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abdoulmbaye.jpgL'actuel chef du gouvernement sénégalais, Abdoul Mbaye, ex directeur général de la Cbao (de 89 à 97), a été cité ces derniers jours comme étant un des "gros bras occulte" dans une affaire de blanchiment d'argent planqué par l'ancien président, Hissen Habré, à la Cbao du temps de son magistère. Cette supposée connexion et proximité entre l'ex chef d'Etat tchadien et le patron de la banque de l'époque, Abdoul Mbaye, devenu premier ministre de la République du Sénégal depuis avril 2012, a été légitimée par un subterfuge taillé à partir d'un "officieux" rapport d'audit du célèbre Ernest Young, lequel accablerait l'ancien Dg de la Cbao.


Une sorte de mini tempête qui s'est abattue sur l'échiquier bancaire sénégalais et dont beaucoup d'initiés se sont interrogés subitement sur les intentions et l'opportunité du cabinet Ernest &Young de mettre sur la place publique des résultats d'audit top confidentiels destinés à celui qui les avait commandités, à savoir Attijari Wafa Bank.

Nos investigations ont pu démêler l'écheveau et nous ont permis de lever plusieurs zones d'ombre sur cette affaire. Aussi bien du côté de Casablanca que chez Ernest& Young, on prend avec des pincettes cette affaire de comptes fictifs et comptes décédés dont se servirait le client Habré auprès de son soi disant mentor.

En clair, d'après les autorités bancaires marocaines, la prescription fiscale est la limite d'une mission d'acquisition et qu'en l'espéce cette prescription s'arrêtait à 2002 soit cinq ans avant l'acquisition qui s'est bouclée en 2007. Les soit-disant opérations qui se seraient passées en 1990 ne rentraient donc pas dans le champs de leur audit d'acquisition. En outre Mr Abdoul Mbaye a quitté la CBAO depuis 1997, soit 10 ans avant qu'ils ne soient intéressés par la Banque.

Interrogé par Les Afriques, Ernest &Young, sollicité par le groupe marocain, Attijari dans le cadre d'une mission d'évaluation avant acquisition, se dit exaspéré par de telles informations distillées ça et là dans la presse locale sénégalaise et international.

« L'éthique et la renommée internationale de notre cabinet nous interdit de communiquer sur des rapports qui demeurent confidentiels, nous analysons cette sortie comme une atteinte à notre image et nous allons engager toute action utile pour arrêter cela, tout ce qui a été dit dans cet article concernant la gestion de Abdoul Mbaye ne nous ressemble guère. C'est du pur rafistolage pour décrédibiliser un homme».

 

En réalité, notre source qui est formelle, précise que le pactole de Habré, objet de fantasme, logé à la Cbao est bien en deça des montants annoncés et s'ils ont pu être encaissés par la CBAO c'est aprés l'aval de la BCEAO et des organes de gouvernance de la Banque. L'actuel premier ministre s'était entouré de toutes les garanties en sa qualité de Directeur Général pour recevoir ce dépôt dont l'origine licite a été confirmée selon nos sources par la BIA Tchad correspondant en ce moment de la CBAO. Nos sources font état du rôle déterminant joué par la BIA Tchad dans l'acceptation d'autorisation pour loger l'argent de Habré à la Cbao. Cet aveu plaide en faveur de la bonne foi d'Abdoul Mbaye. Nous sommes en mars 1991.


Pas de comptes fictifs et comptes décédés
 :

Dans l'affaire Habre, les opérations effectuées sous le magistère d'Abdoul Mbaye, sont propres comme le confirme un haut responsable de Cbao-Attijari qui a requis l'anonymat. « Dans une banque, il y a ce que l'on appelle des bons de caisse anonymes et des bons de caisses nominatifs, l'activité bancaire permet de proposer aux clients soit l'un ou l'autre. Toutes les Banques ont à leur sein ces deux types de dépôts. La question que nos sources se posent, c'est pourquoi créer des comptes fictifs ou utiliser des comptes de personnes décédées alors qu'on a la possibilité légale d'ouvrir des bons de caisses anonymes. Nous confirmons que les opérations effectuées sur le compte de Hissene Habre sont régulières », commente notre interlocuteur.


La BCEAO joue sa partition :
 

Selon des sources bien informées, contactées par Les Afriques, l'institution monétaire avait accepté à l'époque d'encaisser les fonds. Une information qu'on peut toutefois vérifier auprès de l'autorité centrale monétaire, nous a révélé une source de la banque

ENQUÊTE RÉALISÉE PAR ISMAEL AIDARA

Tag(s) : #Articles- Affaire HH

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