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moubarakfils.jpegLe Raïs Moubarak et son fils - La monarchisation avortée


La situation en Egypte s'empire chaque jour davantage, les manifestations se succèdent et se ressemblent dans toutes les grandes villes. C'est pratiquement le chaos dans le pays de pharaon, contenir une population estimée à plus de 40 millions d'âmes n'est évidemment pas chose facile. Aucun pays, aucun gouvernement dans ce monde ne pourra véritablement gérer une situation pareille sans une répression sauvage et aveugle.

 

En Egypte, on dénombre déjà une centaine de morts et près d'un millier de blessés. Les prisons qui refusaient du monde, grondaient depuis quelques jours et ont fini par se vider de leurs pensionnaires. Les policiers ont disparu dans la nature laissant la place à l'armée qui observe encore et attend certainement des ordres pour éventuellement passer à l'action. Pour l'instant, l'armée protège les édifices publics et ne charge les manifestants qu'en cas de légitime défense.

 

Ajoutons à cette situation d'insécurité totale qui prévaut dans tout le pays et le dysfonctionnement des services publics et sociaux, les nombreux actes de vandalismes qui visent les commerces, les banques et même les musées pour dérober des objets d'art antiquitaire. Cette attitude de banditisme risque de dénaturer les révendications du peuple et donner ainsi des arguments à un probable matage de cette insurrection.

Face à cette situation inédite, le Raïs Egyptien, Hosni Moubarak, a vite compris  qu'il n'a ni la capacité ni le moral pour gérer une telle crise et a donc jugé nécessaire de céder l'essentiel du pouvoir à l'armée. Il a nommé au poste de Premier ministre, le chef d'état major de l'armée de l'air et accepté pour la première fois en 30 ans de pouvoir solitaire, un Vice-président en la personne de Oumar Souleyman, l'éternel chef des renseignements généraux et probable dauphin de Moubarak. Ce dernier n'avait pratiquement pas le choix de faire autrement car il risquait d'avoir très vite les militaires sur son dos comme Ben Ali.

Toutefois, ce n'est qu'une situation transitoire pour permettre d'une part une meilleure gestion de la crise et d'autre part organiser le départ du Président Moubarak. Son Fils qui a été présenté depuis plusieurs années comme son plus probable successeur à la Présidence aurait déjà quitté le pays et se serait refugié à Londres. Quant aux grandes puissances qui imposent des dictateurs dans nos pays, elles se trouvent toutes petites face à la mobilisation générale de ces mêmes peuples ignorés pendant des décennies.

Réunis à Adis Abeba pour le sommet de l'Union Africaine, les Chefs d'Etat suivent presque en direct les manifestations en Egypte et s'intérrogent sur ce nouveau vent  de liberté et de bonne gouvernance qui souflent dans le monde. Soulignons pour finir qu'aucun Président de l'Afrique du nord n'a osé faire le déplacement d'Adis Abeba, même le Guide de la révolution, le Roi des rois nègres, le Colonel Président à vie de la Libye, a préféré rester à domicile. Vivement son éjection ! 
 

Tag(s) : #International

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