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ambenatna_khalilibrahim.jpgLes prises d'otages successives de personnels humanitaires dans l'est du Tchad, au Darfour et au nord de la Centrafrique inquiètent ONG, militaires et diplomates et font craindre une généralisation du phénomène dans un secteur où les humanitaires sont pléthore.

Quatre expatriés français sont actuellement aux mains de ravisseurs : deux employés du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) - l'un enlevé en octobre dans le Darfour (ouest du Soudan), l'autre kidnappé dans l'est du Tchad en novembre - et deux membres de l'ONG Triangle GH pris en otage à Birao en Centrafrique fin novembre.
Ces enlèvements surviennent après plusieurs autres dans l'est du Darfour en 2009.

Si les ravisseurs visaient jadis les convois, un nouveau mode opératoire est peut-être en train d'apparaître avec l'attaque des "compounds" où vivent les humanitaires, comme à Birao.

"La prise d'otage de Birao est arrivée comme une grande suprise. Personne n'avait pensé qu'il pouvait y avoir un raid comme celui-là", souligne Victor Angelo, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en charge de la Mission de l'ONU en République centrafricaine et au Tchad (Minurcat).

Ce dernier enlèvement est d'autant plus inquiétant que les assaillants semblaient bien renseignés : "Un raid bien organisé par des gens qui savaient parfaitement où se trouvaient les travailleurs", selon M. Angelo.

Du côté des autorités tchadiennes, le général Oki Dagache, représentant spécial du président tchadien auprès de la Minurcat, qui a accusé le Soudan d'être derrière les rapts, a conseillé aux ONG "de ramener leurs expatriés vers les grands centres urbains et de laisser travailler leurs employés tchadiens près de la frontière" tchado-soudanaise.

Le CICR a suspendu pendant quelques jours ses activités alors que d'autres ONG ont revu leur fonctionnement.
"On évalue en permanence les risques. On tente d'éloigner les travailleurs de la frontière et de ne pas laisser de Français sur des sites isolés", affirme un membre d'une ONG, sous couvert de l'anonymat.

Selon un diplomate occidental en poste à N'Djamena, certains des rebelles tchadiens "sévèrement battus en 2008 par l'armée" pourraient aussi être tentés de quitter la rébellion pour des activités crapuleuses lucratives. "Difficile d'imaginer qu'ils vont rester à se tourner les pouces", résume-t-il.

"On peut craindre que la mode des enlèvements ne prenne. C'est facile et ça peut rapporter gros", s'inquiète un travailleur humanitaire. "Dans ce cas, c'est tout le système qui est en danger. Ce serait une révolution".

"C'est encore trop tôt pour le dire", tempère Annette Rehrl, porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. "Mais nous suivons cela de près."
Même écho chez M. Angelo: "Il y a plusieurs types de banditisme. Une fois, ce sont les voitures qui sont visées, une autre fois les maisons. Ces derniers temps, on a eu des kidnappeurs".

"Il y a beaucoup d'hommes armés dans la région. Ils vont d'un côté de la frontière, connaissent bien la zone. Est-ce que ce sont des anciens rebelles ? Des bandits de grand chemin ? Des Janjawids ? Ils ne laissent pas de cartes de visite", souligne-t-il, affirmant : "Il ne faut pas payer".

"Si vous payez, cela aura tendance à aggraver le problème et rendra plus compliquée la situation des humanitaires. Si on ne paie pas, c'est un phénomène qu'on peut contrôler", assure-t-il.

Source : Afp

Tag(s) : #Politique

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