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Après, la Tunisie et l'Egypte, le vent de la révolte arabe souffle sur la Libye. Alors que les manifestations hostiles au régime se multiplient, Kadhafi tente de sauver les meubles, distribuant de larges sommes d'argent, réactivant sa garde personnelle, envoyant ses fils à Washington plaider la neutralité auprès des américains.

Il fait chaud sur Tripoli et, après ses amis Moubarak et Ben Ali, Kadhafi pourrait bien sentir passer sur son pays le vent de la révolte arabe. Des manifestations ont encore eu lieu ce jeudi 17 février, date commémorant la mort de quatorze manifestants le 17 février 2006, à Benghazi, dans le nord-est du pays. Dans cette même ville, bastion contestataire libyen, des émeutes ont éclaté dans la nuit de mardi à mercredi. Après l'arrestation de Fethi Tarbel, avocat militant des droits de l'homme, des centaines de manifestants ont affronté des policiers. Bilan des violences: 38 blessés, selon le directeur de l'hôpital.

Au moins quatre personnes ont été tuées mercredi dans des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants anti-régime, dans la ville d'Al-Baïda, ont rapporté jeudi des sites d'opposition et des ONG libyennes, basés à l'étranger. « Les forces de la Sécurité intérieure et des milices des comités révolutionnaires ont dispersé, en usant des balles réelles, une manifestation pacifique de jeunes de la ville d'Al-Baïda », faisant « au moins quatre morts et plusieurs blessés », a indiqué dans un communiqué Libya Watch, une organisation de défense des droits de l'Homme basée à Londres.

L'organisation libyenne Human Right Solidarity, basée à Genève, qui cite des témoins, a indiqué de son côté que des snipers postés sur des toits ont tué 13 manifestants et blessé des dizaines d'autres.

Coincé entre deux révolutions populaires, le régime libyen a pris ces dernières semaines des mesures préventives pour calmer la population. Les autorités de ce riche pays pétrolier ont ainsi rétabli des subventions sur des biens de première nécessité et facilité l’accès de la population à des crédits sans garantie et sans intérêts. 

Le régime est dirigé d'une main de fer, depuis 42 ans, par le colonel Kadhafi, doyen des dirigeants arabes, dont la rente pétrolière, lui permet encore de tenir l'armée. Jusqu'à quand ?

 

La famille Kadhafi, prise en étau entre l’Egypte et la Tunisie, y croît encore. Selon la lettre Maghreb Confidentiel, Khamis Kadhafi, le fils du Guide, a été envoyé d’urgence à Washington « pour convaincre les américains de rester neutres vis à vis des mouvements de protestations dans la Jamahirihya et leur promettre de nouveaux contrats ». Le pays est un exportateur de pétrole majeur. Les autres progénitures de Kadhafi tenteraient de verrouiller, chacun à leur poste, les médias égyptiens ou encore les chancelleries libyennes. 

Pendant ce temps, sur la toile, la résistance s’organise. Des vidéos ont été diffusées par les principaux médias internationaux et massivement relayées sur la Toile par les internautes via les réseaux sociaux Twitter et Facebook à la veille du « jour de colère ».

Créé le 28 janvier par Hassan al-Djahmi, un dissident libyen exilé en Suisse, le groupe compte jusqu’ici plus de 14 000 fans.

« La prévision est difficile, surtout lorsqu’elle concerne l’avenir », comme disait Pierre Dac et la théorie des dominos a toute les limites de la… théorie mais si l’on en croît l’indice du « lancer de chaussures » mis au point par le très sérieux hebdomadaire The Economist , la Libye serait le deuxième pays, après le Yémen, susceptible d’être touché par la révolution de jasmin. 

Un constat partagé par l’ancien adjoint à la sécurité nationale en chage du Moyen-Orient sous l’administration Bush, Elliot Abrams, qui expliquait le 20 janvier dernier que « la Libye et l’Egypte » étaient les deux pays les plus mûrs pour un changement à la tunisienne. 

Et la population libyenne n’est pas la plus dépourvue de la région avec un PIB par habitant deux à trois fois supérieur à tous ses voisins.  Cette stupéfiante amélioration du niveau de vie a évité l'hostilité à l'égard d'une modernité imposée par l'État, mais qui ne procède ni d'une réelle initiative individuelle ni des aspirations du plus grand nombre.

Selon Agnès Levallois, spécialiste de la région, « la principale revendication de la population est d’avoir accès au politique ». En attendant, Kadhafi distribue de larges sommes d’argent aux populations histoire de les calmer autant que faire se peut, et réactive sa garde spéciale comme pour se préparer au pire.

 

Source : Marianne2.fr

Tag(s) : #International

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