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Ceux qui croyaient que les retentissantes déclarations faites par l’avocat franco-libanais, début septembre 2011, déclencheraient un cyclone qui emporterait l’un ou l’autre des nombreux et importants acteurs politiques français et africains mis en scène par Robert Bourgi resteront éternellement sur leur faim ; l’homme avait révélé qu’il avait transporté jusqu’à 20 millions de dollars (10 milliards), sommes qu’il a remises en main propre au président Chirac et à son Premier ministre de l’époque, Dominique de Villepin.

 

Bourgi rattrapé par sa propre conscience ou Bourgi parfait affabulateur ? On n’en saura pas plus désormais ; circulez, il n’y a rien à voir. Ces mallettes mystérieuses demeureront à jamais muettes ; elles ne révèleront rien ; on ne saura pas qui a fait quoi ; c’est du moins la décision qu’aura prise le parquet de Paris, qui a décidé de classer l’affaire. Les politiques incriminés dans cette affaire décidément bien rocambolesque en tout point de vue peuvent dormir sur leurs deux oreilles ; et on le devine, ce n’est pas eux qui iront dénoncer la mesure judiciaire en criant au scandale.

Mais à la vérité, l’affaire finit comme elle avait commencé ; et elle aura été pitoyable de bout en bout ; un politicien de l’ombre peu crédible pris de remords et qui fait étalage de deals sombres dont il était le parfait commissionnaire ; des politiciens incriminés qui menacent de saisir la justice et aussitôt le « divulgeur » de secrets de cabinet reconnaît s’être trompé sur certains des acteurs qu’il avait presque mis à l’index ; la justice a plus sérieux à faire que de s’occuper de pareilles histoires à dormir debout. Et les arguments du parquet de la capitale française sont des plus inattaquables : l’accusateur ne dispose pas du soupçon de la plus petite des preuves, d’une part ; d’autre part, les faits décrits ne résistent pas à la traditionnelle et bien fatidique prescription.


Est-ce ce qui explique la vertigineuse vitesse d’exécution dont fit montre le parquet de Paris pour trancher dans cette affaire qui, pour être rocambolesque, recèle bien de zones d’ombre ? Bien malin qui saurait le dire ; toujours est-il que l’affaire, se terminant même piteusement, arrange du beau monde : les chefs d’Etat africains que Bourgi avait cités peuvent se prévaloir désormais de cette décision de justice : regardez, on a les mains propres ; ce n’est pas nous, c’est la justice française qui l’a décidé.


Du côté de l’Hexagone aussi, nul ne souhaitait vraiment devoir s’occuper de ce dossier sale et fort encombrant, juste à quelques mois d’une présidentielle pour laquelle droite et gauche s’attellent à un fourbissage minutieux des armes. Alors, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Sauf peut-être ce pauvre diable de Bourgi.


Ces anciens amis qu’il a dénoncés le prennent désormais pour un traitre, les nouveaux « potes » à qui il a proposé la « marchandise », eux, le tiennent pour un fou ; car, peut-être bien que des mallettes, il y en a eu, peut-être bien que des djembés, il y en aura toujours ; mais ce n’est plus Robert Bourgi qui s’enhardira de le dire ; l’homme sait désormais, pour l’avoir appris à ses dépens, que, parfois, le silence peut être d’or ; surtout lorsqu’il s’agit d’argent.


Jean Claude Kongo — L’Observateur Paalga

Tag(s) : #Politique

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