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Un employé français de la Croix-Rouge a été enlevé jeudi dans l'ouest du Darfour, près de la frontière avec le Tchad, par un groupe inconnu d'hommes armés, confirmant le regain d'insécurité qui menace le personnel international dans cette région en guerre civile.

"Nous confirmons l'enlèvement de Gauthier Lefevre, 35 ans, de nationalité française, sur la route à 40 kilomètres au Nord d'El-Geneina", la capitale de la province du Darfour-ouest, a affirmé à l'AFP Tamara al-Rifai, responsable des médias au bureau de la Croix-Rouge internationale (CICR) à Khartoum.

Gauthier Lefevre, qui travaille depuis 15 mois au Darfour et cinq ans au sein de la Croix-Rouge, rentrait d'une mission sur le terrain à la mi-journée jeudi dans un convoi formé de deux véhicules marqués du logo de la Croix-Rouge, précisé l'organisation en exigeant la libération immédiate de l'otage.

Un petit groupe d'expatriés et d'employés soudanais de la Croix-Rouge voyageait avec lui, mais n'ont pas été enlevés et ont pu reprendre la route. "Nous ne savons pas pourquoi ils l'ont choisi lui", a dit Mme Rifai. Et "nous n'avons aucune indication sur les motifs ou l'identité des ravisseurs", a ajouté la responsable de la Croix-Rouge.

"Nous tentons toujours de collecter des informations, l'enlèvement s'est déroulé dans une zone proche du Tchad", a déclaré à l'AFP Abdel Baqi Gilani, ministre d'Etat soudanais aux Affaires humanitaires.

Gauthier Lefevre est le troisième humanitaire français kidnappé au Darfour depuis mars, et le seul otage de la Croix-Rouge dans cette vaste région en proie depuis six ans à la guerre civile.

Contacté par l'AFP, un haut responsable des rebelles tchadiens a nié toute implication de la rébellion tchadienne dans cet enlèvement, le cinquième visant du personnel international depuis l'émission en mars d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar el-Béchir, accusé de crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour.

"Ce scénario (d'enlèvements) va se répéter. C'est pourquoi nous demandons aux ONG d'augmenter la protection autour de leurs bureaux" (au Darfour), a ajouté le ministre soudanais.

Des membres de Médecins sans frontières (MSF) et de l'ONG française Aide médicale internationale (AMI) avaient été enlevés en mars et en avril puis libérés après avoir passé respectivement trois et 26 jours aux mains de leurs ravisseurs.

Les autorités soudanaises n'avaient pas sanctionné ou jugé les auteurs des deux premiers rapts qui avaient choqué la communauté des humanitaires, déjà touchée par l'expulsion de 13 ONG internationales dans la foulée du mandat d'arrêt de la CPI.

Deux humanitaires de l'ONG irlandaise Goal ont été libérées le week-end dernier après 107 jours de détention. Deux employés civils de la force de maintien de la paix ONU-Union africaine (Minuad), eux, sont toujours aux mains de leurs ravisseurs.

Les autorités soudanaises avaient affirmé ne pas avoir payé de rançon pour la libération des deux otages de Goal et assuré que les ravisseurs seraient un jour jugés, sans préciser ni quand ni comment.

"C'est très inquiétant ce qui se passe actuellement au Darfour. J'espère que le gouvernement va prendre ça très au sérieux", a déclaré à l'AFP un responsable humanitaire sous le couvert de l'anonymat.

Ces prises d'otages ont modifié les modes opératoires des ONG au Darfour, qui ont réduit leurs déplacements dans les zones reculées et le temps passé sur le terrain.

La Croix-Rouge était la seule organisation internationale à opérer encore dans des zones très reculées du Darfour.

Source : Afp

Tag(s) : #Question sur l'Actualié