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Nous assistons depuis quelques jours à un agissement injuste de la virtuelle et hypocrite communauté internationale en Côte d’Ivoire. Sinon comment peut-on expliquer cette attitude de deux poids, deux mesures ? Hier, ces mêmes donneurs de leçons de démocratie, entendons par là organisation d'élections libres, transparentes et maintenant « certifiées » ONU, étaient tous réunis autour d'un Dictateur qui totalise 40 ans de règne sans partage et sans jamais organiser une élection dans son pays. Vous avez deviné, il s'agit bien du très riche Colonel Dictateur Khadafi de la Libye. Nos démocrates internationaux n'ont rien vu et évidemment n'ont rien dit sur les faits de ce régime rétrograde. Et pourtant, presque au même moment, le chef de la sécurité présidentielle du fameux Guide Libyen prenait la tangente pour solliciter l'asile politique en France. Un non événement ?

 

Ce qui se passe au pays des lagunes n’a d’autre nom que l’impérialisme pur et dur. L’acharnement contre le Président sortant de la Côte d’Ivoire n’a absolument rien à voir avec la démocratie. C’est une ingérence grave qui vise tout simple à mettre à genou un pays souverain et surtout à le recadrer dans le juron de la nébuleuse françafrique. RFI, plus que jamais, montre son visage hideux et joue parfaitement sa partition. L'agent spécial Christophe Boibouvier n'a rien trouvé de mieux pour expliquer le « coup » de force de Gbagbo qu'en mettant en évidence les contrats juteux que les entreprises chinoises, russes et indiennes s'apprêtent à acquérir dans ce pays. Le cacao, le pétrole et l'or sont en phase de passer entre leurs mains. explique t-il avec indignation et tristesse. Voilà donc pourquoi les occidentaux aboient si fort !

Les élections en Afrique, nous savons tous comment elles sont préparées et organisées, comment elles se déroulent et surtout comment les résultats sont collectés, acheminés, traités et diffusés. Depuis quelques années, l’informatique est devenue un outil déterminant dans la manipulation du résultat final. Dans ce registre de la fraude électoral, il faut dire que cette dernière devient de plus en plus numérique. Aujourd'hui, des véritables hackers (généralement Indiens, Malaisiens, Irlandais) mettent leurs compétences au service de la fraude électorale. Ils développent des progiciels avec des algorithmes complexes et parviennent tout naturellement à les dissimuler dans le système informatique des commissions électorales « indépendantes » à tel enseigne que nos vaillants informaticiens de l’opposition n’y voient que du feu. Même les observateurs internationaux (du reste des vrais touristes tropicaux !) parmi lesquels des éminents auditeurs de fichier électoral restent myopes face à cette supercherie.

La dernière démonstration grandeur nature de cette manipulation numérique des résultats électoraux a été déroulée en Guinée Conakry. En effet, le décompte manuel donnait le candidat Mamadou Cellein Diallo vainqueur, mais une fois les chiffres introduits dans la machine à calculer, c'est Alpha Condé qui en sort miraculeusement gagnant. Le malheureux Cellein Diallo a beau crié, dénoncé les fraudes et les violences ethniques contre ses partisans qui ont fait 152 morts et près de 20 mille d'entre eux ont été contraints à l'exode pour se mettre en sécurité et donc n'ont pu accomplir leur vote. Des procès verbaux ont été brulés sous les yeux des journalistes. Des urnes ont été volées par des militaires ostensiblement contre le candidat Diallo. Mais rien à faire, la communauté internationale n'a pas bronché, mieux elle a trouvé tous ces faits minimes et sans conséquences majeures sur le scrutin. Le Général Malien de la francophonie a pleinement et fièrement réussi sa mission qui consistait à placer sur orbite le candidat de la françafrique, Alpha Condé.


En Afrique du Nord, les régimes militaires se sont progressivement « monarchisés » avec la complicité active des grandes démocraties de ce monde (Etats-unis, Royaume unis, France). L'Egypte a été un théâtre électoral cette dernière semaine. On a noté une condamnation du bout des lèvres de la communauté internationale car ici l'opposition ce sont les islamistes donc terroristes à leurs yeux !

L’Afrique francophone quant à elle traîne toujours le pas, pire elle s’enfonce davantage dans la domination et l’exploitation digne de l'époque coloniale qu’on pensait pourtant à jamais révolue. Un président élu « démocratiquement » 40 ans durant et le pays qui reste figé dans la misère pendant tout ce temps. Quand le chef éternel disparait, on place son rejeton et ont continue pour peut être la même durée ou plus. C'est  la dynastie démocratique certifiée « Françafrique ».

Au Tchad, à toutes les élections organisées par le régime MPS, le nombre de votants a dépassé le nombre d'inscrits. Presque dans tous les bureaux de vote, le taux de participation a été en moyenne égal à 120 % ! Idriss Deby ne pourra jamais gagner une élection transparente au Tchad.

