Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

can2010togo.jpg
On part dimanche matin, mais on ne sait pas encore à quelle heure“, a expliqué samedi à l’AFP le sélectionneur français du Togo, Hubert Velud. Les Eperviers, choqués par l’
attaque
dont ils ont été victimes vendredi au Cabinda, ont sans surprise décidé de quitter la Coupe d’afrique des nations. Selon une source proche du dossier, les autorités angolaises et la Confédération africaine de football (CAF) ont pourtant essayé jusqu’au bout de convaincre les Togolais de rester, puisque la défection d’une équipe nuit à l’image de la compétition et entraîne des pertes financières, notamment télévisuelles.

Le coup d’envoi du tournoi sera donc sifflé dimanche avec Angola-Mali en match d’ouverture. Show must go on, mais certainement pas comme si de rien n’était. Pas encore née, cette CAN 2010 est déjà marquée par la tragédie. Et au delà du drame humain, certaines questions ne manqueront pas d’être soulevées dans les heures qui viennent.   Par rapport au départ du Togo, le règlement de la CAN stipule qu’un “forfait déclaré moins de vingt jours avant le commencement de la compétition finale ou pendant celle-ci” entraîne une “amende de 50 000 dollars” et “la suspension de l’association nationale concernée pour les deux éditions suivantes de la Coupe d’Afrique des nations”.

Le règlement prévoit cependant des “cas de force majeure” qui “restent réservés et seront tranchés par le commission d’organisation”. Une équipe qui se retire “avant le début du tournoi final après avoir obtenu sa qualification est remplacée par l’équipe qui la suit dans le classement de son groupe. Sinon, le groupe auquel appartient l’équipe ayant déclaré forfait sera composé de trois équipes”, mentionne l’article 84. Il semble très improbable que le Maroc, quatrième de son groupe derrière les trois qualifiés (Cameroun, Gabon et Togo), soit appelé pour participer à la CAN, en raison notamment des délais (le Togo devait entrer en lice lundi).

Au delà des interrogations propres au tournoi, celles concernant l’incident meurtrier occupent déjà le devant de la scène. Mis en cause par la CAF pour son choix de voyager en bus pour rejoindre le Cabinda, le gouvernement du Togo a riposté en demandant des excuses. Souleymane Habuba, directeur de la communication de la CAF, s’était interrogé vendredi sur la raison ayant poussé la délégation togolaise à voyager en bus, alors que les 15 autres délégations ont choisi l’avion. “Toutes les équipes avaient leur plan de vol, sauf une, le Togo“, avait-il dit. “Si cet homme a pu parler au nom de la CAF, nous demandons à la CAF de présenter ses excuses au peuple togolais“, a déclaré le ministre de l’administration territoriale et porte-parole du gouvernement Pascal Bodjona.

Le milieu de terrain Thomas Dossevi a également critiqué la CAF : “On est tous un peu choqués: on se demande pourquoi la CAN se déroule à Cabinda. Comment peut-on organiser un tournoi dans un pays en guerre ?” La Confédération africaine assure de son côté que la sécurité demeure du ressort de l’organisateur, et renvoie la balle dans le camp de l’Etat angolais. “Il y a de la compassion, mais en terme de récrimination, ce n’est pas la CAF“, a assuré Constant Omari, membre du comité d’organisation de la CAN et président de la Fédération congolaise (RDC). “La CAF continue à appliquer le programme et les autorités souveraines du pays prennent les mesures adéquates concernant la sécurité“, a-t-il précisé.

Visiblement surprises par l’attaque des rebelles du FLEC au Cabinda, les autorités angolaises montrent depuis leurs muscles, chaque équipe est désormais encadrée par une escorte militaire conséquente. Mais la question des matchs prévus dans cette région instable reste entière, et le choix d’inclure la province dans la compétition semble de plus en plus hasardeux. Voire provocateur : un quart de finale y est prévu, entre le 1er du groupe B et le 2e du groupe A. Qui pourrait être l’Angola, pays organisateur sous très haute tension.

Tag(s) : #Divers

Partager cet article

Repost 0