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CASHH
L’affaire Habré semble observer une pause depuis la dernière décision de la Cour de justice de la CEDEAO qui, en date du 18 novembre 2010, avait rendu son verdict définitif sur le différend qui opposait le Président Hissein Habré et l’Etat du Sénégal.

 

Rappel des points forts de cet Arrêt :


logo cedeao---> La Cour de justice de la CEDEAO a condamné sans détours une entreprise qui a eu pour effet de modifier la Constitution d’un pays, non pour se mettre en conformité avec ses obligations internationales, mais pour juger un homme et un seul pour l’ensemble des évènements survenus au Tchad  de 1982 à 1990.


---> La Cour a rétabli l’autorité bafouée des plus hautes juridictions sénégalaises dont les décisions rendues en 2001 et 2005 avaient conduit le gouvernement sénégalais censé respecter la séparation des pouvoirs et conséquemment l’indépendance de la magistrature, l’autorité des décisions de justice et la sécurité des justiciables, à porter cette affaire devant une instance politique, sous l’influence de Kadhafi, d’Idriss Deby et de certaines puissances occidentales, afin d’obtenir le prétexte de remettre en cause lesdites décisions.


---> La Cour a ordonné au Sénégal de respecter le principe absolu de non rétroactivité de la loi pénale.
Elle a rappelé le principe fondamental qui ne connaît pas d’exception, un principe affirmé par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et la Déclaration universelle que les gouvernants sénégalais avaient royalement piétiné. Dès lors, c’est l’ensemble des mécanismes et dispositions constitutionnelle, législatives et institutionnelles prises en application du mandat politique de l’Union Africaine et qui violaient ce principe, qui se trouvent ainsi sanctionnés.


Que faut-il en conclure ?

Que la procédure engagée contre M. Hissein Habré par l’Etat du Sénégal doit être définitivement clôturée. Le droit le commande. La justice l'impose.


wadedessinRéagissant à ce verdict, le gouvernement sénégalais, par la voix de son Ministre de la Justice, avait affirmé que le Sénégal se conformera à la décision rendue par la Cour de justice de la CEDEAO qui, faut-il le souligner, s’impose de facto à lui et reste sans appel. Le même Ministre de la justice, Monsieur Cheikh Tidiane Sy, reviendra quelques jours plus tard pour se dédire et affirmer que son pays organisera le procès de l’ancien Président Tchadien dès que le financement promis par les parrains (France, Belgique, Libye, Tchad, etc.) sera disponible.

Puis c’est au tour de son mentor, le Président Abdoulaye Wade, de monter au créneau et de déclarer : « 
je remettrai le dossier à l’Union Africaine parce que moi, je ne veux plus en parler ». Comme si c'était l'UA qui a transmis l'affaire au Sénégal !


Le dossier a été effectivement inscrit à l’ordre du jour du 16ème Sommet de l’Union Africaine du 30 et 31 janvier 2011 à Adis Abeba. Mais de l’aveu même du quadragénaire président sénégalais : « 
il n’y a eu aucune décision sur cette affaire, celui qui affirme le contraire, raconte des histoires… L'affaire Habré est terminée au Sénégal et je compte même lui demander de quitter ...».
Il faut dire que ce n'est pas la première fois que le Président Wade fasse une telle déclaration. Suffisant tout de même pour faire courir dans les sens les Ong mercenaires.


Le 25 mars 2011
, le Ministre de la Justice Sénégalais, s’était rendu à la commission de l’UA pour s’entretenir sur l’affaire Habré. D'après les informations recueillies au niveau de la presse sénégalaise, il devrait repartir à la fin du mois d’avril dernier pour finaliser certains points. Pour l’heure, boule de gomme, aucune déclaration officielle des deux parties, silence on complote…


Du coté des Ong mercenaires, on a aussi observé moins de bavardages. Cela s'explique par les fonds qui commencent à se faire rare, étant donné que le principal bailleur de cette affaire, le Colonel Khadafi, est lui même traqué, et de quelle manière, par la communauté internationale. Aux dernières nouvelles, le Procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI), Luis Moreno Ocampos, a demandé l'inculpation de Khadafi, de son fils Saïf al islam et du chargé des renseignements, pour crimes contre l'humanité. Idriss Deby est aussi occupé à frauder les élections tandis que Sarkozy s'acharnait sur Gbagbo. Vous comprendrez donc dans cette situation ultra-chargée, les affairo-humanitaires ne peuvent qu'attendre et surtout économiser le bakchich encaissé.