Au Togo, le monde entier a vu les militaires s'emparer des urnes et disparaître avec. Cela n'a pas vraiment offusqué la communauté internationale qui a placé le rejeton d'Ayedema au pouvoir pour longtemps certainement.

Au Niger, en 1998, Baré Maïnassara en ballotage avait prolongé le vote de 24 heures sans succès car au deuxième jour du vote, la CENI a été dissoute et remplacée par un comité militaire qui a centralisé les urnes dans une caserne de Niamey et procédé aux dépouillement pour finalement déclarer Baré vainqueur. Vous connaissez comment Maïnassara a été barré des délices du pouvoir.

Au Burkina Faso, tout à côté de la Cote d'Ivoire et presque au moment, Blaise Compaoré a été élu au 1er tour avec 81% ! Et pourtant la carte électeur a été jugée non conforme et invalidée par le Tribunal saisi bien avant le vote par l'opposition. Ces juges ont manifestement traîné la patte. Depuis, l'opposition crie sa colère mais sa voix reste muette, les médias françafricains ont fermé le volume.

Revenons en Cote d'Ivoire pour dire que cette élection présidentielle ne s'est  pas déroulée dans les normes requises comme le prétendent les organisations politiques (ONU, UE, UA). Elle ne pouvait pas l'être vu l'enjeu et la tension qui régnait dans le pays avec deux zones (Nord – Sud) sous contrôle militaire de forces opposées. Soutenir le contraire, c'est faire preuve ingratitude.

La commission électorale indépendante (CEI) était manifestement sous la coupe taillée de l'étranger, elle s'est de fait octroyée un pouvoir qui dépasse ses prérogatives. Car, seule le conseil constitutionnel est habileté à valider les résultats de l'élection présidentielle. La CEI est tout simplement chargée du dépouillement, du comptage, d'enregistrement des plaintes et de la proclamation des résultats provisoires du vote et ce dans les 72 heures. Passé ce délai, la CEI doit transmettre le dossier au Conseil constitutionnel qui fera le travail à sa place.

Force est de constater que la communauté internationale a disqualifié le Conseil constitutionnel au détriment de la CEI, ce qui explique le parti pris de cette institution. Autrement, on aurait pu assister un réexamen des plaintes des deux parties sous le contrôle des observateurs impartiaux et voire même procéder à un recomptage des voix. C'est une situation qui est déjà arrivée dans plusieurs pays africains et même occidentaux. Malheureusement, pour la Cote d'Ivoire, les occidentaux imposent la conduite à tenir et prennent fait et cause pour une partie. C'est inadmissible.

Face à ce blocage complexe, nous assistons à une campagne de désinformation et de manipulation de l'opinion publique dont savent bien le faire les réseaux françafricains. C'est à juste raison que RFI et France24 soient réduites au silence dans ce pays. Les droits de l'hommiste, véritables nègres de service, doivent à leur tour être cloitrés entre 4 murs pour un temps. Chaque jour, les anti-Gbagbo s'activent à faire circuler des rumeurs sur des défections imaginaires au sein du camp présidentiel. Mais en vain, le camp Gbagbo tient bon et on constate déjà des affaiblissements parmi la virtuelle  coalition internationale et cela malgré les mesures de sanctions agitées ça et là.

La Cote d'Ivoire a un vrai problème, une déchirure politico-éthinique sur fond d'affrontements militaires. A entendre les Ivoiriens, on revit tous les évènements que le Tchad et d'autres pays africains ont connu ces dernières décennies. Les affrontements claniques par mouvements armés interposés et aussi le différend Nord-Sud. Si les Tchadiens mesurent bien les conséquences de toutes ces années difficiles, les Ivoiriens quant à eux ne semblent pas encore suffisamment être conscients de l'engrenage dans lequel ils risquent de s'enfoncer. Et c'est là où la communauté internationale affiche toute sa cruauté, elle est prête à sacrifier la paix et la réconciliation nationale si son poulain n'est pas à la tête de la Cote d'Ivoire. Ouattara Président ou le chaos, voilà ce qu'offre la paisible communauté internationale aux Ivoiriens. Car, un ivrogne comme Alioune Tine de la Raddho peut bien aboyer pendant 10 minutes sur les ondes de RFI et ailleurs, cela ne l'empêchera point de déguster son incontournable Tchebou diene et passer une bonne nuit à Dakar. Sans omettre les avantages immenses que son pays tire de l'instabilité ivoirienne. Le malheur des uns fait le bonheur des autres. C'est regrettable de voir des Africains emboucher continuellement des trompettes occidentales. La démocratie c'est bien mais elle n'est pas un prêt-à-porté !

Tag(s) : #International

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