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Je voudrais me joindre à l'ensemble de vos lecteurs pour vous féliciter et  encourager pour le travail exceptionnel que vous réalisez au quotidien en nous tenant informer de l'actualité sur notre pays le Tchad.

Je félicite Monsieur Souleymane Abdallah pour la grande qualité de l'interview qu'il a accordée au journal français et j'invite chacun d'entre vous à prendre un peu de son temps libre pour lire cette interview de notre compatriote. Ce dernier livre certaines vérités fort utiles, sources d'espoir et de repères pour certaines personnes aujourd'hui aveuglées par le triomphalisme précose du régime antinational du MPS.

Cependant, je regrette tout de même que cette interview soit si kilométrique, avec beaucoup de va-et-vient dans les différentes périodes des évènements douloureux qui ont marqués notre pays. A mon humble avis, j'estime qu'une synthèse aurait permis à tout un chacun, Tchadien ou étranger, de mieux cerner l'interminable, le tentaculaire et épineux problème tchadien.

J'ai nullement l'intention de faire une revue critique de cette interview qui soulève beaucoup de sujets et d'évènements. Je me permets seulement d'y revenir sur certains points qui, à mon sens, méritent d'être considérés.

Ainsi, un évènement comme la conférence de l'opposition à Paris en 2005 n'a pas vraiment son poids pour être souligné à plusieurs reprises. Ce fut un échec retentissant ! Rappelez-vous que jussqu'à la dernière minute, nous ne savions pas si Soubiane avait quitté la barque MPS, son absence à Paris a été drôlement cachée, sans omettre que  la présence des gens comme Ahmat Yacoub Dabio discréditaient totalement la conférence. Croire que 15 ans après, Idriss Deby avait une seule goutte de démocrate dans son sang, c'est faire preuve d'une grande naïveté mais aussi d'une cécité politique exceptionnelle. Car, en 15 ans de règne, Deby et ses siens (clans et alliés) ont eu le temps de démontrer à suffissance que ce n'est pas demain la fin de leur domination.


Je suis aussi scandalisé et même choqué quand vous dites : "...
C’est pourquoi, l’Accord de Tripoli entre le pouvoir de Mr Idriss Déby et le Mouvement National de Mr Ahmat Soubiane, sous l’égide de l’Union Africaine, de l’Union Européenne est observé comme un pas déterminant par toute l’opinion nationale et africaine...". L'accord de Tripoli entre la clic de Soubiane et les représentants de Deby n'est rien d'autre qu'un ralliement en bonne et due forme. Mieux, ce ralliement dont nous observons aujourd'hui avec beaucoup de curiosité la suite est de l'avis de tous les observateurs une regression voire une humiliation politique. Quant au singulier parcourt de Soubiane, du CDR au FSR en passant  et repassant par le MPS, tout est ruine.

Autre grande interrogation que ne manqueront de relever les lecteurs, c'est le survol à haute altitude des ingérences libyennes, de tout temps, dans les problèmes tchadiens. C'est qu'à même curieux que le nom du Colonel Khadafi ne soit pas cité une seule fois dans ce long récit !

La France aussi a changé d'attitude ces dernières années, depuis que la rébellion s'est organisée à partir du Soudan et s'est montrée à la hauteur de bouter l'abominable régime du MPS, la Frace a manifesté son soutien au régime Deby avec des actes beaucoup plus concrets, plus agressifs. De ce fait, l'accent aurait dû être mis sur ce soutien militaire inconditionnel de la France qui permet encore à Deby de s'éterniser au pouvoir. Surtout quand on sait que les lecteurs sont français !

Comment parler des réfugiés du Darfour sans évoquer le MJE ? Les combattants de ce mouvement rebelle du Darfour, essentiellement composé de Zaghawas, sont coupables d'inombrables exactions meurtrières au Darfour et au Tchad. Quand on sait que ce mouvement qui constitue aujourd'hui une béquille pour le régime Deby, est aussi financé, armé et encadré par la France et d'autres pays ocidentaux, il y a lieu de souligner cette duplicité de la France qui prétend toujours lutter pour la protection des droits humains dans nos pays.

Les Tchadiens ne sont pas seuls responsables de ce qui leur arrive. La France, la Libye et le Soudan pour ne citer que ceux-là en sont pour beaucoup dans ces malheurs qui perdurent. Des pays comme la Sierra-Léone, le Libéria, le Rwanda, la Cote d'ivoire et même la Centrafrique voisine, ont connu des guerres civiles meurtrières avec des niveaux de criminalité sans commune mesure. Mais avec le concours des pays voisins, des organisations politiques sous-régionales et de la communauté internationale, les armes se sont  progressivement tues, le dialogue politique a été encouragé, soutenu et aujourd'hui ces pays consolident la paix. Mais pour le cas du Tchad, non, personne ne pipe mot, il faut les laisser s'exterminer, la France y veille et étouffe tout.


Comment ne pas souligner avec vigueur l'ingérence gravissime de l'ambassadeur  de l'Union Européenne au Tchad qui s'agite comme un beau diable pour diviser davantage les Tchadiens. Vous avez effleuré l'indifférence de ces diplômates Européens en poste dans notre pays qui, bien qu'au courant de tout le drame qui s'abat au quotidien sur le peuple tchadien depuis 19 ans, feignent ne rien savoir.

Les Tchadiens doivent d'abord compter sur eux mêmes pour sortir de ce cycle infernal de violence.  Mais pour cela, ils doivent au préalable s'accorder sur un noyau commun qui est l'unité nationale. La vérité des faits et l'approche de la paix doit être sincère et dépourvue de toutes considérations politiciennes, ethniques et régionales. Car il est dangereux de  servir sa vérité pour présenter les choses. Il vaut mieux se taire dans ce cas.

Des amis du Tchad et des bonnes volontés ne manquent pas.  A titre d'exemple, en février 2008, lorsque l'Ambassadeur français annonça à ses ressortissants regroupés à la base militaire française de N'djaména pour être évacués la fin du régime Deby, ces derniers ont manifesté leur joie et trinqué du champagne à la fin ce régime  qu'ils savaient impopulaire, médiocre, mafieux et criminel.


L'espoir fait vivre. Les Tchadiens doivent s'organiser aussi bien sur le front militaire, politique et social pour reprendre leur destin en main. Ils ont la capacité , les moyens, la volonté et le courage requis. Il faut seulement refléchir sur la méthode pour mettre en marche cette machine de libération, du redressement et de la pacification du Tchad.


Je vous souhaite mes meilleurs voeux pour 2010. Que cette année nouvelle soit meilleure et apporte le changement tant attendu par le peuple tchadien.


Par Issakha Yacoub
N'djaména - Tchad

Tag(s) : #Ambénatna

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