Face à ces tergiversations et flagrantes violations du Droit et des décisions de justice rendues sur cette affaire, la défense du Président Hissein Habré reste vigilante et suit attentivement toutes ces manouvres politico-affairo-judiciaires.


Ajoutons à cela le contexte sociopolitique explosif du Sénégal, les populations sénégalaises durement frappées par la flambée des prix des denrées de première nécessité, des coupures intempestives d'électricité qui inhibent toutes les activités, précarisant d’avantage la situation des jeunes contraints à l’immigration clandestine, se mobilisent déjà pour la présidentielle de février 2012 où la candidature du quadragénaire Abdoulaye Wade ne devrait pas être admise par le Conseil constitutionnel de son pays. Plusieurs cas d'immolation au feu et de suicides se sont déroulés devant le palais présidentiel. Le syndrome maghrébin souffle violemment sur le pays de la Téranga selon l'avis général de tous les observateurs avisés.

 

Aussi, l'affaire Habré a toujours été un exutoir pour les pouvoirs sénégalais. En 2000, Abdou DIOUF, en difficulté, n'a pas hésité un instant à déclencher cette affaire à moins de 3 semaines seulement du début du premier tour de l’élection présidentielle qui a mis fin à ses 19 ans de pouvoir. Aujourd'hui, Abdoulaye Wade, pratiquement dans la même posture, aurait déjà planifié ce procès sur les pas du calendrier de l'élection présidentielle de février 2012. Lire l'article de zoomtchad.com sur ce sujet.


Aliounetine.jpgLa connivence entre les commanditaires de l'affaire Habré, l'Etat sénégalais et les Ong internationales des droits de l'homme (et leurs filiales africaines) n'est plus à démontrer. Ce trio a toujours cherché à occuper la place publique et à donner un seul son de cloche de cette affaire. Face à lui, la défense du Président Tchadien Hissein Habré, beaucoup de sympathisants sénégalais, tchadiens et d'autres nationalités, des sites et blogs Internet apportent une réplique de qualité. La Raddho (Ong sénégalaise des droits de l'homme) dirigée par le patibulaire Alioune Tine coordonne toutes ces activités anti-Habré à Dakar. A cet effet, plusieurs collectifs fictifs naissent et disparaissent suivant l'évolution de l'affaire :
- COSEHAB : Collectif Sénégalais pour l'extradition d'Hissein Habré.
- COJEHAB : Collectif pour le jugement équitable d'Hissein Habré.
- CIJEHH : Comité international pour le jugement équitable d'Hissein Habré.

Pour ne citer que ceux-là. C'est pratiquement les mêmes individus qui se retrouvent et se disputent sans vergognes les pécules après avoir "pleuré" pendant quelques minutes sur le triste sors du peuple tchadien. Soulignons au passage l'entrée en jeu du pachidermique Consul du Tchad à Dakar dans la corruption active des Avocats Sénégalais. Voir l'article : affaire Me Demba Sire Bathily

 

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Une vue du bureau exécutif


La création du CAS-HABRE tombe donc à point nommé. Ce collectif regroupe outre des jeunes Tchadiens et Sénégalais, d'autres nationalités africaines et européennes. Son but est de fédérer toutes les forces tendant à contrer les campagnes d'intoxication des Ong mercenaires mais aussi informer et sensibiliser l'opinion tchadienne, sénégalaise, africaine et internationale sur les réalités de l'affaire Habré.


L'assemblée générale du Collectif Africain de Soutien au Président Hissein Habré (CAS-HABRE) a mobilisé du monde à Dakar. Une grande réussite pour une toute première manifestation de ce genre en 10 ans et les prochains rendez-vous promettent plus de succès. Mais d'ores et déjà, les bases légales du collectif ont été jetées : Règlement intérieur et Statuts ont été adoptés, bureau exécutif et Comité de conseils désignés. La feuille de route a été clairement déclinée. Une organisation à la limite du parfait qui a permis à l'assistance d'intervenir, certains ont posé des questions tandis que d'autres ont apporté des témoignages.

