratégique position, il déclarait en 2006 lors d'une interview accordée à la télévision soudanaise : « Pour la formation du gouvernement, on se réunissait entre nous(clan zaghawa) et chacun choisissait le poste ministériel, la direction d'une entreprise, etc. qu'il souhaite. Deby ne fait qu'entériner nos choix... ».

Rappelons pour les plus jeunes que le MPS dans ses débuts avait trois têtes : Idriss Deby(Président), feu Maldom Bada Abbas(Ministre de l'intérieur et de la sécurité) et Abbas Koty Yacoub(CEMGA).

Puis face à l'ampleur des recrutements tous azimuts constatés dans les différents camps, le tandem Deby-Koty va s'empresser pour comploter contre le camarade Maldom Bada Abbas, moins d'un an après leur victoire.

Le 13 octobre 1991, à l'aube, quelques coups de feu nourris ont retenti dans la ville. Maldom est alors appelé d'urgence au palais présidentiel où il sera arrêté, torturé et incarcéré. Ses partisans, pris au dépourvu, seront facilement neutralisés, certains ont été froidement achevés à N'djaména. D'autres comme les Colonels Kaffine Chadallah et Garboubou, tous deux très proches collaborateurs de Maldom, parviendront à s'enfuir de la capitale pour se réfugier dans le Guéra. Ils seront pourchassés, harcelés et face aux exactions répétées sur les populations locales, ils quitteront le centre du Tchad pour l'Est avant de se réfugier au Nigéria voisin. C'est sous la contrainte d'être livrés à Deby qu'ils rallieront le régime à partir de Maïduguri en 1993 avec l'ouverture des travaux de la conférence nationale « souveraine » durant laquelle le Colonel Kaffine Chadallah rendit l'âme, officiellement suite à un arrêt cardiaque mais on parle d'empoisonnement.

Mais revenons à Hassane Fadoul Kitir pour vous informer que durant les évènements du 13 octobre 1991, lui et une dizaine de ses proches parents, à bord de deux véhicules, avaient gratuitement abattus trois jeunes hommes, tous des civils innocents, certainement des manoeuvres à la recherche du travail près du marché de mil. Leur malheur ce jour là était d'être d'ethnie Hadjaraï et surtout de se trouver sur une rue non loin du domicile familial des Kitir.

En effet, le meurtre de ces trois jeunes hommes s'est déroulé précisément au quartier Sénégalais. Il se trouve qu'à l'époque, le Colonel Kaffine Chadallah, 2ème CEMGA et bras droit de Maldom Bada Abbas, avait aussi son domicile sur le prolongement de la rue, non loin donc de chez les Fadoul Kitir. Vers 8 heures du matin, alors que des tirs sporadiques étaient toujours entendus dans la ville, Hassane Fadoul et ses parents font irruption dans le quartier où ils tombent pile sur ces trois jeunes qui seront tués d'un coup de rafale. Ils se rendront quelques instants plus tard que le domicile du Colonel Kaffine était déserté depuis longtemps.

Un crime crapuleux qui s'est déroulé sous les yeux de nombreux habitants du quartier sénégalais, à quelques mètre du domicile du feu Imam Mahamat Baddaoui de la grande mosquée de Ndjaména.

Concernant les faux dihnars de Bahrein, dès l'éclatement de cette affaire, Idriss Deby a voulu noyer Hassane Fadoul Kitir. Ce dernier organise alors sa fuite du Tchad en débarquant à Paris où sans surprise il a été aussitôt appréhendé par la brigade financière d'Interpol. Mais il collabore à fond et sera relâché quelques jours plus tard. L'exil commence pour lui. Avec le développement récent de cette affaire, nous avons été quelque peu surpris par l'annonce de son arrestation par les autorités togolaises à Lomé où il vit depuis pratiquement 10 ans et sans qu'un mandat ne soit délivré contre sa personne par la justice française.

Il est absolument certain que le président Deby ne peut pas échapper à une quelconque condamnation par la justice française et cela embarrasse sérieusement le gouvernement français déjà très critiqué sur l'affaire Ibni Oumar Mahamat Saleh. La meilleure façon de brouiller les pistes, est de neutraliser un témoin et acteur clé de cette affaire. Soulevons que le président Togolais, Faure Ayedema vient d'effectuer un voyage de 48 heures à N'djaména. Le sort de Hassane Fadoul Kitir a t-il été scellé ? Sera t-il extradé vers le Tchad ou cherche t-on seulement à l'empêcher de se rendre en France pour apporter son témoignage comme il l'a laissé entendre ces derniers jours ? Comment le Juge d'instruction français en charge du dossier appréciera cette incarcération ? Voilà des questions qui méritent un suivi de près de cette affaire sans pour autant apporter un soutien même indirect à Monsieur Fadoul. C'est véritablement une cuisine interne des gands bandits du MPS.

Tag(s) : #Ambénatna

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