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charlesmassi.jpgDans un communiqué rendu public samedi dernier, l’épouse du chef rebelle centrafricain soutient que son époux a été torturé à mort par les autorités centrafricaines. Son mouvement, la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP), exige une preuve de vie de Bangui. Charles Massi avait été arrêté en fin d’année dernière par des militaires tchadiens, avant d’être transféré en Centrafrique.Une forte incertitude plane sur le sort du chef rebelle tenu au secret par Bangui.


Charles Massi est-il mort ? L’état dans lequel se trouve l’ancien ministre et chef rebelle centrafricain soulève nombre d’interrogations, en particulier dans son propre camp. La dernière démarche entreprise par les proches de celui qui a été tour à tour ministre dans le gouvernement d’Ange-Félix Patassé (1993-2003), puis dans celui de François Bozizé, avant d’entrer en rébellion contre ce dernier, consiste à exiger des autorités une preuve de vie.

La demande a été faite à travers un communiqué de presse diffusé dimanche, par la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP), dont il est président du Bureau Politique. « Les efforts ont été déployés pour connaitre le lieu de sa détention afin que la Croix Rouge soit informée pour que les conventions internationales soient respectées. Il y a eu un mutisme inquiétant autour des circonstances de cette arrestation et du sort du Colonel Charles Massi », écrit le mouvement. Et de poursuivre : « la CPJP exige du Pouvoir de Bangui la preuve de vie du Colonel MASSI afin d’éviter tout embrasement inutile et qu’une enquête soit ouverte ».

Un autre communiqué publié la veille, samedi, et signé conjointement par Denise Massi, son épouse, et Eric Neris, secrétaire en France du Forum démocratique pour la modernité (Fodem), son parti politique, se veut plus formel sur son sort. « Charles Massi a été torturé (...) et est mort depuis le vendredi 8 janvier 2010 vers 19H00 à Bossembélé (150 km au nord-ouest de Bangui) des suites des tortures qu’il a subies ».

Les signataires du communiqué expliquent qu’ils tiennent leurs informations à la fois d’une enquête qu’ils ont réalisée à Bossembélé, lieu du décès présumé, et des proches du président François Bozizé, dont son fils Francis, et des éléments de la garde présidentielle. « La famille, les amis de Charles Massi et son parti, le Fodem, exigent que le président François Bozizé apporte la preuve que leur père, époux et leader est en vie. A défaut, nous demandons aux autorités centrafricaines de remettre son corps à sa famille », conclut ce deuxième communiqué.

Silence à Bangui

Bangui n’a pas réagi à ces demandes d’informations. Tout au plus, la capitale centrafricaine s’est elle montrée fort hostile aux tentatives d’investigations menées par Mme Denise Massi, l’épouse Franco-Centrafricaine vivant en France, du chef rebelle disparu. Jeudi dernier, alors qu’elle s’était rendue en Centrafrique pour s’enquérir de ses nouvelles, elle a été expulsée « manu militari » du pays, selon ses propres termes.

Denise Massi avait indiqué, la semaine dernière, avoir perdu le contact de son époux, depuis le 18 décembre 2009. Evoquant des informations officieuses, elle avait laissé entendre qu’il aurait été arrêté et enfermé à Bossembélé.

Charles Massi avait été Interpellé une première fois en mai dernier par les forces de sécurité tchadienne alors qu’il tentait de se rendre en Centrafrique, via la frontière tchadienne. Accusé par Ndjamena de tentative de « déstabilisation d’un pays voisin », il avait été remis en liberté, moins de deux mois plus tard, en juillet, sur la promesse de négocier la paix dans son pays. Quelques mois avant cet épisode défavorable, son mouvement, la CPJP, avait tenté de conquérir le pouvoir par les armes.

En février 2009, elle avait déclenché une série d’accrochages avec l’armée régulière de Centrafrique, prenant même, en novembre, pour quelques jours,
le contrôle de la ville de Ndélé dans le nord du pays, à une centaine de kilomètres de la frontière tchadienne, avant de battre en retraite face à la contre offensive de Bangui.

Contacté par Afrik.com, le président de la section France du Fodem, Saturnin Ndoumby, a indiqué que le parti continuera de considérer Charles Massi comme étant « disparu, tant qu’on n’aura pas vu le cadavre ». Il a ajouté que le silence de Bangui laissait toutefois craindre le pire.

Source : Afrik.com
 

Tag(s) : #Politique

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