 

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Une vue de l'assistance

 

Parmi ceux-ci, Monsieur Mahamat Ali Ahidjo, plus connu sous le sobriquet de Commandant Ahidjo, a pris longuement la parole pour faire l’historique des conflits tchadiens depuis pratiquement son indépendance. Témoin et acteur des différents régimes politiques qui se sont relayés à la tête de l’Etat tchadien, celui qui a géré d’une manière magistrale l’un des plus difficiles arrondissements de la capitale tchadienne, à savoir le 3ème arrondissement de N’djaména, le Commandant Ahidjo a tenu en haleine pendant plusieurs minutes l’importante assistance composée essentiellement de jeunes de moins de 30 ans. La centaine de personnes bien installées dans la grande salle de conférence de l’Institut Africain de Management (IAM) a écouté avec beaucoup d’attention et d’intérêt le discours direct et riche de faits et d’anecdotes servi par le Commandant Ahidjo. Malgré la complexité de la crise tchadienne, sa longévité (le plus vieux conflit en Afrique), l'imbrication des évènements, la valse des acteurs politico-militaires, l'ingérence extérieure notamment française, soudanaise et nigériane et finalement l'agression libyenne, Monsieur Ahidjo a véritablement remis les pendules à l'heure.

Fidèle parmi les fidèles de l’ancien Président Tchadien avec qui il partage l’exil dakarois depuis 21 ans, Monsieur Ahidjo a apporté un témoignage sans équivoque sur le régime de la 3ème République. Il a expliqué aux jeunes et étrangers qui l’écoutaient religieusement la situation du Tchad en 1982 lorsque les forces armées du nord (FAN) d’Hissein Habré chassaient la fantomatique GUNT. La reconstruction du Tchad, la défense de la souveraineté territoriale (Aozou), la politique étrangère et toutes celles menées sur le plan de l’éducation, de la santé, de l'agriculture et des mines dont le fameux pétrole mais surtout la réconciliation nationale qui a permis à la majeure partie des acteurs politiques tchadiens d’aujourd’hui de continuer leur combat pour le Tchad. Ce sont les Kamougué, récemment décédé, Alingué, Yorongar, Acheikh Ibn Oumar (en exil), Kotiga, Senoussi Katir, Mahamat Saleh Annadif et la liste est très longue. Toutes ces personnalités tchadiennes ont regagné leur pays en toute sécurité, réhabilitées et responsabilisées. Aucune d’entre elles n’a été inquiétée jusqu’au départ en décembre 1990 du Président Hissein Habré. Ce n'est qu'après son départ que pour des raisons de politiques politiciennes que des histoires ont été montées de toutes pièces. Le Général Gouara Lassou a courageusement démenti toutes ces accusations à l'émission "Archives d'Afrique" enregistrée à Ndjaména. Ceux qui ont promis ni or ni argent, ne peuvent pas apporter la démocratie au peuple tchadien. Toutes ces manoeuvres ont échoué jusqu'à présent. Dieu seul est mâitre absolu et fera ce qu'il adviendra a t-il conclu sous des applaudissements nourris de l'assemblée.

Monsieur Malick Gueye, ancien Agent d'Air-Afrique en poste à Ndjaména dans les années 80, a fait un témoignage tout aussi remarquable. Il a expliqué pourquoi une écrassante majorité du peuple sénégalais soutient le Président Habré et le porte dans son coeur. Tous les chefs religieux des différentes confréries sénégalaises lui ont donné leur bénédiction. Il a respecté à la lettre ses obligations envers l'Etat du Sénégal et n'a eu aucun problème de cohabitation, ni lui, ni son entourage.

 

Tous les intervenants ont chaleureusement félicité les jeunes qui ont eu l'ingénieuse idée de créer ce collectif. Le rideau a été levé sur cette première assemble générale du CAS-HABRE. Les participants ont été conviés à un cocktail tout aussi réussi... 

Tag(s) : #Articles- Affaire HH

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